Présidentielles 2017

Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 21 Avr 2017, 09:36

Une réponse d’AL aux inconditionnels d’Asselineau-UPR

La publication d’un modeste article moquant la « supercherie bleu-blanc-rouge » du candidat patriote François Asselineau a échaudé ses groupies, qui ont bombardé AL de dizaines d’e-mails indignés, injurieux, complotistes, parfois assortis de menaces de mort ! Passée la rigolade, un camarade a pris sa plume pour une réponse mesurée.

... http://alternativelibertaire.org/?Une-r ... lineau-UPR
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 22 Avr 2017, 13:25

La farce du peuple…

On connaît le vieux refrain gaulliste. « La présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple. ». Et la notion de peuple est très présente dans cette campagne électorale. On en appelle à la « force du peuple », on prétend parler au « nom du peuple »... Mais qu’est ce que le peuple ?

Les élections présidentielles sont un moment particulier dans le fonctionnement de la république Française. Celui de la constitution d’un bloc majoritaire. C’est d’ailleurs sa fonction. Vendre du rêve, alors que l’adhésion de la population au régime est basse, que la crise gronde, que la pauvreté s’envole. C’est donc un instant assez particulier, presque de l’ordre de la magie : le verbe se gonfle, la parole se fait acte, les grenouilles se prennent pour des aurochs.

Le cirque électoral

Dans une campagne, on est comme dans un bar-spectacle. A l’affiche, un vieux clown fatigué. Le voici qui entre sur scène. Son maquillage a tout moment va couler, rendre visible ses cernes. Il se prendra les pieds dans le tapis, les douleurs de son dos le rattraperons.

Mais il enchaîne les vannes, s’échauffe. Autour de nous les premiers applaudissement retentissent, réveillent la salle. Nous assistons, avec une certaine stupeur, à un emballement. Bientôt des cris retentissent, les rires se font plus fort. Encore une fois, ça à pris.

Quelques heures plus tard le rideau tombe. Les applaudissement fusent. Le public a plébiscité l’artiste. Il s’est dans le même mouvement, transformé en spectateur, vous savez, le contraire d’acteur. Dans quelques temps, le clown retournera dans sa loge. Il a fait le job. Faire d’une salle, potentiellement hostile, son public. Un public à qui il a vendu son spectacle.

Cette comparaison n’est pas fortuite, tant les similitudes entre humoristes et politiciens sont frappantes. Les humoristes franchissent parfois le pas, se font politiciens. Pensons à Beppe Grillo, du mouvement 5 étoile en Italie, qualifié de populiste, à l’instar du FN, de Syriza, de la France insoumise.

On en reviens à cette histoire de peuple, et de populisme. Il y a deux types de discours sur le « populisme ». Celui qui utilise ce terme comme synonyme de démagogues. En résumé, les populistes seraient une bande d’irresponsables qui promettent tout et n’importe quoi pour être élus. Qui disent au « peuple » ce qu’il veut entendre. C’est la position des médias bourgeois, des politiciens « classiques ».

A l’inverse, il y a celles et ceux qui réfutent cette critique du populisme, voire qui retournent l’argument. Oui, il faut faire ce que le « peuple » demande, c’est la base de la démocratie.

Le peuple est une proposition politique nationaliste

Ce qui en revanche n’est pas questionné, c’est l’existence même de cette entité, le « peuple ». Pourtant, elle est loin d’être évidente. Qu’y a t-il en commun entre des patrons, des ouvrières, des chômeurs des cadres etc ? Pas la situation sociale. Plutôt la carte d’identité. Le drapeau, la nation.

Ces drapeaux agités par centaines dans les meetings des candidats à la présidentielles de tous bords.

Loin donc d’être une réalité sociale, il s’agit d’abord d’une proposition politique. Il existerait un peuple, en l’occurrence le peuple français. Ce peuple, bien que composé de plusieurs classe, partagerait des intérêts communs. Il constituerait donc une communauté sur la base de l’appartenance à la nation. La forêt nationaliste derrière l’arbre du peuple.

La première chose à retenir c’est qu’il s’agit d’une proposition politique excluante. Il y a ceux qui sont dans la communauté nationale et les autres. C’est toujours ainsi que l’on constitue une communauté : en la délimitant. Comme le vieux mythe du tracé des remparts de la ville de Rome par Romulus qui va jusqu’à tuer son frère qui le nargue en sautant ces remparts symboliques.

La conséquence, c’est la politique vis vis des travailleurs migrants. Cela amène les « populistes de gauche » à entretenir le flou, comme le fait Mélenchon . De l’autre côté de l’échiquier politique, c’est plus clair, le FN sera pour le tout répressif. Rappelons tout de même qu’ aucune frontière n’empêchera des galériens et galériennes, prêtes à risquer leurs vies, de passer. Elles ne sont pas là pour ça. La répressions des travailleurs sans papiers sert avant tout à baisser leurs salaires. A rendre difficile leurs luttes, les tenir à la merci du patronat, les confiner au travail non déclaré. Cela augmente la pression à la baisse sur les salaires de l’ensemble de la classe.

Enfin, en déclarant que tout le peuple a des intérêts communs, on propose de concilier les classes sociales au sein de la nation. Ce rôle d’arbitre des conflits est attribué à l’état.

Que demande le peuple ?

Nous en avions déjà parlé précédemment. L’une des tendances lourdes de la période, c’est la dynamique national-populaire des mobilisations. Cette dynamique conduit à un rapport du « peuple » à l’état, reposant sur deux injonctions contradictoire. Plus de revenus, mais stop les affaires et le clientélisme.

Le risque est alors de tomber dans une boucle sans fin, comme un hamster tourne dans sa roue.

La pauvreté augmente. => Il faut un État social qui redistribue plus de revenus. => Mais il n’y a pas assez pour tout le monde et la redistribution prend une forme clientéliste => C’est un scandale, il faut un État fort, en finir avec la corruption et les affaires => Attaquer le clientélisme c’est attaquer la redistribution telle qu’elle existe => La pauvreté augmente…

La solution proposé pour sortir de ce marasme dans le cadre du capitalisme, c’est alors le séparatisme. Il faut redéfinir les contours de la communauté nationale. Sortir de L’Union Européenne tel le Royaume Uni. Sortir du Royaume Uni, tel l’Écosse. Dynamique séparatiste aussi en Catalogne. Frexit.

L’ironie de l’histoire, c’est que cette dynamique séparatiste produit une augmentation du nombre de prolétaires étrangers, une restriction permanente des droits afférents à la nationalité, qui va concerner toujours moins de monde. Pensons aux enjeux autour des résidents européens au Royaume-Uni. On peut dresser ici un parallèle avec le concept d’ « homo sacer » mis en avant par Agamben. Encore une fois, il s’agit de faire pression pour réduire les coûts de la main d’œuvre.

Des partis Uberisés

Toujours et partout, la restructuration capitaliste vise au low cost. Dans un monde ou le salaire n’est plus synonyme de débouchés, mais de coût.

Le cercle vicieux s’aggrave toujours plus. Sur le terrain des partis, il produit l’uberisation de la vie politique, sociale, syndicale, la fin des corps intermédiaires. Ainsi, la France Insoumise, En Marche, le M5S en Italie, Podemos en Espagne… Tous soutenus par une idéologie démocratiste qui présente le vote électronique, l’engagement direct sur internet, etc comme le top de l’horizontalité . Il s’agit pourtant de la même soupe qui fait appeler « économie collaborative » le travail de coursier payé à la pièce de Deliveroo ou Foodora.

Ça s’en va et Ça reviens…

Nous l’avons vu en Guyane. Nous le reverrons demain dans les luttes de notre classe. Si l’époque est lourde, le même mouvement qui nous jette dans la tourmente porte son dépassement. La constitution du peuple est une proposition bancale. Le clown est boiteux, faible sur ses appuis. Un rien de lutte de classe et il bascule.

D’ici là, défiance. Envers les tribuns et leur enchantement du monde. Envers le peuple, voie de garage synonyme d’écrasement des prolétaires.

http://www.19h17.info/2017/04/20/la-farce-du-peuple/
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Messagede bipbip » 24 Avr 2017, 11:41

Ni patrie, ni patron : seule la lutte paie !

Alors ça y est, les heureux gagnants de la loterie électorale sont donc Marine Le Pen et Emmanuel Macron. En dépit de la versatilité des intentions de vote, cette campagne électorale a donc finalement eu le résultat le moins inattendu : les partis dits « de gouvernement » (PS, LR) se retrouvent distancés par deux candidats qui prétendent apporter une « alternance », une « rupture avec le système », pour reprendre les mots de Le Pen et Macron le soir même des résultats du premier tour.

Mais de quelle alternance, de quelle rupture parle-t-on ?


C’est au contraire sur les candidats qui représentent à la fois, mais chacun à leur façon, le capitalisme le plus sauvage et le nationalisme le plus étroit que se sont portés l’essentiel des suffrages exprimés.

Car ne nous y trompons pas : l’un comme l’autre, dans leur projet économique et social, défendent une vision fondamentalement inégalitaire des rapports entre les gens. Aussi, quelque soit le résultat dans quinze jours, si on place nos espoirs dans les urnes, on a déjà perdu : face aux capitalistes et aux nationalistes, qu’ils-elles viennent d’En Marche ou du Front national, il faudra s’opposer, pied à pied et sur tous les fronts, pour défendre nos valeurs d’égalité et de solidarité.

Frankreich über alles

En 2002, la présence de l’extrême droite au second tour avait surpris et ému, poussant des milliers de gens dans les rues le soir même. Aujourd’hui, plusieurs centaines de personnes ont tenté de manifester, et en ont été violemment empêchéEs par des policiers déchaînés, dont plus de 50% votent FN.

Surtout, bien peu de gens s’inquiètent que Marine Le Pen se retrouve en deuxième position, alors même qu’elle rassemble sur son nom 2,5 millions de voix de plus que son père, et qu’elle a plus de chance que lui de l’emporter au second tour. Mais il y a pire : car après trois mois de campagne électorale dominés par des surenchères chauvines, de la France insoumise au Front national, le grand vainqueur de l’élection est d’ors et déjà le nationalisme le plus décomplexé. Dans les luttes à venir, nous devrons rappeler que revendiquer l’appartenance à la communauté nationale n’est pas un argument, mais au contraire un obstacle à la constitution d’un front de lutte uni.
Par ailleurs, alors que tous les candidats, sans exception, se déclarent « anti-système », les trois-quarts des votantEs se sont rangéEs sagement derrière la droite et l’extrême droite, et la quasi-totalité derrière les défenseurs les plus acharnés de l’autorité. Loin d’être des symboles d’un quelconque renouveau, Macron et Le Pen sont aux aussi les héritiers et les garants de l’ordre établi. Ils prétendent tous deux représenter une rupture, alors qu’ils sont les purs produits, l’un de la social-démocratie la plus libérale, et l’autre de l’extrême droite la plus traditionnelle.

Alors, que faire ?

Voter reste pour nous un acte individuel, un droit que chacunE est libre d’exercer ou non. Pourtant, nous savons que nombreux vont être celles et ceux qui vont tenter de culpabiliser les abstentionnistes au nom du « vote utile », tout en se donnant bonne conscience à moindre frais. CertainEs nous diront qu’il faut faire barrage au nationalisme, tandis que les partisans de l’extrême droite joueront les dissidents : mais Macron se dit « le président des patriotes », et Le Pen n’a eu de cesse de chercher à se faire adouber par le patronat pour « crédibiliser » son projet.

Voter Macron ne fera que dégrader les conditions de vie du plus grand nombre, mais cela fera aussi progresser le Front national, qui prospère sur la précarité : loin d’être un rempart au FN, c’est un toboggan qui nous y entraîne. Pour s’opposer à l’ultra-libéralisme, le projet FN est non seulement la pire alternative, mais également un miroir aux alouettes, car les rapports d’exploitation ne sont jamais remis en cause par le parti de Marine Le Pen, qui séduit aussi bien les patrons que les employés.
De notre côté, nous pensons, plutôt que de « faire barrage » au Front national, qu’il faut s’inquiéter de la progression des idéaux inégalitaires, de l’audience des sirènes nationalistes et populistes, et de se mobiliser dans la rue, sur nos lieux de travail, pour s’y opposer. C’est ce que nous faisions avant les élections, et c’est ce que nous ferons après.

La Horde

http://lahorde.samizdat.net/2017/04/24/ ... utte-paie/


ET MAINTENANT ? C'EST NOTRE TOUR SOCIAL !

Communiqué d'Info'Com-CGT après le 1er tour de l'élection présidentielle

Acteur du mouvement social, co-organisateur du 1er tour social, Info’Com CGT constate que le résultat électoral du 1er tour présidentiel appelle de façon impérative et urgente une riposte sociale de grande ampleur.

Entre un Front national qui, pour protéger le capital national, appelle à une croisade contre les travailleurs, en particulier les immigrés, pour détourner la colère de tous les salariés, et un Macron revendiquant la continuation de ses basses œuvres au profit de la banque et du capital, Info’Com CGT opte pour le seul choix possible : préparons notre tour social.

La coagulation des libéraux de droite et de gauche appelle à voter contre l’extrême droite alors que le libéralisme représente un danger autoritaire autant que le néo-fascisme ouvre un danger totalitaire.

Dans ce contexte où tout est ouvert, Info’Com CGT constate une radicalisation à gauche dont l’expression électorale constitue une force au moins égale à celle du libéralisme et celle du néofascisme lepéniste.

C’est un formidable encouragement aux luttes sociales et à leur convergence vers une autre société désormais possible.
Devant l’échec de l’OPA de Le Pen sur le peuple, devant l’échec de l’opération de Macron sur la marginalisation de la gauche sociale, Info’Com CGT appelle toutes et tous, les forces sociales, le syndicalisme, à prendre la rue et la remplir de la voix du Travail, de ses revendications et exigences.
C’est dans la rue que ça se passe, dans la création d’un Front social et pas dans l’asservissement des exigences sociales dans un pseudo front républicain d’intérêt du capital.
Info’Com CGT, légitimé par la réussite du 1er tour social, appelle à utiliser toutes les échéances sociales pour en faire autant de tremplins d’un « tous ensemble » pour les revendications communes.

Maintenant, dès ce 23 avril, c’est notre tour social.

https://www.facebook.com/infocomcgt/pho ... =3&theater
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 27 Avr 2017, 17:40

Contre le fascisme et l’ultra-libéralisme, l’urgence d’imposer la justice sociale

Ce 1er mai 2017 s’inscrit dans un climat particulier, comme celui qui l’a précédé, il y a un an. Sauf qu’en lieu et place des manifestations monstre contre le projet de loi Travail, la Journée des luttes des travailleurs croise, cette fois, la route de l’élection présidentielle. Pile entre les deux tours, au milieu de la cacophonie médiatique, où les uns et les autres tentent de nous arracher nos voix. Mais de voix, nous n’avons pas ; pas pour eux, du moins. Entre la cheffe de file d’un parti-famille mafieux et fasciste et le porte-drapeau du libéralisme débridé, principal artisan des pires lois du quinquennat Hollande, nous ne choisirons pas. Si certains se retrouveront dans l’isoloir pour barrer la route à Le Pen, ce n’est pas le choix de Macron qu’ils feront, mais le refus du fascisme.

Macron, le pompier pyromane

Mais ne nous leurrons pas pour autant. Emmanuel Macron n’est pas un réel rempart à l’arrivée au pouvoir du Front national, tout juste permettra-t-il, s’il est élu, de gagner cinq petites années. Car le fascisme dédiabolisé progresse depuis longtemps dans l’opinion, et les élections ne sont pour lui que des occasions de mesurer cette ascension lente mais bien enracinée. Et, que l’on aille ou non voter, il faudra bien avoir conscience que si, le 7 mai, Macron vient à battre Le Pen, non seulement il n’infligera aucune défaite réelle au Front national et à ses idées, mais il s’apprêtera aussi à lui préparer le terrain pour l’avenir. Car la principale raison de l’emprise tous azimuts du clan Le Pen sur les cerveaux de plusieurs millions de citoyens n’est pas à chercher dans les discours tenus lors des meetings électoraux de la candidate fasciste, mais dans les politiques successives orchestrées par les gouvernements précédents, et particulièrement dans leurs effets, terribles, sur les classes populaires. C’est un fait, le projet économique libéral qu’ils n’ont eu de cesse de porter génère une misère sociale croissante, qui s’articule désormais autour d’un chômage de masse et d’une précarisation violente du travail, avec des contrats précaires qui se multiplient, des SMIC qui n’augmentent pas et des retraites qui baissent. Une misère qui, sous le dernier quinquennat, s’est aussi doublée d’une répression particulièrement implacable du mouvement social, criminalisé dans les médias et traîné devant les tribunaux et les conseils de discipline après être passé sous les coups d’une police à la violence décomplexée. Cette situation et la peur qui l’accompagne (celle de perdre son emploi et, allant, tout ce qui en dépend) engendrent, inexorablement, un ressentiment qui, déboussolé, en vient à se cristalliser dans une adhésion au programme politique d’un Front national qui récolte les succès électoraux depuis plusieurs années, s’assurant des bases territoriales non négligeables (dans les mairies, les départements et les régions).

Cinq années de présidence Macron, c’est, à en juger par les politiques qu’il entend entreprendre, la quasi-assurance de voir le fascisme débouler dans quelques années, sur les ruines de tout ce que le candidat d’En marche ! aura détruit en matière d’acquis sociaux. Macron n’est pas un rempart contre le fascisme, c’est, bon gré mal gré, un semeur de mauvaises graines qui, au-delà même de la question de l’extrême droite, promet déjà des heures sombres à la classe du travail et aux nombreuses conquêtes sociales qu’elle a arrachées aux pouvoirs précédents. D’ailleurs, il nous l’annonce déjà : la loi Travail sera « améliorée » (comprenez que le Code du travail va perdre de plus en plus de pages) ; pas étonnant que le Medef ait les yeux de Chimène pour le créateur d’En marche !.

Le Pen : exploitation cocardée et xénophobie

Ne nous leurrons pas non plus, Le Pen n’est pas plus la candidate du travail que Macron celui de l’antifascisme. Si, dans sa propagande, le Front national reprend quelques mots d’ordre propres aux revendications de certaines organisations syndicales en matière de travail, ce n’est jamais que pour élargir sa base électorale, en tentant d’attirer des électeurs de gauche, notamment ceux de la France insoumise. Mais cette danse du ventre cache mal ce que prévoit Le Pen pour les travailleurs et les travailleuses, et qui n’est guère plus enthousiasmant que ce que propose son rival ; tout juste nos employeurs devront-ils afficher une cocarde sur le revers de leur costume pour témoigner d’un certain patriotisme économique qui, au fond, ne vise qu’à privilégier une bourgeoisie (nationale) sur une autre (internationale), sans se soucier davantage de l’émancipation du prolétariat. Nous avons eu tout loisir de constater jusque-là l’absence du Front national au côté des exploités dans les conflits sociaux et son soutien aux forces de l’ordre quand celles-ci tabassaient des travailleurs manifestant pour améliorer leurs conditions de travail. Il suffit aussi, pour s’en rendre compte, de jeter un œil sur ce que vote à Bruxelles celle qui est aussi députée européenne : contre une résolution visant à lutter contre les délocalisations, pour la directive accordant le secret des affaires aux multinationales, contre le renforcement des droits des travailleurs dans les situations de licenciements boursiers, contre le congé maternité harmonisé à vingt semaines en Europe, contre l’égalité des salaires hommes/femmes à compétences égales, contre le renforcement de la directive sur la prévention des cancers professionnels, contre une résolution de lutte contre l’évasion fiscale, etc.

Non seulement le discours et les politiques du Front national ne feraient que diviser encore plus notre classe – dans une surenchère raciste du rejet de l’autre, étranger ou pas, désigné comme responsable des fautes politiques et des désastres sociaux engendrés par les choix du fascisme de gouvernement –, mais ils laissent aussi entrevoir un bien obscur avenir aux libertés syndicales, tant l’on connaît l’aversion que porte ce parti aux syndicats, qui, fidèles aux devoirs qu’exige la conscience de classe, ont toujours vivement combattu les fascistes et leurs avatars. Et que dire, aussi, des régressions fondamentales en matière de lutte contre le sexisme et la LGBTphobie promises par la candidate de la réaction et de l’ordre moral ? Donner les commandes de l’appareil d’État à ces nostalgiques de Vichy serait criminel ; et ne nous cachons pas derrière l’argument simpliste du « ça ne durera que cinq ans, après ce sera fini » : une fois au pouvoir, ils auront tous les moyens pour y rester.

Le désespoir qui conduit au fascisme se nourrit aussi de nos absences

La réponse à cette double menace ne pourra jamais vraiment s’incarner dans les urnes, desquelles ne peuvent sortir, en l’état, que des dangers. S’il importe de laisser chacun faire ce qu’il veut dimanche prochain (à savoir voter ou non Macron pour barrer la route à Le Pen), sans devoir essuyer la moindre culpabilité, il convient de dire que la seule riposte qui vaille, élaborée pour le long terme, c’est celle qui s’enracine sur le terrain des luttes sociales, dans nos entreprises et dans nos lieux de vie, là où nous pouvons avoir une prise directe sur les ravages opérés par les dominants. C’est aussi, surtout, dans le renforcement de nos organisations syndicales, qui, plutôt que de rester paralysées devant le calendrier électoral, doivent impérativement se saisir des questions que la situation impose, à savoir : quelle réponse syndicale antifasciste à une victoire du Front national ? Quel syndicalisme (re)construire pour bloquer les politiques promises par Macron en cas de victoire ? Et, surtout, comment renouer avec un syndicalisme de classe qui, au-delà des questions réformistes, au demeurant importantes – sinon incontournables –, puisse revendiquer un projet de société en rupture radicale d’avec le capitalisme ? Car c’est probablement là, nichées dans ces espérances nouvelles et enthousiasmantes de transformation sociale profonde, que résident les meilleurs germes de résistance aux dangereuses tromperies du fascisme.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí

https://salvador-segui.org/2017/04/26/e ... emier-mai/
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 27 Avr 2017, 20:28

À Amiens, Marine Le Pen et Emmanuel Macron instrumentalisent les ouvriers de Whirlpool

La campagne pour le second tour a véritablement débuté ce mercredi à Amiens. Sur le site Whirlpool, menacé de fermeture, Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’ont pas hésité à se jouer des ouvriers qui, prochainement, risquent de perdre leurs emplois dans une région déjà sinistrée par le chômage.

... http://www.revolutionpermanente.fr/A-Am ... -Whirlpool
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 29 Avr 2017, 16:01

Une analyse de la situation

Dimanche 23 avril. Le duel annoncé par les sondages et organisé par les médias dominants depuis plusieurs semaines est confirmé par les urnes. Un banquier face à une raciste. Macron face à Le Pen. C'est la victoire d'un système qui met en scène depuis des années cette finale spectaculaire entre la finance et le repli sur soi. La surprise de ce soir d'élection, c'est qu'il n'y en a pas. A tel point que, malgré un score historiquement élevé de la gauche « radicale », les rues sont quasiment désertes. Pourtant l'extrême droite est au second tour, et la situation est critique. Premiers éléments d'analyse.

1- Les véritables héros de cette soirée électorale ne sont pas les finalistes, Macron et Le Pen. Ce sont les stratèges du Parti Socialiste ! Malgré un score historiquement faible, et un parti à l'agonie, les socialistes ont réussi un incroyable coup politique. Pourtant, jamais un parti n'avait été autant détesté. Au printemps, ses permanences étaient visées dans toute la France, et son université d'été annulée à la rentrée. Après avoir gouverné pendant 5 ans à coups de Flash-Ball et de 49.3, d'état d'urgence et de Loi Travail, après avoir expulsé des réfugiés par dizaines de milliers et fait tirer sur les manifestations, l'ultime héritage du PS aura été d'organiser les conditions pour un duel entre la droite et l'extrême droite. Tel est le rôle historique de la sociale démocratie. Comment ont-ils procédé ? Dans un premier temps, Macron, le ministre de l'économie et conseiller du président, se désolidarise du bilan catastrophique de Hollande. Avec la victoire d'un réactionnaire traditionaliste et autoritaire aux primaires des Républicains, Macron dispose d'un boulevard à droite. Boulevard d'autant plus large que Fillon se révèle être un escroc et un voleur. Dans un second temps, Benoit Hamon joue un rôle déterminant dans le dispositif. Le petit apparatchik insignifiant du PS devra neutraliser Mélenchon. C'est son rôle, auquel il s'attèle avec une efficacité remarquable. Le score pathétique du candidat du PS, lâché par son propre camp, importe peu. Il est suffisant pour empêcher – de justesse – le candidat des Insoumis d'atteindre le second tour, et permettre le triomphe de Macron. Quant au FN, le gouvernement socialiste l'a conforté pendant 5 ans, méthodiquement. En reprenant ses idées sur le plan sécuritaire et identitaire d'une part. En provocant un désarroi social plus profond que jamais d'autre part. En s'attaquant d'avantage à sa gauche qu'à l'extrême droite enfin. Toutes les conditions sont réunies pour que le poulain du président atteigne la magistrature suprême. "Tout changer pour que rien ne change" c'est la maxime cynique du roman Le Guépard, que François Hollande aurait pu faire sienne.

2- Les masques tombent quelques minutes après l'annonce des résultats. Immédiatement, l'ensemble de l'appareil socialiste encense son véritable candidat. De Benoit Hamon à François Hollande en passant par la maire de Nantes, Johanna Rolland, tous appellent sans réserve à élire Macron. Le PS annonce même l'impression de millions de tracts pour le banquier. Le PS mettra plus de ferveur à faire élire Macron qu'à soutenir son propre candidat au premier tour ! D'ors et déjà, des dizaines d'élus socialistes entendent se faire élire sur les listes Macronistes aux législatives, et la volonté de Manuel Valls de créer un pole centriste néo-libéral est en passe de se réaliser.

3- De quoi Macron est-il le nom ? Le candidat des médias et des banques est à mi chemin entre un télévangéliste criard et un manager de fast-food. Il est vide, gris, malléable. Plastique. Il est à l'image du capitalisme contemporain : c'est un produit marketing. Macron incarne la mort de la politique. La victoire au premier tour du seul candidat dont personne ne connaît le programme en dit suffisamment long sur l'état de décomposition avancée de la politique. Macron face à Le Pen, c'est aussi la mort du système des partis. La droite et la gauche classiques sont éliminées. Un séisme bien plus puissant que celui du 21 avril 2002. Du jamais vu sous la Vè République. Macron, reprend les codes, le storytelling, les techniques de communications anglo-saxonnes. Il incarne l'américanisation avancée de la vie politique, et le duel qui l'oppose à Le Pen ressemble bien à celui qui voyait s'affronter Clinton face à Trump il y a quelques mois.

4-En avril 2002, spontanément, à l'annonce du passage du Front National au second tour, des milliers de personnes descendent dans les rues le soir même. Les lycéens se mettent en mouvement. Les manifestations de l'entre deux tours réunissent plusieurs millions de personnes, dont près de 80 000 à Nantes ! La mobilisation est historique. Chirac refuse toute discussion avec l'extrême droite. Cinq ans plus tard, quand Sarkozy gagne l'élection présidentielle suivante, des milliers de personnes descendent à nouveau dans les rues, plusieurs soirs d'affilées, dans la plupart des villes de France. A Nantes, plusieurs nuits d'affrontement ont lieu devant la préfecture. Et en avril 2017 ? Un second tour oppose la droite néo- libérale à l'extrême droite. Quelques maigres cortèges de quelques centaines de personnes défilent péniblement dans une poignée de villes : Paris, Nantes, Rennes, Rouen. Les manifestants sont sévèrement réprimés. Pourtant, la gauche radicale n'a jamais recueilli autant de voix. Que s'est-il passé ? Nous avons changé d'époque. Et le fascisme peut s'installer sans fracas.

5- Et maintenant ? Les partis sont morts, vive la révolte ! Les candidats l'ont compris, en menant campagne sans parti – Macron a crée une start up, Mélenchon un groupe de fans, Le Pen un lobby du fascisme aseptisé – : nous vivons la fin d'un cycle. Sauf surprise – possible, tant la situation politique reste incertaine et l'abstention sera forte –, Macron sera le prochain président français. Sa victoire ouvrira des opportunités révolutionnaires. En digne héritier de Hollande, il est condamné à décevoir. Un produit marketing ne fait jamais illusion indéfiniment. En Marche ! aura toutes les peines du monde à obtenir une majorité législative, et le candidat des banques devra donc gouverner à base de 49.3, d'ordonnances et de procédures accélérées pour mener à bien son programme de cadeaux aux riches. Son « projet » : une somme d'individualismes tristes, un agrégat d'humains précaires et obéissants, «auto-entrepreneurs», est voué à rencontrer des résistances.

C'est dans ce contexte qu'il faudra, dans les jours et les semaines à venir, établir un rapport de force politique dans les têtes et dans la rue avec le prochain pouvoir.



Montpellier Samedi 29 avril 2017

Discussion 1er - 2ème - 3ème tour social ?

Que vous alliez voter en vous pinçant le nez ou que vous vous absteniez, là n’est pas la question. Nous vous proposons de discuter pour commencer à organiser d’ores et déjà la résistance : cortège le 1er mai, rassemblement le 7 mai, création d’une assemblée de résistance...

Au Barricade, 14 rue Aristide Ollivier quartier Gare de Montpellier, samedi 29 avril à 19h30.

... viewtopic.php?f=7&t=2282&start=255#p257609
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Re: Présidentielles 2017

Messagede Pïérô » 30 Avr 2017, 02:20

Manifestation à Yerres, ville de Nicolas Dupont-Aignan, après son soutien à Marine Le Pen

Plusieurs de ses administrés se sont rassemblés devant l'Hôtel de ville pour exprimer leur "honte".

En conférence de presse ce samedi 29 avril, Nicolas Dupont-Aignan a affirmé qu'il s'attendait à des "réactions" voire des "pressions" après l'annonce de son ralliement à Marine Le Pen, qui le conduirait à Matignon si elle était élue.

Pour autant, celui qui est également maire de Yerres (Essonne) n'avait peut-être pas prévu la réaction de ses administrés, dont une partie s'est réunie devant la façade de l'hôtel de ville pour exprimer sa "honte". "Dupont démission", scandent entre autres les manifestants, dont certains partagent en direct les images sur les réseaux sociaux.

"C'est une grave erreur de sa part, il ne sera pas réélu dans sa commune. Il n'aurait pas dû donner de consigne de vote", s'emportait hier soir auprès du Parisien, un habitant de Yerres depuis 1972. "C'est de sa faute si François Fillon n'est pas au second tour, il n'aurait jamais dû se présenter", renchérissait un autre.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs Yerrois ont appelé à se rassembler lundi 1er mai à 15 heures devant la mairie. Selon un journaliste du Parisien présent sur place, la manifestation a réuni 300 personnes dans les rues de la ville de l'Essonne. "Inédit depuis 95 et la grogne contre les impôts", indique-t-il

... http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/29 ... mg00000001
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Présidentielles 2017

Messagede Lila » 01 Mai 2017, 18:39

Les droits des femmes, pas vraiment la priorité des deux finalistes

Marine Le Pen lie systématiquement le combat pour l'égalité au «fondamentalisme islamiste», tandis que le programme d'Emmanuel Macron en la matière reste flou, malgré sa volonté affichée d'en faire une «cause nationale».

à lire : http://www.liberation.fr/elections-pres ... es_1564986
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 06 Mai 2017, 15:37

Pierre Gattaz sur le programme de Macron : « la direction donnée est la bonne »

A l’approche du jour décisif, de soutiens Emmanuel Macron n’en manquent pas. Après les prises de position en sa faveur de nombreux patrons (dont Bernard Arnaud), Pierre Gattaz, le président du MEDEF a carrément sorti sa plume. Il livre ses pensées au détour d’une tribune parue le 3 mai dans Le Figaro.

Il est des soutiens qu’on ne préfère pas afficher. Surtout lorsque, dans la dernière ligne droite, il s’agit de se dépêtrer de l’image du candidat du grand patronat. Une image qui colle à la peau de Macron. Il en transpire de tous les pores. Cela lui vaut, d’ailleurs, une détestation telle de la part du monde ouvrier que les huées font désormais partie d’une forme de rituel. Une détestation quasi-auto entretenue qui s’alimente au fur et à mesure de ses déplacements. Au contact des ouvriers, le mépris de classe est systématique. La loi Macron et la loi Travail sont dans toutes les mémoires.

Pourtant, difficile pour l’ex-banquier de Rothschild, d’agir autrement. Il a baigné dans ce monde, celui des marchés financiers, où il s’agit, quelqu’en soit le prix, de performer. Brasser des millions, voir des milliards, une sorte de roulette russe. L’on gagne, l’on perd. On s’y réparti, en somme, les milliards résultants de l’exploitation des travailleurs du monde entier, des milliards qui sont, eux, libres de tout contrôle de capitaux. L’Europe forteresse, pour sa part, continue à tuer pendant que les capitaux circulent et se réalloue au gré des crises, au gré du « coût » du travail qui a cours nationalement.

Dès lors, une fois François Fillon, l’ultra-libéral, éliminé, il n’est pas étonnant d’entendre Pierre Gattaz reprendre finalement position, et ce dans une tribune. « En tant que chef d’entreprise, je n’ai aucun doute quant à mon choix pour dimanche prochain », a-t-il affirmé. « Je voterai Emmanuel Macron », concluait-il. Il confirme donc son choix déjà exprimé au nom de son syndicat patronal. Le 24 avril dernier, il engageait en effet son syndicat patronal, le MEDEF, « derrière le candidat Emmanuel Macron, en tous cas sur le plan économique et social. Il n’y a pas l’ombre d’une hésitation ».

... http://www.revolutionpermanente.fr/Pier ... t-la-bonne
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 08 Mai 2017, 17:22

Macron élu : les raisons d’être en colère, de se réjouir et de s’engager

Le Pen éliminée, c’est tant mieux. Le problème, c’est que la politique antisociale de Macron continuera à servir de marche-pied au FN. Heureusement, son gouvernement patchwork droite-gauche promet d’être fragile, donc vulnérable aux luttes sociales. A nous toutes et tous de lui faire barrage et de bâtir une alternative révolutionnaire.

Emmanuel Macron sera donc président ! Le candidat du patronat l’a emporté sur la fasciste relookée Marine Le Pen.

Pour les électrices et électeurs de gauche, c’est un maigre soulagement (Le Pen est éliminée), aussitôt supplanté par une franche frustration (Macron est élu).

Pour celles et ceux qui ne croient pas que la politique institutionnelle puisse changer quoi que ce soit, comme à Alternative libertaire, cette élection ne fait que reconfigurer les modalités de la lutte.

Les raisons d’être en colère

Rappelons quelques traits du programme d’En marche :
• Baisse des impôts pour les riches : mutation de l’impôt sur la fortune pour en exonérer « des milliers de foyers aujourd’hui soumis à l’ISF ».
• Casse des services publics : avec la suppression de 120 000 postes de travail dans les hôpitaux, les écoles et l’ensemble des services publics, et de 70 000 à 75 000 dans les collectivités territoriales. Autant dire que la promesse de classes à 12 élèves dans le primaire est mensongère.
• Casse du Code du travail : dans la ligne de la loi El Khomri, avec priorité aux accords d’entreprise sur les accords de branche et sur le Code du travail.
• Casse de la protection sociale : avec la baisse des cotisations sociales, donc des prestations de l’assurance-maladie, chômage et vieillesse. L’amélioration de la protection des travailleuses et travailleurs indépendants est de la poudre aux yeux.
• Pénalisation des chômeuses et des chômeurs : en réduisant leur possibilité de dire non à un employeur.
• Pénalisation des travailleuses et des travailleurs : en supprimant la norme de 35 heures hebdomadaires pour les jeunes salarié.es.
• Renforcement de la répression : avec l’embauche de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires.

C’est contre toutes ces attaques annoncées qu’il va falloir résister.

Les raisons de se réjouir

Macron va poursuivre la politique néolibérale et de régression sociale de ses prédécesseurs. Mais contrairement, au bulldozer Sarkozy et à l’illusionniste Hollande, il cumule les handicaps :
• sa base électorale est volatile, le candidat n’a fait que vendre une image jeuniste, du rêve et les formules creuses du « ni droite ni gauche ». Pour celles et ceux qui ont bu ses paroles avec des étoiles dans les yeux, le désenchantement va être brutal ;
• sa base sociale est très réduite : mal vu dans les milieux de la bourgeoisie traditionnelle, méprisé dans les classes populaires, il n’aura pour lui que le Medef, les commerçants qui espèrent des baisses d’impôts, et la cohorte flashy des start-uppers, « créatifs » et autres assoiffés de business 2.0. C’est étroit, en réalité ;
• il ne bénéficie pas de l’étiquette de gauche qui, trop souvent, intimide les mouvements sociaux et syndicaux. Dans les milieux militants, personne n’attend rien du promoteur des lois Macron et El Khomri. Il n’y aura donc pas d’état de grâce ;
• il n’est pas sûr d’obtenir une majorité parlementaire aux législatives. Même s’il l’obtient, elle sera instable – constituée de transfuges et de néophytes peu fiables. Cela plombe sa prétention à « gouverner par ordonnances » puisqu’il faut, pour cela, l’assentiment du Parlement.

Ce pouvoir sera donc fragile, et c’est une bonne nouvelle pour le mouvement social, syndical et, plus globalement, pour la « gauche de la rue » : toutes celles et ceux qui n’attendent pas grand-chose des urnes et pensent que l’on obtient davantage par la lutte. Nous ferons barrage à la politique d’En marche dans la rue, dans les entreprises et dans les quartiers.

Les raisons de s’engager

Contre Macron, contre Le Pen, contre la droite, mais aussi contre la néosocial-démocratie que Mélenchon cherche à inventer, nous affirmons qu’on ne résoudra pas le chômage, la misère et la crise écologique sans remettre en cause le capitalisme, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production et d’échange qui nous interdit les vrais choix démocratiques.

Notre ennemi n’est pas « le système », terme qui ne veut plus rien dire puisque, de Dupont-Aignan à Macron en passant par Le Pen et Fillon, tous les politiciens s’en disent les opposants. Notre ennemi a un nom, bien plus clair mais que, bizarrement, les politiciens évitent soigneusement : c’est le capitalisme. Et ce, qu’il soit « mondialisé » ou « patriote ».

Nous lui opposons l’autogestion socialiste, le seul projet à même de changer la société et la vie.

Alternative libertaire, le 7 mai 2017

http://www.alternativelibertaire.org/?M ... -s-engager
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 09 Mai 2017, 08:37

Emmanuel Macron

Le président le plus jeune mais le plus mal élu de la 5ème République

Emmanuel Macron est donc élu Président de la République avec 66% des suffrages exprimés. S’il devient le président le plus jeune de la 5ème République, il est aussi le plus mal élu malgré ses 20 millions de voix. Car face à l’extrême droite, il mobilise moins de la moitié des électeurs inscrits, dont une grande partie n’adhère pas à son projet. Ce second tour enregistre également un record d’abstention et de votes blancs et nuls. Une fois l’addictif spectacle électoral terminé, le retour à la réalité risque d’être brutal.

... https://www.bastamag.net/Le-president-l ... Republique
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Re: Présidentielles 2017

Messagede bipbip » 12 Mai 2017, 19:42

Front national : Échec à la Pyrrhus…

Jet d’œuf devant une usine de transport bretonne, puis exfiltration de la cathédrale de Reims : le sacre de Marine Le Pen (MLP) en fin de campagne n’a pas eu lieu. Pour les journalistes, tout aurait basculé dans le débat face à Macron, perdant sa posture de présidentiable, jusqu’à démoraliser ses troupes. Mais une élection ne se joue pas (que) sur les quatre derniers jours.

En tout cas, le sérieux de son équipe a cédé le pas à une certaine fébrilité sur les réseaux sociaux : diffusion d’un faux SMS attribué à En marche appelant à tuer symboliquement MLP ; rumeur selon laquelle Macron aurait été équipé d’une oreillette pendant le débat ; relais des Macron leaks laissant entendre des révélations à venir… Un accroc dans la stratégie « mégretiste » pour apparaître comme une femme d’État ? En ne respectant pas la bienséance du débat de l’entre-deux-tours, MLP aurait « trumpisé » sa posture. Jean-Marie Le Pen y a vu, lui, un « match viril contre Macron, le tenant de tout l’établissement » et MLP s’est justifiée : « j’incarne l’irruption bienvenue du peuple dans le monde suranné de l’entre-soi des élites ».

Le plafond est haut…

Marion Maréchal Le Pen estimait que plus de 40 % des suffrages « seraient déjà une énorme victoire »… Avec 33,9 % est-ce vraiment raté ? Le FN rassemblait 5,5 millions de voix au deuxième tour en 2002, 700 000 de plus qu’au premier, mais était resté sous les 4 millions en 2007. En 2012, près de 6,5 millions de voix. Et en 2017, 7,6 millions au premier tour, puis 10,6. Difficile d’y voir une défaite, même si MLP plafonne.

MLP a certes rassemblé plus que avec le vote Dupont-Aignan (1,7 millions, 2 avec Asselineau), mais pas franchement au-delà. Le grand écart de l’appel aux voix de Fillon et de Mélenchon n’a pas fonctionné, malgré le « terrible bilan Macron-Hollande ». Pourtant, sans jamais oublier ses fondamentaux (islamisme, sécurité et immigration), MLP a multiplié les clins d’œil à La France insoumise, comme l’appel lancé lors du dernier meeting au « peuple qui jamais ne se soumettra au système entier coalisé derrière [Macron] ». Du point de vue de la droite, le flou autour de la sortie de l’euro a mis à mal le sérieux de son programme. Notons que le patronat a plus agité ce spectre que les menaces sur les droits démocratiques et surtout que l’avenir réservé aux immigrés si MLP était élue. Leur sort compte sûrement moins que les perspectives d’importations et d’exportations…

L’accord avec Dupont-Aignan est venu rassurer les courants, y compris au FN, qui ne font pas de la sortie de l’euro un préalable absolu. Un premier pas a été fait vers une alliance de gouvernement, espérant qu’une partie de la droite s’y retrouve. Reste à transformer cet élan en alliance de « la seule véritable opposition crédible », que MLP a voulu incarner pendant la campagne et qu’elle a réaffirmé dans sa déclaration de « non-­victoire » dimanche soir.

... http://www.anti-k.org/2017/05/12/front- ... a-pyrrhus/
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