Divers bouquins

Bouquins, politique, socio, Histoire(s), littérature...

Re: [livre] La mémoire des vaincus

Messagede Flo » 10 Juin 2012, 17:27

Même si je suis pas d'accord avec les dernières remarques, ce livre fait grave envie !
"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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« LES RAZOZIOS » Un conte posthume de François Béranger

Messagede bipbip » 11 Mar 2013, 02:54

« LES RAZOZIOS » Un conte posthume de François Béranger

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Adapté par Ricardo Montserrat
Illustrations de JACEK WOZNIAK
Disponible en septembre 2013

Cela fait 10 ans que François Béranger est mort. Juste avant de disparaître, il a écrit un texte destiné aux enfants et à leurs parents afin de les alerter sur les dangers menaçant une planète dévastée par l’inconscience des hommes. A sa manière, avec ses mots, Béranger nous fait voyager dans l’univers des enfants « Razozios », mutants de mouettes, de rats et d’enfants...

Un conte allégorique où la réalité s’envole.

Le dessinateur Jacek Wozniak (Le Canard Enchaîné, Archie Shepp, Manu Chao, … ) illustre ce conte de ses dessins poétiques, sensibles et originaux.

Editeur : Association Da Capo,

Emmanuelle et Stéphane Béranger, dacapo1937@yahoo.fr


souscription : https://fr-fr.facebook.com/Beranger.Fra ... f&filter=3
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Une charge d'Ursula Le Guin lors des National Books Awards

Messagede PN Poitiers » 21 Nov 2014, 14:04

http://pn86.noblogs.org/?p=12915

Si vous ne connaissez pas encore Ursula Le Guin, lisez vite Les dépossédés, l’une des fictions les plus abouties sur ce à quoi pourrait ressembler l’anarchie, non dénuée d’une réflexion profonde sur les dérives qui peuvent guetter l’anarchisme.

L’auteure, âgée de 85 ans, a livré un discours explosif il y a deux jours, à la remise d’un prix aux national books awards, condamnant le capitalisme et les profiteurs et invitant les auteurs à conquérir leur liberté.

La vidéo ici : http://youtu.be/Et9Nf-rsALk

Son discours est retranscrit sur le site du Guardian. http://www.theguardian.com/books/2014/n ... rds-speech

Pavillon Noir

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Re: Divers bouquins

Messagede bipbip » 28 Mai 2016, 10:56

Roman : « Le Bateau-usine »

Le Bateau-usine est un roman social et politique, un classique de la littérature prolétarienne japonaise. Écrit en 1929, le roman va connaître une incroyable renaissance en 2008.

« C’est parti ! En route pour l’enfer ! » Voilà comment Takiji nous embarque dès la première ligne de son roman dans les entrailles d’un bateau-usine japonais, nous y rencontrons des ouvriers, des paysans et des étudiants pauvres, venus travailler pour quelques mois. Dans des conditions de vie et de travail épouvantables, ils pêchent le crabe avant de le mettre directement en conserve. Exploités au détriment de leur santé, perdus en pleine mer et sans aucun droit, la révolte gronde.

Kobayashi Takiji, lorsqu’il écrit Le Bateau-usine est employé dans une banque, il a découvert la condition du prolétariat de l’île de ­Hokkaido, ou sa famille de paysans à été contrainte d’émigrer lorsqu’il était enfant. Pour nous livrer cette description aussi précise de la vie dans ce bateau-usine, Takiji a recoupé brèves journalistiques et témoignages de marins et d’ouvriers. Allégorie du fonctionnement capitaliste, ce bateau-usine permet à l’auteur de dénoncer la collusion d’intérêts entre l’État, l’industrie et l’armée, dans une zone géographique sensible entre Japon et Union soviétique. Mais plus qu’un témoignage, ce roman a bien pour but de montrer que seul ­l’unité permet la victoire de la lutte. Ici, le seul héros, c’est le collectif et l’auto-organisation du prolétariat, débarrassé de ses faux amis.

En 2008, un concours de rédaction de jeunes précaires consacré au livre de Takiji ­offre une nouvelle naissance au livre. Il s’écoule à près d’un million d’exemplaire en un an ! Les jeunes travailleurs précaires du Japon s’y reconnaissent et retrouvent dans ce livre leur époque. Les non-droits liés à leur condition d’intérimaire, le manque d’organisations syndicales rappellent l’isolement et l’exploitation des travailleurs et travailleuses du bateau-usine. Ce classique prolétarien du début du XXe siècle aura même fini par donner naissance aujourd’hui à l’expression « kanikôsen » (faire bateau-usine) pour qualifier le travail précaire et pénible ! Une lecture indispensable.

Benjamin (AL Nantes)

http://www.alternativelibertaire.org/?R ... teau-usine
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Re: Divers bouquins

Messagede bipbip » 17 Sep 2016, 12:13

Lire… une histoire du prolétariat japonais

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Sur le Bateau-usine embarquent des ouvriers déracinés, anciens campagnards de l’île d’Hokkaido convaincus par des bonimenteurs de rejoindre le port d’Hakodate ; embarquent aussi d’anciens étudiants frêles, qui espéraient gagner un pactole mais dont les poches sont déjà trouées de dettes quand ils mettent un pied sur le pont ; embarquent même des adolescents, à la limite de l’enfance, que leurs familles envoient chercher l’argent vital en désespoir de cause. Sur le Bateau-usine, le Hakkô-maru, c’est son nom, il y a déjà les marins, aussi pauvres que les ouvriers, plus conscients sans doute qu’ils voient peut-être la terre pour la dernière fois.

Il y a beaucoup de fatalité sur Le Bateau-usine de Kobayashi Takiji, beaucoup de misère, économique et humaine. Alors qu’il appareille vers les mers glacées du Nord, près des côtes soviétiques, alors que le froid devient entêtant, que les eaux s’emballent en tempête, et qu’on pêche, démembre et stocke des milliers de tonnes de crabes, les hommes perdent peu à peu ce qui leur reste de dignité, ils tombent malades, deviennent fous, violent de jeunes ouvriers dans des coins sombres. L’intendant, véritable chef du navire qui terrifie même le capitaine, fait régner une discipline de fer : il hurle, frappe, punit, ordonne qu’on vole les filets d’autres pêcheurs, laisse un bateau faire naufrage en refusant de répondre à son appel de détresse, tout ça pour sauvegarder la cadence, pour produire toujours plus de boîtes de crabe. C’est le délégué de l’entreprise qui a armé le Hakkô-maru, l’argent est roi et l’intendant est son héraut.

Takiji décrit un univers terrible, celui du prolétariat japonais au début du XXe siècle. Il décrit une survivance du pire. À terre des lois, imparfaites et mal respectées, interdiraient la pratique des châtiments corporels, qui confine souvent à la torture. Surtout à terre, il y a des syndicats et des solidarités, en d’autres termes, un rapport de force entre les ouvriers et leurs employeurs. Sur les bateaux-usines, perdus dans les confins de l’océan, aucune loi, aucune règle ne s’applique.

Parfois, on doute que de tels comportements aient pu seulement être imaginés, ait pu survivre à l’instinct de liberté le plus basique des individus. Mais Takiji s’est informé, a consulté des dizaines d’articles qui répertoriaient les histoires les plus monstrueuses et pourtant les plus quotidiennes de la vie des travailleurs sur les bateaux-usines. Son livre est, bien sûr, un exemple éclatant de la littérature prolétarienne et, à ce titre, contient un message politique clair et revendiqué.

Peu à peu, la tyrannie fait s’enflammer les esprits. Les techniques de division, qui visent notamment à créer une concurrence entre les groupes présents sur le bateau – marins, ouvriers, étudiants – ne marchent qu’un temps et les hommes se parlent, découvrent que l’intendant est sévère partout, que la vie est intenable pour tout le monde. Alors on rêve, on murmure, on discute de grève et de révolte mais sauter le pas est difficile. Non seulement par peur d’être seul face à la matraque de l’intendant mais aussi parce qu’être un bon japonais c’est travaillé, non ? L’intendant le dit, mais il n’est pas le seul, on fait projeter des films : le Japon est grand et le Japon ne peut pas laisser les ruskofs, ces sales communistes, gagner la guerre du crabe. Un navire de la marine impériale croise même au large et on l’aperçoit parfois le profil de ses canons à l’horizon.

Et puis quelqu’un meurt. Il y a déjà eu des accidents, des blessés et des malades qu’on laissait crever à petit feu dans un coin de l’infirmerie. Mais perde un camarade, sur le pont, à cause du rythme de travail effréné et des mesures de sécurité impossibles à tenir, c’est autre chose. L’intendant lui refuse même une cérémonie mortuaire. La masse gronde, il cède. Et la masse se rend compte que quand elle gronde, elle peut gagner de petites victoires. Le rythme ralentit, on fait la grève du zèle. L’intendant peste, mais c’est trop tard, c’est la première respiration de la grève sur le Hakkô-maru, qui éclatera finalement dans les jours qui suivent.

Ouvrage prolétarien, il l’est aussi dans le style. Cherchant à rendre à l’expression populaire ses lettres de noblesse, l’auteur écrit de manière franche, brute, parfois sèche, parfois élégante de simplicité. Les dialogues sont évidemment l’occasion de faire ressortir le parler courant, réel, qu’on retrouve aussi à l’occasion d’une chanson.

Takiji a connu une fin funeste : communiste revendiqué dans un Japon de plus en plus militariste, il est emprisonné deux fois en 1931 et doit vivre ensuite dans la clandestinité. En 1933 la police le fait prisonnier et il meurt sous « la question ». Il avait 29 ans. L’édition Allia de son livre Le Bateau-usine est non seulement magnifique – comme le sont tous les ouvrages parus chez Allia – mais il offre aussi, après l’œuvre proprement dite, une postface très instructive d’Évelyne Lesigne-Audoly, qui est également la traductrice. Elle montre que, demeuré longtemps dans l’oubli, le livre de Takiji a connu une renaissance à la fin des années 2000 au Japon ; le marasme économique ayant brisé l’illusion de la « grande classe moyenne », la pauvreté redevient un sujet de débat public et Le Bateau-usine se transforme en étendard pour la jeunesse précarisée et pour les radicaux qui cherche à généraliser la critique sociale à l’ensemble du système.

On ne peut qu’espérer la publication d’autres ouvrages de Kobayashi Takiji et que la littérature prolétarienne japonaise s’ouvre un plus grand espace dans l’édition francophone. La lecture du Bateau-usine conjugue l’intérêt littéraire et à l’intérêt politique, tout en racontant l’histoire, oubliée ou inconnue, des déclassés japonais. Concluons sur un discours de grève :

« Un gamin de 15 ou 16 ans avait pris place sur l’estrade. “Vous savez tous à quelles souffrances ils nous exposent ici. Nous autres, nous sommes déjà plus morts que vifs. Souvent nous avons pleuré la nuit, enroulés dans nos maigres couvertures, en pensant à nos familles. Demandez à n’importe lequel des ouvriers ici présent. Pas un qui ne pleure toutes les nuits. Et pas un qui ne porte sur son corps des plaies ouvertes. Si ça continue comme ça, ne serait-ce que trois jours, il y en a qui crèveront à tous les coups. – Nous autres, on est à l’âge où on pourrait aller à l’école et vivre dans l’insouciance, si seulement nos familles avaient un tout petit peu d’argent, mais au lieu de ça, voilà qu’on est au loin… (Sa voix se voile. Il bégaie. Il règne un silence de plomb.) Mais tout va bien se passer maintenant. Ça va aller. Avec votre aide, toute cette hargne, nous allons pouvoir la faire payer à ces salauds…” »

Kobayashi Takiji, Le Bateau-usine, Allia, 2015, publié originellement en 1929, 8,50€

Julien Clamence (AL Bxl)


https://albruxelles.wordpress.com/2016/ ... -japonais/
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Re: Divers bouquins

Messagede Pïérô » 09 Oct 2016, 13:16

Les 33 révolutions de Canek Sanchez Guevara

Littérature. Le petit-fils du Che, décédé l’an dernier, nous offre un récit envoûtant comme une chanson triste.

Soyons honnête! Un roman signé par le petit-fils du Che retient forcément l’attention. Très vite, toutefois, le voyeurisme un brin malsain – l’auteur est mort à 40 ans à Mexico, des suites d’une opération du cœur – s’efface devant le plaisir de la lecture. En 33 révolutions, comme celles du vinyle rayé qui sert de fil rouge au récit, Canek Sánchez Guevara nous emmène à Cuba, dans un «univers qui n’en finit pas de s’effondrer avec fracas».

Son roman n’est pas bien épais, à peine plus de 80 pages complétées par quelques extraits d’autres textes et une interview. Elles suffisent à nous faire partager jusque dans sa moiteur et son parfum de rhum frelaté le quotidien mélancolique et les désillusions d’un Noir trentenaire qui voit tous ses concitoyens peu à peu prendre la mer sur des embarcations de fortune.

«Le pays entier est un disque rayé», annonce le narrateur en préambule. Lui-même vit dans un appartement qui prend l’eau. Il aime la musique, la philo et l’histoire, mais il a fait des études d’ingénieur. Il travaille au ministère, un boulot «ennuyeux mais propice à la lecture». Il se nourrit dans une cantine où le plateau réglementaire a des allures de tableau abstrait: «Le cercle de potage, le carré de riz, le rectangle de patate douce, le verre dans son support circulaire et les couverts dans la rainure.» Son mariage a été un échec. Parfois, pour se sentir moins seul, il monte retrouver la Russe du neuvième étage. Tout cela va mal finir, on s’en doute.

Sur les traces de son grand-père

33 révolutions est un roman étrange, une succession de petits récits aigres-doux que l’on achève avec l’envie d’en savoir plus. De l’homme lui-même, on apprend alors qu’il est né en 1974 à La Havane et qu’il a ensuite suivi ses parents, militants d’extrême gauche, dans leurs déplacements à travers le monde, de Mexico à Barcelone en passant par l’Italie. Ecrivain, musicien, photographe, graphiste, anarchiste et fan de rock, Canek Sánchez Guevara a notamment publié des chroniques de ses voyages sur les traces du Che dans Le Nouvel Observateur.

Interviewé pour Le Monde Libertaire, il déclarait en 2005, à propos de cet illustre ancêtre: «Je ne pense pas à Ernesto Guevara comme s’il s’agissait de mon grand-père. Je le lis comme je lis Marx ou Bakounine ou n’importe quel personnage historique. Il a des idées géniales et d’autres qui sont absurdes, prétentieuses, pathétiques. Je ne l’ai pas connu, je suis né sept ans après son assassinat. Ma mère me racontait certaines anecdotes de son enfance qui font qu’un lien familial profond s’est noué.»

Mireille Descombes

L’hebdo

33 révolutions de Canek Sanchez Guevara. Métailié, 2016. 112 pages. 9,00 euros.

http://www.polemicacubana.fr/?p=11826
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Re: Divers bouquins

Messagede bipbip » 22 Avr 2017, 15:49

Berrouka, « Le Club des punks contre l’apocalypse zombie »

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Lire : Berrouka, « Le Club des punks contre l’apocalypse zombie »




« Entre référence musicales et politiques anarchisantes, acharnement gratuit contre une Christine Boutin (ça valait le coup) zombie et les frères Bogdanof, Karim Berrouka nous livre une aventure rock and roll, jouant des codes du genre pour se moquer de leur conformisme. »

Lorsque l’on demande à Karim Berrouka le pourquoi du comment de la rédaction de ce livre, il nous raconte ses journées ô combien passionnantes passées à traduire de la science-fiction et de la fantasy vulgos et répétitives parce que… faut bien manger.

Au milieu du catalogue, de nombreux ouvrages de zombies, avec des héros (mâles, blancs, cis), qui s’en sortent, ou non, par la force et les armes. Avec des glorieux projets de reconstruction de société autour d’un patriarche incarnant force et honneur, tout ça, tout ça… De quoi déprimer le ou la plus endurci.e des punks, même grisonnant. Le Club des punks contre l’apocalypse zombie narre les contre-exploits d’une bande de punk vivant dans un squat du XXe arrondissement de Paris en pleine apocalypse zombie.

Entre référence musicales et politiques anarchisantes, acharnement gratuit contre une Christine Boutin (ça valait le coup) zombie et les frères Bogdanof, Berrouka nous livre une aventure rock and roll, jouant des codes du genre pour se moquer de leur conformisme. La société capitaliste réduite à néant, nos protagonistes n’ont aucune envie de la relever, et ils et elles se la seraient bien coulée douce si le Medef n’était décidé à reconstruire une société d’aliénation faites de travailleuses et travailleurs non payé.es.

Le Club des punks... est un ouvrage que l’on peut qualifier de jouissif, qui vient flatter notre humour potache à coup de grosses vannes sur les patrons, de pogos de zombies sur de la musique approximative, et qui donne furieusement envie de replonger longuement dans notre collection de cd afin de réécouter CRASS, Chaos UK, Stiff Little Fingers et compagnie.

À une époque où la pop culture prend une place de plus en plus importante, les auteurs de notre coté de la barricade s’y attaquant sont malheureusement encore trop rares. Le livre de Berrouka nous offre le penchant gonzo et bis du travail d’un Damasio. Et ça, ça fait plaisir !

Mehdi Kabar (AL Montreuil)

• Karim Berrouka, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie, ActuSF, 416 pages, 18 euros.


http://www.alternativelibertaire.org/?R ... pse-zombie
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Re: Divers bouquins

Messagede sebiseb » 23 Avr 2017, 13:30

Salut @bipbip, tu l'as lu « Le Club des punks contre l’apocalypse zombie » de Berrouka ? Et si oui, qu'est-ce que tu en as pensé ?
De mon côté j'ai acheté ce livre : Au bal des actifs – Demain le travail (Collectif) ou Karim Berrouka a écrit une des nouvelle. Mais je n'ai pas encore pris le temps de le lire ...

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Au bal des actifs – Demain le travail (Collectif)
Le travail est une problématique au cœur de nos vies et des économies : Chômage de masse et plein emploi, uberisation, automatisation, marginalisation, … sont des thèmes qui reviennent en permanence au devant de l’actualité, notamment en cette période d’élections…

Pour l’occasion 12 auteurs de Science-Fiction ont mis leur plume au service de ce sujet… Pour notre plus grand plaisir !

Pâles mâles de Catherine Dufour : Evette, jeune femme pleine de bonne volonté, se sent un peu victime de la poisse. Elle se bat pour trouver les petits boulots qui pourront lui payer son loyer pour la prochaine journée. Elle vit avec Adzo, qui lui vient de décrocher un sacro-saint CDD. Dans cette première nouvelle, Catherine met la barre très haute en montrant un avenir où la précarité s’est énormément développé du fait d’une uberisation de l’emploi. Evette va devoir cumuler des emplois très différents, s’appuyant sur une multiplication des formations de pointe, pour finalement toujours se poser la question de savoir si elle aurait encore le moyen demain de payer son loyer.
Tu sais bien que Flexemploi bourre les urnes d’offres en carton pour que le gouvernement puisse gémir qu’il y a cent millions de jobs en attente, traiter les chômeurs de feignasses et refuser de verser les allocs – Catherine Dufour
Canal 235 de Stéphane Beauverger : Anton rentre chez lui, et semble avoir été reconnu une nouvelle fois… Pas facile d’être au centre de l’attention parce qu’il a gagné un procès durant laquelle il a attaqué une femme pour viol alors même qu’il a accepté de voir sa vie étaler au grand jour à la télé… La TV réalité et la façon dont celle-ci enferme les « invités » dans un carcan, les soumettant à leur totale volonté est au coeur de l’histoire. Le travail est ici déformé, restreint à la seule activité de partager sa vie privée…
Nous vivons tous dans un monde meilleur de Karim Berrouka : Jason est contrôleur chef au service des transgressions et projets contre-sociaux et reçoit suite à dénonciation une femme qui pourrait être coupable de syndicalisme… Le récit de Karim Berrouka nous pousse dans un futur où le syndicalisme est montré du doigt et surtout la démonstration d’une attitude antisociale qu’il convient de dénoncer à tout prix. Tout est fait dans le monde à base de promotion, à la méritocratie. Mais quelles règles permettent de contrôler que tout est fait conformément aux engagements ? C’est peut-être là une preuve de l’intérêt de ce contre pouvoir… Une histoire très bien ficelée !
L’histoire n’est pas souhaitable, car elle est le témoin d’une évolution. Or, un système parfait ne peut évoluer. Nous n’avons pas d’histoire, parce que ce monde est parfait… Karim Berrouka
Vertigeo d’Emmanuel Delporte : Il faut continuer la poussée, il faut continuer, toujours plus haut, malgré les pertes, malgré la fatigue. Cette Poussée est indispensable depuis que le monde a chuté… Le Palier 50 doit être atteint… Les morts permettant aux vivants de poursuivre à contruire les tours. Cette nouvelle est probablement celle qui m’a mis le plus mal à l’aise. Les ouvriers construisent de plus en plus haut sans en connaître réellement la raison mais soumis à une tyrannie de leurs responsables qui les poussent jusqu’à la mort à faire toujours mieux. La chute de la nouvelle (au-delà de celles des différents « monteurs ») jette un froid sur le monde du travail et reflète, dans une version bien sûr plus extrême, le monde actuel.
La Fabrique de cercueils de L.L. Kloetzer : Cette nouvelle de L. L. Kloetzer nous fait plonger dans la toute puissance des multinationales. Alyn travaille à la chaîne, comme d’autres servants humains, pour s’assurer que des individus puissent être envoyé dans l’espace… Dans des cercueils. Une version bien extrôme là encore du travail à la chaîne.
Alive de Ketty Steward : Claude suit un entretien d’embauche avec Pierre-Henri F. pour un poste pour coacher et activer des travailleurs. Comment s’assurer que les chômeurs fassent le nécessaire pour rester employable ? Alive nous permet de découvrir une vision de plus en plus sombre de cette « cotation » des personnes qui permettent d’identifier ceux qui sont encore dans le circuit et ceux qui ne le sont plus.
CoÊve de Norbert Merjagnan : dans un monde où tout est coévaluation, Ganz Ore fait partie des rares à ne pas avoir d’évaluation et à en etre satisfait. Vivant de petites cotations, il va se retrouver mêler à une lutte de pouvoir avec le créateur de CoÊve. Dans cette histoire complexe, nous suivons un non-coté alors même que tout est à base de cotation (selon 4 critères). Nous voyons rapidement les limites de la mesure du travail par l’apport individuel, surtout lorsque cette « mesure » est ici d’une forme de virtualité. La progression de CoÊve et sa généralisation dans le monde ne peut que faire penser à la généralisation des outils Google… Avec nous l’espérons, un résultat différent.
Le Profil de Li-Cam : La disparition du travail n’a pour autant pas fait disparaître les grands groupes qui ont trouvé une autre forme de pouvoir pour conserver et pousser à la consommation. Les corporations sont devenus des clans qui cherchent à appâter le chaland et garder la main sur la consommation.
Serf-Made-Man ou la créativité discutable de Nolan Peskine d’Alain Damasio : Les stagiaires sont ici à l’honneur dans un contexte où à nouveau le travail à disparu. Sur une période de 16 mois, les stagiaires devront travailler en équipe (de 3) mais seuls l’un d’eux sera recruté… La lutte va être acharnée ! La critique sous-jacente est orienté vers certains processus de recrutement où des groupes mettent une concurrence effrenée entre les différents « profils » pour s’assurer d’avoir le meilleur… Mais si l’un d’eux ne jouait pas réellement le jeu ?
Miroirs de Luvan : Martha a la responsabilité de nourrir les enfants suivant un programme bien établi. Mais la notification pour le cinquième enfant la surprend : est-ce vraiment un enfant ?
Le parapluie de Goncourt de Léo Henry : Nous suivons l’avancement d’une nouvelle au gré des retours qui sont faits à Léo Henry… Une nouvelle qui nous apprend sur la perception et l’accomplissement d’une nouvelle.
Parfum d’une moufette de David Calvo : Un auteur se voit proposer de participer à une anthologie sur le travail.. David Calvo nous plonge dans un avenir où les éditeurs, en plus de payer une misère, se permettent toutes les libertés sur le texte d’un auteur… Au détriment bien entendu de la liberté de ton de l’auteur. Un avenir très sombre pour l’écriture (et nous supposons les autres formes d’art) soumise au joug de la censure et du marketing.

source : http://www.fantastinet.com/au-bal-des-actifs-demain-le-travail-collectif/
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Re: Divers bouquins

Messagede sebiseb » 23 Avr 2017, 13:39

Je n'ai pas vu sur le forum ce petit bouquin que je trouve très rafraîchissant sur l'anarchisme, et qui ne sombre pas dans la nostalgie mais qui regarde vers l'avenir : https://lespetitspapiers.org/livre/10996822-eloge-des-anarchismes-de-l-esprit-libertaire--kherraz-ahmed-breal

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Eloge des anarchismes / de l'esprit libertaire (et solidaire) dans nos sociétés contemporaines
Kherraz, Ahmed - Bréal
Présentation
L’anarchisme a toujours été critiqué par le plus grand nombre. Courant de pensée dit contestataire, il prône des valeurs anti-autoritaires et positionne l’individu au centre de ses questionnements : il doit être acteur de la société et non produit du gouvernement.
A travers des auteurs tels que Proudhon, Thoreau et Stirner, cet ouvrage présente les différentes idées des anarchistes et analyse des situations de notre quotidien, qui sans le savoir, relève de valeurs libertaires.
Aujourd’hui, les valeurs de l’anarchisme continuent d’influencer nos sociétés, offrant de nouvelles pistes au lien social et à l’émancipation des individus. Ses principes permettent d’envisager l’organisation de nos économies de façon plus équitable et solidaire.
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Re: Divers bouquins

Messagede bipbip » 25 Avr 2017, 00:25

sebiseb a écrit:Salut @bipbip, tu l'as lu « Le Club des punks contre l’apocalypse zombie » de Berrouka ? Et si oui, qu'est-ce que tu en as pensé ?

Non, pas encore lu. :wink:
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