Présidentielles 2017

Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 21 Avr 2017, 09:36

Une réponse d’AL aux inconditionnels d’Asselineau-UPR

La publication d’un modeste article moquant la « supercherie bleu-blanc-rouge » du candidat patriote François Asselineau a échaudé ses groupies, qui ont bombardé AL de dizaines d’e-mails indignés, injurieux, complotistes, parfois assortis de menaces de mort ! Passée la rigolade, un camarade a pris sa plume pour une réponse mesurée.

... http://alternativelibertaire.org/?Une-r ... lineau-UPR
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 22 Avr 2017, 13:25

La farce du peuple…

On connaît le vieux refrain gaulliste. « La présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple. ». Et la notion de peuple est très présente dans cette campagne électorale. On en appelle à la « force du peuple », on prétend parler au « nom du peuple »... Mais qu’est ce que le peuple ?

Les élections présidentielles sont un moment particulier dans le fonctionnement de la république Française. Celui de la constitution d’un bloc majoritaire. C’est d’ailleurs sa fonction. Vendre du rêve, alors que l’adhésion de la population au régime est basse, que la crise gronde, que la pauvreté s’envole. C’est donc un instant assez particulier, presque de l’ordre de la magie : le verbe se gonfle, la parole se fait acte, les grenouilles se prennent pour des aurochs.

Le cirque électoral

Dans une campagne, on est comme dans un bar-spectacle. A l’affiche, un vieux clown fatigué. Le voici qui entre sur scène. Son maquillage a tout moment va couler, rendre visible ses cernes. Il se prendra les pieds dans le tapis, les douleurs de son dos le rattraperons.

Mais il enchaîne les vannes, s’échauffe. Autour de nous les premiers applaudissement retentissent, réveillent la salle. Nous assistons, avec une certaine stupeur, à un emballement. Bientôt des cris retentissent, les rires se font plus fort. Encore une fois, ça à pris.

Quelques heures plus tard le rideau tombe. Les applaudissement fusent. Le public a plébiscité l’artiste. Il s’est dans le même mouvement, transformé en spectateur, vous savez, le contraire d’acteur. Dans quelques temps, le clown retournera dans sa loge. Il a fait le job. Faire d’une salle, potentiellement hostile, son public. Un public à qui il a vendu son spectacle.

Cette comparaison n’est pas fortuite, tant les similitudes entre humoristes et politiciens sont frappantes. Les humoristes franchissent parfois le pas, se font politiciens. Pensons à Beppe Grillo, du mouvement 5 étoile en Italie, qualifié de populiste, à l’instar du FN, de Syriza, de la France insoumise.

On en reviens à cette histoire de peuple, et de populisme. Il y a deux types de discours sur le « populisme ». Celui qui utilise ce terme comme synonyme de démagogues. En résumé, les populistes seraient une bande d’irresponsables qui promettent tout et n’importe quoi pour être élus. Qui disent au « peuple » ce qu’il veut entendre. C’est la position des médias bourgeois, des politiciens « classiques ».

A l’inverse, il y a celles et ceux qui réfutent cette critique du populisme, voire qui retournent l’argument. Oui, il faut faire ce que le « peuple » demande, c’est la base de la démocratie.

Le peuple est une proposition politique nationaliste

Ce qui en revanche n’est pas questionné, c’est l’existence même de cette entité, le « peuple ». Pourtant, elle est loin d’être évidente. Qu’y a t-il en commun entre des patrons, des ouvrières, des chômeurs des cadres etc ? Pas la situation sociale. Plutôt la carte d’identité. Le drapeau, la nation.

Ces drapeaux agités par centaines dans les meetings des candidats à la présidentielles de tous bords.

Loin donc d’être une réalité sociale, il s’agit d’abord d’une proposition politique. Il existerait un peuple, en l’occurrence le peuple français. Ce peuple, bien que composé de plusieurs classe, partagerait des intérêts communs. Il constituerait donc une communauté sur la base de l’appartenance à la nation. La forêt nationaliste derrière l’arbre du peuple.

La première chose à retenir c’est qu’il s’agit d’une proposition politique excluante. Il y a ceux qui sont dans la communauté nationale et les autres. C’est toujours ainsi que l’on constitue une communauté : en la délimitant. Comme le vieux mythe du tracé des remparts de la ville de Rome par Romulus qui va jusqu’à tuer son frère qui le nargue en sautant ces remparts symboliques.

La conséquence, c’est la politique vis vis des travailleurs migrants. Cela amène les « populistes de gauche » à entretenir le flou, comme le fait Mélenchon . De l’autre côté de l’échiquier politique, c’est plus clair, le FN sera pour le tout répressif. Rappelons tout de même qu’ aucune frontière n’empêchera des galériens et galériennes, prêtes à risquer leurs vies, de passer. Elles ne sont pas là pour ça. La répressions des travailleurs sans papiers sert avant tout à baisser leurs salaires. A rendre difficile leurs luttes, les tenir à la merci du patronat, les confiner au travail non déclaré. Cela augmente la pression à la baisse sur les salaires de l’ensemble de la classe.

Enfin, en déclarant que tout le peuple a des intérêts communs, on propose de concilier les classes sociales au sein de la nation. Ce rôle d’arbitre des conflits est attribué à l’état.

Que demande le peuple ?

Nous en avions déjà parlé précédemment. L’une des tendances lourdes de la période, c’est la dynamique national-populaire des mobilisations. Cette dynamique conduit à un rapport du « peuple » à l’état, reposant sur deux injonctions contradictoire. Plus de revenus, mais stop les affaires et le clientélisme.

Le risque est alors de tomber dans une boucle sans fin, comme un hamster tourne dans sa roue.

La pauvreté augmente. => Il faut un État social qui redistribue plus de revenus. => Mais il n’y a pas assez pour tout le monde et la redistribution prend une forme clientéliste => C’est un scandale, il faut un État fort, en finir avec la corruption et les affaires => Attaquer le clientélisme c’est attaquer la redistribution telle qu’elle existe => La pauvreté augmente…

La solution proposé pour sortir de ce marasme dans le cadre du capitalisme, c’est alors le séparatisme. Il faut redéfinir les contours de la communauté nationale. Sortir de L’Union Européenne tel le Royaume Uni. Sortir du Royaume Uni, tel l’Écosse. Dynamique séparatiste aussi en Catalogne. Frexit.

L’ironie de l’histoire, c’est que cette dynamique séparatiste produit une augmentation du nombre de prolétaires étrangers, une restriction permanente des droits afférents à la nationalité, qui va concerner toujours moins de monde. Pensons aux enjeux autour des résidents européens au Royaume-Uni. On peut dresser ici un parallèle avec le concept d’ « homo sacer » mis en avant par Agamben. Encore une fois, il s’agit de faire pression pour réduire les coûts de la main d’œuvre.

Des partis Uberisés

Toujours et partout, la restructuration capitaliste vise au low cost. Dans un monde ou le salaire n’est plus synonyme de débouchés, mais de coût.

Le cercle vicieux s’aggrave toujours plus. Sur le terrain des partis, il produit l’uberisation de la vie politique, sociale, syndicale, la fin des corps intermédiaires. Ainsi, la France Insoumise, En Marche, le M5S en Italie, Podemos en Espagne… Tous soutenus par une idéologie démocratiste qui présente le vote électronique, l’engagement direct sur internet, etc comme le top de l’horizontalité . Il s’agit pourtant de la même soupe qui fait appeler « économie collaborative » le travail de coursier payé à la pièce de Deliveroo ou Foodora.

Ça s’en va et Ça reviens…

Nous l’avons vu en Guyane. Nous le reverrons demain dans les luttes de notre classe. Si l’époque est lourde, le même mouvement qui nous jette dans la tourmente porte son dépassement. La constitution du peuple est une proposition bancale. Le clown est boiteux, faible sur ses appuis. Un rien de lutte de classe et il bascule.

D’ici là, défiance. Envers les tribuns et leur enchantement du monde. Envers le peuple, voie de garage synonyme d’écrasement des prolétaires.

http://www.19h17.info/2017/04/20/la-farce-du-peuple/
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 24 Avr 2017, 11:41

Ni patrie, ni patron : seule la lutte paie !

Alors ça y est, les heureux gagnants de la loterie électorale sont donc Marine Le Pen et Emmanuel Macron. En dépit de la versatilité des intentions de vote, cette campagne électorale a donc finalement eu le résultat le moins inattendu : les partis dits « de gouvernement » (PS, LR) se retrouvent distancés par deux candidats qui prétendent apporter une « alternance », une « rupture avec le système », pour reprendre les mots de Le Pen et Macron le soir même des résultats du premier tour.

Mais de quelle alternance, de quelle rupture parle-t-on ?


C’est au contraire sur les candidats qui représentent à la fois, mais chacun à leur façon, le capitalisme le plus sauvage et le nationalisme le plus étroit que se sont portés l’essentiel des suffrages exprimés.

Car ne nous y trompons pas : l’un comme l’autre, dans leur projet économique et social, défendent une vision fondamentalement inégalitaire des rapports entre les gens. Aussi, quelque soit le résultat dans quinze jours, si on place nos espoirs dans les urnes, on a déjà perdu : face aux capitalistes et aux nationalistes, qu’ils-elles viennent d’En Marche ou du Front national, il faudra s’opposer, pied à pied et sur tous les fronts, pour défendre nos valeurs d’égalité et de solidarité.

Frankreich über alles

En 2002, la présence de l’extrême droite au second tour avait surpris et ému, poussant des milliers de gens dans les rues le soir même. Aujourd’hui, plusieurs centaines de personnes ont tenté de manifester, et en ont été violemment empêchéEs par des policiers déchaînés, dont plus de 50% votent FN.

Surtout, bien peu de gens s’inquiètent que Marine Le Pen se retrouve en deuxième position, alors même qu’elle rassemble sur son nom 2,5 millions de voix de plus que son père, et qu’elle a plus de chance que lui de l’emporter au second tour. Mais il y a pire : car après trois mois de campagne électorale dominés par des surenchères chauvines, de la France insoumise au Front national, le grand vainqueur de l’élection est d’ors et déjà le nationalisme le plus décomplexé. Dans les luttes à venir, nous devrons rappeler que revendiquer l’appartenance à la communauté nationale n’est pas un argument, mais au contraire un obstacle à la constitution d’un front de lutte uni.
Par ailleurs, alors que tous les candidats, sans exception, se déclarent « anti-système », les trois-quarts des votantEs se sont rangéEs sagement derrière la droite et l’extrême droite, et la quasi-totalité derrière les défenseurs les plus acharnés de l’autorité. Loin d’être des symboles d’un quelconque renouveau, Macron et Le Pen sont aux aussi les héritiers et les garants de l’ordre établi. Ils prétendent tous deux représenter une rupture, alors qu’ils sont les purs produits, l’un de la social-démocratie la plus libérale, et l’autre de l’extrême droite la plus traditionnelle.

Alors, que faire ?

Voter reste pour nous un acte individuel, un droit que chacunE est libre d’exercer ou non. Pourtant, nous savons que nombreux vont être celles et ceux qui vont tenter de culpabiliser les abstentionnistes au nom du « vote utile », tout en se donnant bonne conscience à moindre frais. CertainEs nous diront qu’il faut faire barrage au nationalisme, tandis que les partisans de l’extrême droite joueront les dissidents : mais Macron se dit « le président des patriotes », et Le Pen n’a eu de cesse de chercher à se faire adouber par le patronat pour « crédibiliser » son projet.

Voter Macron ne fera que dégrader les conditions de vie du plus grand nombre, mais cela fera aussi progresser le Front national, qui prospère sur la précarité : loin d’être un rempart au FN, c’est un toboggan qui nous y entraîne. Pour s’opposer à l’ultra-libéralisme, le projet FN est non seulement la pire alternative, mais également un miroir aux alouettes, car les rapports d’exploitation ne sont jamais remis en cause par le parti de Marine Le Pen, qui séduit aussi bien les patrons que les employés.
De notre côté, nous pensons, plutôt que de « faire barrage » au Front national, qu’il faut s’inquiéter de la progression des idéaux inégalitaires, de l’audience des sirènes nationalistes et populistes, et de se mobiliser dans la rue, sur nos lieux de travail, pour s’y opposer. C’est ce que nous faisions avant les élections, et c’est ce que nous ferons après.

La Horde

http://lahorde.samizdat.net/2017/04/24/ ... utte-paie/


ET MAINTENANT ? C'EST NOTRE TOUR SOCIAL !

Communiqué d'Info'Com-CGT après le 1er tour de l'élection présidentielle

Acteur du mouvement social, co-organisateur du 1er tour social, Info’Com CGT constate que le résultat électoral du 1er tour présidentiel appelle de façon impérative et urgente une riposte sociale de grande ampleur.

Entre un Front national qui, pour protéger le capital national, appelle à une croisade contre les travailleurs, en particulier les immigrés, pour détourner la colère de tous les salariés, et un Macron revendiquant la continuation de ses basses œuvres au profit de la banque et du capital, Info’Com CGT opte pour le seul choix possible : préparons notre tour social.

La coagulation des libéraux de droite et de gauche appelle à voter contre l’extrême droite alors que le libéralisme représente un danger autoritaire autant que le néo-fascisme ouvre un danger totalitaire.

Dans ce contexte où tout est ouvert, Info’Com CGT constate une radicalisation à gauche dont l’expression électorale constitue une force au moins égale à celle du libéralisme et celle du néofascisme lepéniste.

C’est un formidable encouragement aux luttes sociales et à leur convergence vers une autre société désormais possible.
Devant l’échec de l’OPA de Le Pen sur le peuple, devant l’échec de l’opération de Macron sur la marginalisation de la gauche sociale, Info’Com CGT appelle toutes et tous, les forces sociales, le syndicalisme, à prendre la rue et la remplir de la voix du Travail, de ses revendications et exigences.
C’est dans la rue que ça se passe, dans la création d’un Front social et pas dans l’asservissement des exigences sociales dans un pseudo front républicain d’intérêt du capital.
Info’Com CGT, légitimé par la réussite du 1er tour social, appelle à utiliser toutes les échéances sociales pour en faire autant de tremplins d’un « tous ensemble » pour les revendications communes.

Maintenant, dès ce 23 avril, c’est notre tour social.

https://www.facebook.com/infocomcgt/pho ... =3&theater
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