Cinémas libertaires

Cinémas libertaires

Messagede Pïérô » 14 Nov 2009, 11:58

L’Écran Noir : festival du film libertaire à Lyon. 14-20 novembre 2009


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L’Écran Noir : festival du film libertaire à Lyon


Un mois après le flop médiatique du Grand Lyon Film Festival, créons ensemble un autre festival et un autre cinéma !

Aujourd’hui, le cinéma semble être l’art le plus éloigné de l’autogestion :

un partage des richesses inexistant entre des intermittents radiés par milliers et des superstars faisant exploser les budgets (et le prix des tickets…)
des multiplexes travaillant à détruire les plus petites salles et qui ne sont plus financées que par la vente de popcorn et de Coca, faisant des films un produit d’appel pour une consommation galopante

Seul le cinéma documentaire semble encore porter une charge militante.


Pourtant, le lien entre le cinéma, documentaire ou de fiction, et les anarchistes fête en ce moment son premier siècle d’existence avec des projections organisées par des militants dès 1908 en Suisse puis en France. Depuis, de nombreuses initiatives ont été lancées tout au long du siècle : la création de coopératives de production comme Le Cinéma du Peuple en 1913, la socialisation du cinéma par la CNT lors de la Guerre d’Espagne ou la réappropriation des moyens de production par des ouvriers à travers les groupes Medvedkine des années 70…

L’arrivée du numérique multiplie les possibilités de production et de diffusion du cinéma, tout comme elle a aidé l’émergence de médias indépendants par internet.

Pendant une semaine, plongeons nous donc dans cette histoire et voyons quelles lignes nous pouvons y rajouter !

Réapproprions-nous le cinéma !

Durant une semaine, l’association Art’Issa vous invite avec le festival L’Écran Noir à explorer la cinéphilie libertaire, autogestionnaire et anarchiste. A chaque projection, une bouffe collective accompagnera les films. En plus de soutenir des lieux autogérés et autofinancés, les bénéfices de cette semaine seront divisés en deux : la moitié pour soutenir les étudiants encore en procès suite aux précédents mouvements, l’autre moitié pour lancer un projet de film de fiction collectif et participatif sur les squats !

Enjoy the movies !

Voir le site du festival : http://assoc.artissa.free.fr/lefestival.html

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. . . . . . La programmation complète


Samedi 14 Novembre - 20h - Prix libre
Les Productions de la CNT en 1936
Nuestro Culpable + Un cinéma sous influence
La Plume Noire, 19 rue Pierre Blanc, 1er

Dimanche 15 Novembre - 20h - Entrée à 1€ (adhésion au lieu)
La propriété intellectuelle c’est le vol !
Nécessaires territoires + Sita sings the blues
La Boulangerie du Prado, 69 rue Sébastien Gryphe, 7ème

Lundi 16 Novembre - 20h - Prix libre
Cinéma et collectif
A pas lentes + L’An 01
L’Atelier des Canulars, 91 rue Montesquieu, 7ème

Mardi 17 Novembre - 19h
Soirée La Fac est à nous
Zéro de conduite + Nosotros somos asi
Lyon 2 Campus des Quais, 4bis rue de l’Université

Mercredi 18 Novembre - 20h - prix libre
Réapproprions-nous le cinéma !
La Charnière + Classe de lutte + Week-end à Sochaux
CSA X-Rousse, 18 rue des Tables Claudiennes, 1er

Jeudi 19 Novembre - 20h
Soirée La Ville est à nous
Les Aventures des Pieds Nickelés +
A propos de Nice + Un chant d’amour
sur inscription à artissa [at] no-log.org

Vendredi 20 Novembre - Prix libre
19h - première rencontre sur la création d’un film de fiction collectif et participatif sur les squats
21h - Sound and Video system Golden Age of Hip-Hop and funk par DJ Dildoze et Hall-U (VJ)
Toute la nuit - Nuit Ecran Libre : ramenez vos films militants préférés et diffusez-les !
Le Chant des Sirènes, 7 rue Saint Agnan, 8ème
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Anarchie et cinéma, mars-avril-mai 2010

Messagede Pïérô » 20 Mar 2010, 14:40

En 1914, Miguel Almereyda, le père de Jean Vigo, écrivit :

Le malheur, c’est que la plupart des entreprises cinématographiques sont entre les mains des capitalistes qui le font servir à leurs fins et le transforment en instrument de défense et d’abrutissement. Mais pourquoi ne pas en attendre mieux ? Déjà d’excellentes tentatives de Cinémas du Peuple ont abouti ou sont en passe d’aboutir. Songez à ce que de pareils cinémas peuvent faire entrer dans les consciences et quelles transformations elles peuvent apporter dans les mentalités. Arme à double tranchant, le cinéma – comme la langue d’Esope – peut-être bon ou mauvais. C’est à nous de la prendre et de l’utiliser au service du progrès, de la justice et de la beauté.

Les Journées d’études Anarchie et Cinéma – histoires, théories et pratiques des cinémas libertaires – poseront les questions méthodologiques préalables à l’établissement d’une histoire et d’un corpus cinématographique se réclamant de l’anarchie. Elles ouvriront les champs multiples du film à travers le prisme de la pensée libertaire, observant et interrogeant les pratiques de réalisateurs engagés ; les formes spécifiques nées de films revendiquant une action concrète ; les puissances de déplacement, de destruction et de proposition théorique générées par l’esprit libertaire.

Les journées d'études sont accompagnées de plusieurs autres manifestations autour de la thématique "Anarchie et cinéma" :

Soirées Hélène Châtelain et Armand Gatti à la FEMIS - 1er et 2 avril 2010

Cycle Paris libertaire et soirée "Anarchisme et cinéma" au Forum des Images - 12, 20 et 30 avril 2010

Anarchie et cinéma : Carte blanche à Jean-Pierre Bastid à la Cinémathèque française - 12, 26 mars ; 9, 23 avril ; 7 mai 2010

Rencontre autour des ouvrages d’Isabelle Marinone à la librairie Ciné-Reflet - 3 avril 2010

Cinema e Anarquia : uma historia « obscura » do cinema na França (1895-1935), Rio de Janeiro, Azougue editorial / Cinemateca Brasileira, 2009. (Préface Nicole Brenez)

André Sauvage, un cinéaste oublié : De la Traversée du Grépon à la Croisière jaune, Champs visuels, L’Harmattan, 2008. (Préface Nicole Brenez)

Cycle Avant-garde et contre-offensive à l’Université Populaire de Saint-Denis - 15, 22, 29 mars 2010



Programme :

Vendredi 2 avril 2010

9h30 Ouverture par Nicole Brenez (Maître de conférences, Université Paris 1)

9h45 – 12h Session 1 : Méthodes et historiographie : cinéma dominant, histoires officielles et histoires du cinéma libertaire

Fourrier : Luce Vigo (Critique)

9h45 – 10h 15 Isabelle Marinone
(Historienne du cinéma – enseignante à Paris 3)
« Méthodes pour une histoire des rapports entre cinéma et anarchie »

10h15 – 10h45 Adilson Inácio Mendes
(Docteur de l’Université de São Paulo)
« À l'ombre d'Almereyda (Jean Vigo et Paulo Emilio Sales Gomes) »

10h45 – 11h25 Louis-George Schwartz
(Professeur, Université d’Athens - Ohio)
« At Sea in the Empire of Misery, Or on the Percept as Potentiality in Contemporary Anarchist Movies »

11h30– 13h Session 2 : Le Cinéma du Peuple et Armand Guerra

Fourrier : Olivier Hadouchi (Doctorant Paris 1)

11h30 – 11h40 Laurent Mannoni
(Directeur scientifique du patrimoine à la Cinémathèque française)
« Le Cinéma du Peuple, présentation »

11h40 – 12h20 Projection des films

La Commune (22 min)
Les misères de l’aiguille (13 min)
Le vieux docker (5 min)
12h20 – 13h Table ronde avec

Laurent Mannoni,
Isabelle Marinone,
Luce Vigo
13 h Pause déjeuner

14h – 15h Session 3 : Histoire de l’anarchie, éducation visuelle

Fourrier : Gabrielle Reiner (Doctorante de Paris 1, cinéaste, programmatrice)

14h00-14h30 Proudhon (2009)
Extrait et présentation par les réalisateurs Anne Argouse et Hugues Peyret

14h30 – 15h00 Bernard Baissat
(Cinéaste)
« L’anarchie, un virus »

15h00 – 15h30 Hélène Fleckinger
(Doctorante Paris 1, ATER Université Paris-Est)
« Ecoutez Jeanne Humbert et May Picqueray, femmes et anarchistes. Un diptyque de Bernard Baissat »

15h30 – 18h Session 4 : Anarchie : propositions esthétiques et puissances théoriques

Fourrier : Ronald Creagh (Civilisationniste, professeur émérite, Université Paul Valery Montpellier 3)

15h30 – 15h45 Totinouï (2007 – 13 min)
Portrait de Gianni Toti
Projection commentée par le réalisateur Marc Mercier

15h45 – 16h30 Marc Mercier
(Programmateur, critique, vidéaste)
« Gianni Toti et la mathépoéthique »

16h30 – 17h00 Gabriella Trujillo
(Doctorante Paris 1)
« Surréalisme et anarchie »

17h00 – 17h30 Antoine Barraud
(Cinéaste)
« Anarchie et cinéma japonais »

17h30 – 18h00 Jean-Michel Durafour
(Philosophe, chargé d’enseignement à Lille 3)
« Jean-François Lyotard et l'acinéma : désirs et pulsions dans le cinéma anarchique »

18h Fin de la première journée


Samedi 3 avril 2010

9h30 - 12h Session 5 : Pensée symbolique, cinéma et action

Fourrier : Jean-Marie Tixier (Maître de conférences, Bordeaux 4)

9h30- 10h Erik Buelinckx
(Doctorant, Vrije Universiteit Brussel)
« Mauer. Film préhistorique de Gérard de Lacaze-Duthiers »

10h – 10h30 Grégory Lacroix
(Doctorant, Université de Liège)
« La mouvance provoc’ du cinéma de Belgique (1963-1975) »

10h30 – 11h Stéphane du Mesnildot
(Enseignant, critique)
« Entretien avec Jean-Pierre Bouyxou : présentation et projection »

11h– 11h30 Mélisande Leventopoulos (Doctorante, Université Paris 8), et Catherine Roudé (Université Paris 1)
« Les Lascars du LEP (2009-1986) : Trajectoire d’images rebelles à contretemps »

11h30 – 12h Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós
(Critiques, programmateurs indépendants, fondateurs de la structure de diffusion le peuple qui manque)
« Mujeres Creando / Zones Autonomes télévisuelles »

12h Pause déjeuner

13h - 16h Session 6 : Armand Gatti, Hélène Châtelain

Fourrier : Louis George Schwartz

13h – 13h30 Olivier Neveux
(Maître de conférences, Université de Strasbourg)
« La dimension Auguste du monde. Gatti et l'anarchisme »

13h30 – 14h David Faroult
(Maître de conférences Université de Paris Est, cinéaste)
« Autour du Passage de l'Ebre, film d'Armand Gatti, Allemagne 1969 »

14h – 14h 30 Charlotte Cayeux
(Master cinéma, Université Paris 3)
« Armand Gatti et l' ‘expression multiple’ au cinéma : le cas du Lion, sa cage et ses ailes »

14h30 – 15h François Lecointe
(Historien, Doctorant EHESS)
« Hélène Châtelain »

15h – 15h30 Johanna Cappi
(Doctorante, Université Paris 1)
« La constellation Armand Gatti, du journalisme engagé au documentaire de contre-information (Prix Albert Londres 1954 - 2010) »

15h30-17h30 Session 7 : Initiatives formelles

Fourrier : Hélène Châtelain (cinéaste)

15h30 – 16h Yannick Gallepie
(Master Cinéma, Université Lumière Lyon2)
« Les films de fiction produits par la CNT en 1936 : une proposition de traduction esthétique des idéaux Anarchistes »

16h – 16h30 Antoine de Baecque
(Historien, critique, éditeur)
« Peter Watkins et le coup de grâce »

16h30 – 17h Giusy Pisano
(Maître de conférences, Université Lille 3)
« Lina Wertmüller: Film d'amore et d'anarchia (1973) »

17h – 17h30 Federico Rossin
(Critique, programmateur)
« Le travail de Nico Papatakis »

17h30 Fin de la seconde journée.

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anarchie, cinéma, histoire politique, histoire culturelle et sociale de l'art, formes visuelles, philosophie politique

Fichiers attachés
journ_es_d___tudes_anarchie_cin_ma_programme_4.pdf : http://calenda.revues.org/download.php?id=4812

Programme_papier_colloque.pdf : http://calenda.revues.org/download.php?id=4813

Programme_anarchie_cin_ma_Femis.doc : http://calenda.revues.org/download.php?id=4814

programme_Cin_math_que_anarchie_cin_ma_Bastid.doc : http://calenda.revues.org/download.php?id=4815

programme_Forum_des_Images_Paris_Libertaire.doc : http://calenda.revues.org/download.php?id=4816

Universit__Populaire_avant-garde_contre-offensive.pdf : http://calenda.revues.org/download.php?id=4817

rencontre_Cin_-reflet.doc : http://calenda.revues.org/download.php?id=4818

Lieu
Paris (75002) (Auditorium de l'Institut National d'Histoire de l'Art, Galerie Colbert, 6 rue des Petits Champs, Métro Bourse ou Palais Royal )

Dates
vendredi 02 avril 2010
samedi 03 avril 2010

Contact
isabelle marinone
courriel : isabellemarinone (at) hotmail [point] com
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Re: Anarchie et cinéma, mars-avril-mai 2010

Messagede Pïérô » 26 Mar 2010, 01:00

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Vendredi 26 mars 21h30

CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
CINÉMA D’AVANT-GARDE / CONTRE-CULTURE GÉNÉRALE

Carte blanche à Jean-Pierre Bastid. Ado Kyrou. Jacques Baratier


La chevelure de Ado Kyrou/France/1961/19’/16mm

avec Michel Piccoli

Surréalisme et cinéma. Inspiré d’une nouvelle de Maupassant, le film d’Ado Kyrou nous plonge dans une atmosphère étrange et envoûtante. Un homme achète lors d’une promenade un meuble qui va bientôt le charmer étrangement. Il y trouve, dissimulée, la chevelure d’une femme qui le fascine au-dessus de tout. Il imagine celle qui la portait et tombe amoureux de cette création de son esprit, jusqu’à la folie.

Amnésie 25 de Willy Braque/France/1967/10’/35mm (sous réserve)

Chute libre de Willy Braque/France/1969/10’/35mm (sous réserve)

Massacre pour une orgie de Jean-Pierre Bastid (sous le nom de Jean-Loup Grosdard)/Luxembourg/1966/60’/35mm

Avec Willy Braque, Jean-Piere Pontier, José Diaz, Joël Barbouth, Syd Phyllo, Florence Giorgetti, Nicole Karen, Christa Nelli, Dany Jacquet,Valentine Pratz, Maria Minh, Jean Tissier, Pierre Cabanne, Moshe Kramlow (Gilbert Wolmark). Que la fête commence ! Mon premier long-métrage, intitulé successivement MASSACRE POUR UNE ORGIE et ORGIE POUR UN MASSACRE, interdit en 1966 par la censure française, pour violence et incitation à la débauche et le négatif saisi au laboratoire. Pour saluer Jean-Luc Godard le seul cinéaste de la Nouvelle Vague qui m’émerveillait, j’avais pris le pseudonyme de Jean-Loup Grosdard. Un distributeur américain (Bob Cresse) ayant acheté un duplicata du négatif avant que la censure ne commît son forfait, il subsiste de ce film une version en langue anglaise. Il a en retiré des passages jugés odieusement outrageux et, pour compléter le massacre, ajouté des dialogues de son cru. Il a agi de même façon avec le film qui a suivi. (JPBd)


Vendredi 26 mars 21h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid. Les combats

Indonesia calling de Joris Ivens/Australie/1946/23’/35mm

Radicalité et cinéma. Le cinéma pourrait-il être une arme capable de changer le monde ? En 1944, le gouvernement Hollandais demande à Joris Ivens de filmer la libération de l’Indonésie. Débarqué à Brisbane, dans un monde colonial clos, il se réfugie à Sydney où il attend son départ pour l’Indonésie. De sa chambre sur le port, il repère les navires hollandais chargés d’armes, prêts là appareiller pour Java. Quand leurs équipages indonésiens se mettent en grève, ils sont bientôt rejoints par les autres, australiens, malais ou chinois. Ivens saisit immédiatement la portée de ce mouvement de protestation devenu international et braque sa caméra… « Les événements qui se produisaient étaient aussi impérieux qu’une bataille, et nous devions nous trouver sur le front, caméra au poing », dira-t-il par la suite.

Au fil des mois, il lui apparaît clairement que le gouvernement Hollandais n’a aucunement l’intention de faire de l’Indonésie un pays indépendant. En octobre 1945, Ivens démissionne à grand fracas. (JPBd)


La société est une fleur carnivore

Réalisé par un collectif de professionnels animé par Guy Chalon/France/1968/30’/16mm

Commentaire de Claude Roy dit par Jean-Louis Trintignant

Le parfum de l’époque. « Ce film dénonce la répression policière qui a eu lieu au Quartier latin à partir du 10 mai 1968 et le rôle joué par l’Etat durant cette période. Les réalisateurs donnent la parole aux témoins et aux victimes de ces brutalités. » (Le collectif)

Tourné, développé et monté en trois semaines, LA SOCIÉTÉ EST UNE FLEUR CARNIVORE sera projeté pendant les événements mêmes. (JPBd)


Nestor Makhno, paysan d’Ukraine

de Hélène Chatelain/France/1996/52’/Video

Qui ne connaît Nestor Makhno l’anarchiste qui initia en Ukraine l’une des premières communes. Il partageait certaines aspirations communistes, mais son charisme local, son refus de la violence et des nouvelles directives font ombrage au pouvoir qui commence à s’installer. Lénine tente une médiation pour le ramener dans le giron bolchévique, mais Makhno résiste. La légende construite par la propagande d’état en fait un anarchiste-bandit-antisémite et un contre-révolutionnaire. Pour les gens de Gouliaïpolié, il défend au contraire les pauvres et la liberté, et les journaux makhnovistes montre qu’il a aussi défendu les Juifs… « Prolétaires du monde entier, allez au fond de votre âme et là seulement vous trouverez la vérité. » Hélène Châtelain a reconstitué sa vie à partir de ses écrits, de films de propagande soviétique, de réactions d’ouvriers aujourd’hui et de la mémoire qu’il a laissée dans le cœur des siens à Gouliaïpolié. (JPBd)


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1er et 2 avril 2010 Paris.- Anarchie et cinéma » à la FEMIS


Organisé par l’Atelier Documentaire de la Femis (Arielle Pannetier, Isabelle Marina, François Niney) et La Parole Errante (Jean-Jacques Hocquard)
FEMIS
dans le Forum des Halles – Paris 1er – M° Halles, 6 rue Francoeur, 75018 Paris, M° Lamarck-Caulaincourt

Jeudi 1er avril 2010 – 20 h : Soirée Hélène Châtelain

Projection et rencontre avec Hélène Châtelain

Chant public devant deux chaises électriques (2004) – 137 min

À Los Angeles, en septembre 2001, 40 personnes venues d’horizons les plus divers (communautés noires, chinoises, mexicaines, comédiens, SDF…) ont répété pendant trois mois un texte d’Armand Gatti « Chant public devant deux chaises électriques » qu’ils présentent en septembre, en pleine crise, au centre de Los Angeles, capitale d’Hollywood et des sans abris. Le thème : l’Amérique des années 1920, la terreur blanche, et le procès de deux émigrés italiens - dont il ne reste, et encore si vaguement, qu’une chanson des sixties … : Sacco et Vanzetti. Le film tisse autour de douze d’entre eux, les allers et retours entre les textes prononcés sur le plateau, la réalité de chacun et la découverte d’une Amérique qui aujourd’hui leur semble soudain prophétique : les lois contre les étrangers, la guerre intérieure, la mise en place des services secrets … Et la rencontre avec la pensée de deux émigrés, deux « pauvres », deux anarchistes, deux « terroristes », oubliée, enfouie si loin dans un passé qui semble ne plus exister nulle part et qui, étrangement, leur parle de leur monde d’aujourd’hui et les interroge …


Vendredi 2 avril 2010 – 20 h : Soirée Armand Gatti

Projection et rencontre avec le poète, dramaturge et cinéaste Gatti

Le lion, sa cage et ses ailes (1975)

Série de 8 films, réalisée avec les travailleurs migrants du pays de Montbéliard, à l’époque seconde ville ouvrière de France et lieu d’implantation des usines Peugeot où des milliers de travailleurs immigrés de différentes origines sont venus pour y trouver un emploi suite aux problèmes politiques et économiques de leurs pays respectifs. C’est dans cette ville industrielle que Gatti lance le projet en placardant une affiche à l’attention des ouvriers : « Un film, le vôtre », une invitation à laquelle les ouvriers immigrés répondent avec enthousiasme. Le premier film constitue un portrait de la ville, la « nébuleuse montbéliarde » (selon la formule de d’Armand Gatti). Les suivants sont organisés par communauté et se répondent en écho les uns aux autres, tout en racontant le quotidien de l’usine, de leur vie, leurs souvenirs. Le dernier film est l’épilogue de l’aventure Montbéliardaise.

Deux films de cet ensemble seront projetés lors de la soirée :

Oncle Salvador : Film espagnol (50 min) : Film réalisé avec une famille composée de dix membres, dont l’Oncle Salvador (Monsieur Ripolles) ancien milicien des brigades de Fer, devenu forain dans la région.

La Difficulté d’être géorgien : Film géorgien (52 min) : Film réalisé avec la communauté géorgienne. La Géorgie, a connu, depuis des siècles, des massacres, des occupations et l’exil de ses habitants dont certains ont émigré à Montbéliard. Imprégnés de leur histoire, les Géorgiens organisent leur journée autour des horaires de l’Usine Peugeot et la visite au cimetière où ils s’entretiennent avec leurs morts.


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Vendredi 09 avril


CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51 rue de Bercy – Paris 12ème – M° Bercy

CINÉMA D’AVANT-GARDE / CONTRE-CULTURE GÉNÉRALE


19h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid :

Les Brebis enragées de Jean-Pierre Bastid/France/1967/10’/16mm (sous réserve)

« La relation n’a plus de raison d’être ». Une relation fusionnelle entre deux pensionnaires d’une clinique psychiatrique. Les deux jeunes femmes s’évadent de la maison de santé et font du stop. L’automobiliste qui s’arrête pour son propre malheur est pris dans la folie meurtrière de ses passagères qui se réfugient ensuite dans une maison isolée jusqu’à ce que l’une des protagonistes décide que se termine leur belle histoire inventée — allez savoir par qui ? (JPBd)


Bartleby de Jean-Pierre Bastid/France/1972/20’/35mm

Avec Jean-Pierre Lajournade

Bartleby, libre adaptation de la nouvelle de Herman Melville, est un film noir & blanc en 35 mm tourné avec des amis et deux fois le métrage de pellicule. Ce format et les moyens ont été choisis en des circonstance particulière. La guerre d’Algérie n’était pas loin derrière nous et je travaillais sur le scénario de l’Attentat où je voulais autopsier l’affaire Ben Barka —façon de traiter de la guerre d’Algérie et de ses séquelles. Je cherchais des producteurs et c’est pour donner des gages à l’un d’eux qui s’intéressait à ma façon de tourner que j’ai réalisé un film en trois jours avec deux fois le métrage nécessaire. Mais cela n’était que la partie consciente de mon projet. J’avais un engouement immodéré pour l’œuvre d’Herman Melville et particulièrement pour Bartleby. Pourtant son éloge de la résistance passive, si admirable qu’il fût, m’incommodait par sa noblesse de ton, j’ai tâché d’y remédier. (JPBd)


Les petits enfants d’Attila de Jean-Pierre Bastid/France/1967/80’/35mm

Avec Fedor Atkine, Diane Kurys

On aperçoit fugitivement Jean-Patrick Manchette dans ce film où je l’avais invité à figurer dans la panoplie des employés serviles. Il avait déjà de hautes visées mais n’avait pas entamé son ascension. On en était à l’écriture d’un scénario dont je souhaitais qu’il s’inscrive moins comme un film de série B à l’américaine que comme un objet dans la ligne de Ice, le film américain ultra gauche que Robert Kramer a tourné dans le New-Jersey. Mes discussions avec le producteur de Bartelby n’ont pas abouti et, sans m’en avertir, Manchette en a profité pour éditer l’Affaire N’Gustro sous son seul nom.

Il avait une approche à la fois naturaliste et hollywoodienne du cinéma. Mais Bartleby l’a bluffé. Nous ne cessions de parler des Straub et de leur film Non Réconciliés, nous interrogeant sur la possibilité de refaire de l’art, notamment du cinéma critique. J.-P. Manchette s’en était approché quand il a donné un coup de main à un ami Robert Lapoujade qui bricolait son Socrate au jour le jour dans sa retraite de Seine-et-Marne. Le sujet était la crise du « maître à penser ». Ils ne se sont pas entendus. À son retour Jean-Patrick ne cessait de cracher sur le film et son auteur, au motif suffisant que Lapoujade était ami de Sartre. Le bougre n’a jamais été avare de mépris ! En fait, je l’ai compris après, il s’était pris les pieds dans le tapis. Robert avait été assez vigilant pour contrer les tentatives de putsch de son aide qui ne lui avait pas pardonné.

Mais mon ardent collègue est revenu de guerre avec Mésaventures et décomposition de la Compagnie de la Danse de mort et nous avons projeté d’en faire un film. J’ai fait en vain le tour des producteurs qui pouvaient s’intéresser à cette entreprise. Jusqu’à ce que le scénario obtienne l’avance sur recette et que Véra Belmont offre « charitablement » sa maison de production pour nous héberger. Mon jeune ami prit son élan pour engrener sa carrière et se désintéressa complètement du projet. Après avoir croqué sa part du gâteau, il voyait les difficultés à venir et estimait avoir d’autres lièvres à courir. Après leur avoir procuré un appart dans son immeuble, notre productrice était devenue l’amie des Manchette. Elle s’occupa de Jean-Patrick et lui mit le pied à l’étrier. Il avait choisi son camp, laissant à notre taulière les coudées franches pour bousiller la sortie du film.

Tourné en mars-avril 71, les Petits enfants d’Attila, réalisé sur pellicule kodak 16 mm, gonflé en 35 mm, propose une vision grotesque de la France de ces années-là. C’était une sorte de pantalonnade politique qui avait pour but de déconstruire, avec le cinéma, l’illusion du cinéma. En précisant que si on faisait du cinéma critique, il s’agissait de le faire doctement mais joyeusement. Si mon film n’a pas été à la hauteur de ses ambitions, c’est peut-être aussi bien : la décomposition du scénario, de sa mise en forme et du produit filmique lui-même était inscrite dans le projet.

Vous jugerez sur pièce.

La guerre d’Algérie et les affrontement de 68 n’étaient pas si loin, mais les années militantes s’éloignaient. Après un séjour à Cuba, notre Michèle Firk avait rejoint les maquis sud-américains. Assiégée dans une maison de Guatemala City par la police politique, elle se brûla la cervelle pour ne pas risquer de parler sour la torture. Dans ces années-là, les meilleurs d’entre nous avaient laissé leur peau. Quant aux autres, nous nous consumions dans tant d’aventures inachevées, de projets avortés ! Nous avions cru naître pour transformer éternellement le monde et la vie se chargeait de montrer à quel point c’était nous qui étions transformés et détruits.

Cédant à la dictature de la marchandise, certains ne résistèrent au plaisir d’être appointés par elle. Sans être résignés, nous nous sentions impuissants. Pourtant il y en avait d’autres aussi qui en Amérique latine, en Italie, en Allemagne, en France, n’avaient pas déposé les armes… Les Petits enfant d’Attila témoignent de l’impossibilité de se comporter d’une façon révolutionnaire en campant dans la sphère culturelle.

La guerre est ailleurs, féroce comme toutes les guerres. (JPBd)


21h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid. Jean-Pierre Lajournade

Cinéma, Cinéma de Jean-Pierre Lajournade/France/1969/14’/16mm

avec Jean-Pierre Lajournade, Fiammetta Ortega, Tobias Engel

Y a-t-il un cinéaste dans la salle ?CINÉMA, CINÉMA qui donne à voir et à entendre les déboires d’un metteur en scène aux prises avec le conformisme du public et les exigences des révolutionnaires propose une une question radicale : y aurait-il encore des innocents pour estimer que le cinéma est une arme capable de changer le monde ? Ce moyen d’agit-prop à la traîne des luttes sociales devient naturellement, quand la révolution s’installe, un art de propagande au service du nouveau pouvoir. (JPBd)


Le Joueur de quilles de Jean-Pierre Lajournade/France/1968/90’/35mm

Avec Hugues Autexier, Fiammetta Ortega, Jean-Pierre Lajournade

« Aucune chance de voir jaillir, sur les rares écrans occupés par Jean-Pierre Lajournade, du sang ou du sperme, ni d’assister à un spectacle (en opposition à la revendication que scande un groupe réuni sur le plateau de Cinéma Cinéma, qu’il a réalisé en 68). Et pas question non plus de donner à la révolte une dimension spectaculaire. C’est à rendre intenable la position de spectateur, comme celle de cinéaste, que le cinéma de Lajournade vise fondamentalement. Il s’agit de faire du cinéma de telle façon que le cinéma puisse s’arrêter à nouveau, dans le suspens d’une révolution possible. Rendre le cinéma impossible c’est contribuer à rendre possible la réalisation de l’impossible dans la vie. C’est là peut-être, l’actualité la plus vive de Mai 68 au cinéma, aujourd’hui et demain. » (Gérard Leblanc)

Jean-Pierre Bouyxou définit bien film ce radical, à la fois une cinglante remise en question du cinéma, féroce brûlot contre la sclérose idéologique, modèle de science-fiction totale. Avec ce chef d’œuvre inclassable et rebelle, Lajournade s’est affirmé un des cinéastes les plus remarquables de sa génération. (JPBd)


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mardi 13 avril 2010 à 14h30 :


Projections - Paris Libertaire

Séances composées en écho au colloque Anarchie et cinéma - Histoires, théories et pratiques des cinémas libertaires, organisé les 2 et 3 avril 2010, au Forum des Images, par Isabelle Marinone et Nicole Brenez

Forum des Images, Forum des Halles, 2 rue du cinéma, Métro Les-Halles ou Châtelet
RER-A,B,D Châtelet-les Halles


14h30

L'Agent a le bras long de Roméo Bosetti

France / fict. 1907 n&b 9min (vidéo)

La tournée d'un sergent de ville doté d'un bras extensible occasionne une course-poursuite aux "effets spéciaux" pour le moins artisanaux.

Un honnête homme de Ado Kyrou

France / fict. 1963 n&b 10min (35mm)

Une complainte d'inspiration surréaliste qui retrace la biographie imaginaire d'un jeune homme ambitieux, à l'aide de cartes postales de la belle époque accompagnées de vers de mirliton.

Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky

avec Bourvil, Jean Poiret, Francis Blanche

France / fict. 1963 n&b 1h24 (35mm)

Pour subvenir aux besoins de sa famille menacée de ruine, Georges devient, sur un appel divin, pilleur de troncs d'église. Mais la police veille… Joyeusement provocatrice et anticléricale, une comédie satirique menée sur un rythme enlevé.


16h30

Le Soulèvement de la jeunesse Mai 68 de Maurice Lemaître

France / Exp. 1968 coul. 28min (16mm)

Une juxtaposition audacieuse d'images et de sons, mêlant chants lettristes et commentaires d'actualité, composent ce film expérimental sur la révolte de Mai 68.

L'An 01 de Jacques Doillon

France / fict. 1972 n&b 1h30 (35mm)

« On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste » : cette fable utopique, écrite par Gébé, imagine les premiers mois d'une révolution douce, remettant en cause pèle mêle le travail, l'armée, le couple, l'école, la propriété... Un film en liberté où souffle encore l'esprit de Mai 68.


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mardi 20 avril 2010

Forum des Images, Forum des Halles, 2 rue du cinéma, Métro Les-Halles ou Châtelet
RER-A,B,D Châtelet-les Halles

14h30 :

Hôtel des invalides de Georges Franju

France / doc. 1952 n&b 22min (35mm)

Une visite du musée de l’Armée qu’abrite l’Hôtel des Invalides, sur les pas d’un guide aux commentaires savoureux. Un classique du court métrage au propos pacifiste.


"Ecoutez Jeanne Humbert"

Filmée chez elle, rue de Lota, et lors du banquet organisé pour ses 90 ans, la militante anarchiste Jeanne Humbert raconte son éducation libertaire et son engagement auprès d'Eugène Humbert contre les lois natalistes. De nombreux documents d'archives illustrent ses propos.

En présence de Bernard Baissat, réalisateurs et de Francis Ronsin, historien.

Le film sera suivi d'un débat avec des représentants d'Association de femmes.


document au format PDF : http://www.demosphere.eu/files/document ... 88-doc.pdf


16h30 :

L’Enfant prisonnier de Jean-Michel Carré

France / fict. 1976 coul. 24min (16mm)

A travers la journée d’un écolier parisien, Jean-Michel Carré dresse une critique virulente de l’école et de l’enseignement traditionnels, vus comme instruments de l’aliénation de l’individu.


Zazie dans le métro de Louis Malle

avec Philippe Noiret, Catherine Demongeot

France / fict. 1960 coul. 1h35 (35mm)

Zazie débarque à Paris chez son oncle, impatiente de prendre le métro. Mais il est en grève, et la tour Eiffel pas plus que le tombeau de Napoléon, cet enflé avec son chapeau à la con, ne parviennent à satisfaire l’indomptable fillette. Une adaptation au rythme échevelé du roman de Queneau.


21h00 :

Le Peintre néo-impressionniste de Emile Cohl

France / fict. 1910 muet coul. 7min (vidéo)

Dans son atelier, un peintre montre à un riche acheteur ses dernières œuvres. Les toiles se mettent à s’animer. Un bijou de virtuosité et de fantaisie.


Clovis Trouille de Alain Joguet

France / doc. 1971 coul. 23min (35mm)

En commentant quelques-unes de ses toiles, le peintre Clovis Trouille évoque ses idées anarchistes et anticléricales, et raconte ses relations avec le mouvement surréaliste.


Marquis de Henri Xhonneux

France / fict. 1989 coul. 1h19 (35mm)

En 1789, Marquis, écrivain à tête de chien, embastillé pour dépravation, n’a pour compagnon de cellule que Colin, son sexe parlant, à visage humain, qui rêve d’évasion. Leurs conceptions de l’amour et la liberté s’affrontent. Dédiée au Marquis de Sade, une savoureuse fable philosophique dont le génial Roland Topor a dessiné l’incroyable bestiaire


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Vendredi 23 avril


CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51 rue de Bercy – Paris 12ème – M° Bercy

CINÉMA D’AVANT-GARDE / CONTRE-CULTURE GÉNÉRALE


19h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.
En présence de Martine Boyer, Jean-Denis Bonan, Jacques Richard


Tristesse des anthropophages de Jean-Denis Bonan/France/1966/23’30’’/35mm (projeté en vidéo)

Produit par Jean Rollin

Je m’en voudrais de déflorer le pitch (oh ! l’horrible mot dont sont si friands les abjects script doctors au service de la machine à décerveler) de ce film hors norme et vous laisse le plaisir de le découvrir. (JPBd)

Un monde de merde et de mort évoqué par l’adolescent très retardé que j’étais à cette époque. Ce film a été interdit à tout public et à l’exportation par le Comité de censure qui siégeait alors au CNC. (Jean-Denis Bonan)


La Femme-Bourreau de Jean-Denis Bonan/France/1969/73’/16mm (extrait projeté en vidéo, sous réserves)

L’histoire d’un maudit dans une fiction faussement policière. il était une fois la souffrance... Ce film inédit n’a pas d’existence légale. (Jean-Denis Bonan)


Droit d’asile de Jean-Pierre Lajournade/France/1969/14’/16mm

avec Tobias Engel

Tobias a trouvé un asile précaire dans une caisse au milieu des poulets qu’il a assommés. Petit à petit, il prend conscience qu’il est mortel. Cette idée le désespère, l’obsède. Il en meurt. (JPBd)


Libre de ne pas l’être de Jean-Pierre Lajournade/France/1969/11’/16mm

avec Thierry Garrel

Extrait de sa caisse, l’acteur 777 fait l’apprentissage douloureux de la liberté avant de retourner dans le ventre originel. (JPBd)


La parole en deux de Patrice Enard/France/1974/20’/16mm


Les Écrans déchirés de Jacques Richard/France/1976/25’

Avec Michael Lonsdale, Fabrice Lucchini, Agathe Vannier

Que deviennent les acteurs lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes ? Comment déchirer l’écran du cinéma conventionnel ? (JPBd)


21h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.

Salut les copines de Jean-Loup Grosdard (alias Jean-Pierre Bastid) Luxembourg/1966/50’/35mm

Co-sénariste Jean-Patrick Manchette sous le nom de Michelangelo Astruc

Avec José Diaz, Hans Meyer, Dominique Erlanger, Pascale Cori-Deville, Joël Barbouth, Ghislaine Paulou , Valentine Pratz, Hamera, Ernst Mernzer, Jean Mazéas, Jean-Marie Estève

Il s’agit d’une pochade-pochetronnade que j’avais tournée dans la foulée et qui, pour son salut, avait battu d’entrée pavillon luxembourgeois. Deux films livrés pour le prix d’un. Vous êtes condamné à les voir. (JPBd)


Hallucinations sadiques de Jean-Pierre Bastid/France/1969/81’/35mm (extrait projeté en DVD)

Avec Daniel Gélin, Anouk Ferjac, Michel Subor, R.J. Chauffard, Jean-Claude Bercq, Sabine Sun

Les Fleurs du mal. J’avait écrit avec Yves Boisset un film que empruntait provisoirement son titre à Baudelaire. Robert de Nesles devait le produire Yves le réaliser. Le coût du film et son sulfureux contenu ont empêché son financement. Restait mon contrat avec de Nesles pressé de tourner un film pendant le mois d’août pour ne pas perdre une aide du CNC. Michel Martens qui avait une histoire intitulée FÊLURE, hommage à Francis Scott Key Fitzgerald (THE CRACK-UP) cherchait une maison pour passer l’été. De mon côté, j’avais trouvé pour le film le décor qui pouvait nous tenir lieu de vie. Il fut convenu par la production à laquelle s’était adjoint Henry Lange et nous-mêmes que le scénario pouvait et devait s’écrire au fil du tournage, ce qui n’était pas pour nous déplaire. À cela s’ajoutait l’obligation de tourner une version anglaise et un dialoguiste américain, Roy Lisker, rejoignit notre équipe. Trois semaines de préparation, quatre semaines de tournage et c’était parti…

En voici l’argument : la maîtresse de Charles a des hallucinations ; elle croit qu’Anne, la femme de son amant, la guette tous les jours. Or Anne est morte. Personne ne peut croire Clara. Le jour où elle découvre Anne devant sa porte, elle ne dit rien à personne. Mais Clara est retrouvée poignardée. Un inspecteur vicieux sorti de l’école de police du Mont d’Or et des poubelles de mai 68 se fait fort de découvrir l’horrible vérité...

M. de Nesles n’assista à la projection des rushes qu’au bout de deux semaines. Après avoir exprimé son juste courroux, il voulut pimenter l’histoire de quelques élucubrations dues à son génie de producteur. Nous eûmes des mots à propos de la formatation qu’il envisageait. Après lui avoir craché à la gueule, je fus forcé d’abandonner le tournage et l’équipe fut condamnée à continuer car notre monde n’admet généralement que soumission et résignation. Il y eut un procès que par la suite je gagnais mais, comme disait Kipling ceci est une autre histoire. (JPBd)


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Vendredi 30 avril


Soirée Anarchisme et cinema

Séances composées en écho au colloque Anarchie et cinéma - Histoires, théories et pratiques des cinémas libertaires, organisé les 2 et 3 avril 2010, à l'Institut National d'Histoire de l'Art, par Isabelle Marinone et Nicole Brenez - Université Paris I Panthéon Sorbonne.

19h30 Présentation du film par Isabelle Marinone, historienne du cinéma, enseignante à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, auteur d'une thèse intitulée « Anarchisme et cinéma en France » à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne.

La Cecilia de Jean-Louis Comolli

Fr.-It. / fic. vostf 1976 coul. 1h45 (35mm)

« La Cécilia : à la fin du XIXe siècle, des anarchistes italiens, dix hommes, une femme, libertaires, collectivistes, émigrent au Brésil pour y fonder une communauté sans chef, sans hiérarchie, sans patron, sans police, mais pas sans conflit, ni passion. Cette utopie d'hier convoque quelques-unes des questions brûlantes d'aujourd'hui : celle d'une organisation non répressive, celle de la circulation du savoir et du pouvoir, celle de la libération des femmes et de la lutte contre l'appareil familial. Les seuls rêves intéressants sont ceux qui mettent en crise le vieux monde et, en celui-là même qui rêve, le vieil homme. L'utilité des utopies se mesure aux résistances qu'elles rencontrent. » (Jean-Louis Comolli)

21h15 en présence de Lucio Urtubia (sous réserve)

Lucio (anarchiste, braqueur, faussaire… mais tout d'abord maçon)

d'Aitor Arregi et José Maria Goenaga

avec Lucio Urtubia et Roland Dumas

Esp. / doc. vostf 2007 coul. 1h33 (35mm)

Deux jeunes réalisateurs basques ont retracé avec brio le parcours incroyable de Lucio, paysan révolté contre le pouvoir franquiste, qui, exilé en France, mena une double vie : maçon le jour, génial faussaire la nuit, fournissant à tous les militants en fuite de l'extrême-gauche européenne faux passeports et travelers chèques falsifiés, permettant non seulement de financer les luttes clandestines mais aussi de déstabiliser des économies capitalistes, colosses aux pieds d'argile. Goya du Meilleur documentaire 2008.

Débat avec le public à l'issue de la projection


Forum des Images, Forum des Halles, 2 rue du cinéma, Métro Les-Halles ou Châtelet, RER-A,B,D Châtelet-les Halles


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Vendredi 7 mai


CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51 rue de Bercy – Paris 12ème – M° Bercy

CINÉMA D’AVANT-GARDE / CONTRE-CULTURE GÉNÉRALE

19h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.
En présence de Fanny Glissant


La machette et le marteau

de Gabriel Glissant/Guadeloupe/1975/70’/16mm

Ce film sans concession qui a bénéficié d’une énorme écoute à la télévision en a fermé irrémédiablement la porte à son réalisateur. (JPBd)


Film surprise


21h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.
Glauber Rocha et Juliet Berto

Claro de Glauber Rocha/Italie/1975/111’/35mm

Produit par Juliet Berto. Avec Juliet Berto, Carmelo Bene, Tony Scott, Luis Waldon

Une vision brésilienne de Rome. Selon les dires de Rocha, CLARO consiste en « une vision brésilienne de Rome ». Ou mieux, un témoignage du colonisé sur la terre du colonisateur : « Je voulais voir clair dans les contradictions de la société capitaliste de notre temps. Par exemple, il me semble très clair le moment dans lequel, à la conclusion du film, les gens pauvres occupent l’écran : le peuple doit occuper l’espace qui lui a été pris pendant des siècles d’oppression. »

Auteur de l’une des œuvres cinématographiques les plus considérables et les plus polémiques du cinéma brésilien, après six ans d’exil en Europe, Glauber Rocha réalise en Italie CLARO, objet inattendu et à l’époque très mal perçu où la fiction se confond avec le documentaire autobiographique. La nostalgie de l’exil distingue CLARO des autres films du réalisateur. Cette nostalgie, matérialisée dans l’interaction de l’image et du son, réinvente le politique. Le Brésil, d’abord l’objet d’un souvenir nostalgique, devient remembrance mélancolique, comme si la distance creusait une perte irréparable et irréversible. La superposition des images fait éclater une écriture ancré aux racines du Cinema Novo, crée un nouveau style renvoyant au théâtre baroque de Carmelo Bene puis, cotoyant le néoréalisme italien, apprivoise la Nouvelle Vague version Godard. Genres, images et langues transitent dans l’espace qui lui-même se métamorphose.

Pour la première fois, le film marque également la présence de Rocha devant la caméra en qualité de personnage et de réalisateur. À la fois sujet du film et narrateur, il traverse incessamment les frontières, comme dans la première séquence du film, alors qu’il donne la réplique à Juliet Berto tout en dirigeant les prises de vue faites par le caméraman. Ce film vit sur la pulsion, emporté dans la transe qui meut l’existence trépidante de son auteur. Dans un témoignage recueilli par l’acteur Patrick Bauchau et filmé en vidéo amateur en avril 1981 à Sintra, au Portugal, quatre mois avant la mort de Rocha, Glauber lui dira : « Mourir du cœur à cause d’une vie agitée, mais révolutionnaire comme ma vie, ne sera pas très gênant dans un contexte historique. » (JPBd)
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Festival du film militant et libertaire à Chambéry

Messagede Pïérô » 06 Fév 2015, 01:47

Festival du film militant et libertaire à Chambéry

7 et 8 février 2015
Salle Polyvalente de Mérande, 6 Avenue Docteur Desfrançois, 73000 Chambéry


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Samedi 7 fevrier

(13h30) - Accueil et café

(14h) - Ambiance Bois : Le film raconte l’histoire d’une alternative réussie face au modèle dominant de l’entreprise, faite d’aventures humaines,de parcours très divers qui ont pour point commun le désir de prendre sa vie en main et lui donner un sens.

(16h30) - Busqueda Piquetera : Les manifestations, émeutes et pillages de décembre 2001 ont révélé à la scène internationale la grave crise économique que traverse l’Argentine. Cependant dès le milieu des années 90, les licenciements massifs ont poussé les plus pauvres à s’organiser collectivement pour faire face à la misère. En dehors des structures syndicales ou politiques, apparaissent des mouvements de chômeurs et les premiers "piquetes" blocage de routes. A travers cette nouvelle pratique se développe une forme d’organisation basée sur l’horizontalité et une recherche constante d’autonomie face aux institutions.

(19h) - Repas végétarien autogéré et prix libre avec La Marmite


Dimanche 8 fevrier

(14h) - La Stratégie du Choc : Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d'état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.
Friedman, soutenant l'ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d'imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n'aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc.
Naomi Klein la qualifie de "stratégie du choc".
En utilisant de nombreuses images d'archives, Michael Winterbottom et Mat Whitecross démontrent la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.

(16h30) - L'an 01 : Le film narre un abandon utopique, consensuel et festif de l'économie de marché et du productivisme. La population décide d'un certain nombre de résolutions dont la 1ère est "On arrête tout" et la 2ème "Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable". L'entrée en vigueur de ces résolutions correspond au premier jour d'une ère nouvelle, l'an 01.
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Cinémas libertaires

Messagede bipbip » 22 Oct 2015, 14:10

Jeudi 22 octobre 2015 à Paris

Rencontre
Les cinémas libertaires

À l'occasion de la parution du livre « Cinémas libertaires : au service des forces de transgression et de révolte », sous la direction de Nicole Brenez et Isabelle Marinone. De nombreux cinéastes et plasticiens ont contribué à cet ouvrage.

Cette rencontre exceptionnelle rassemble plusieurs créateurs : Bernard Baissat, Jean-Pierre Bouyxou, Pascale Cassagnau, Michèle Collery, Yves-Marie Mahé, Vladimir Perisic ; ainsi qu’Antoine Barraud et F.J. Ossang (sous réserve).

Animé par Nicole Brenez et Isabelle Marinone, ce rendez-vous propose par ailleurs des extraits de films rares.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

à 19h15, La bibliothèque du cinéma François Truffaut
Forum des Halles, 4 rue du cinéma, 75001Paris, France

http://www.forumdesimages.fr/les-progra ... tobre-2015



Cinémas libertaires
Au service des forces de transgression et de révolte

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"Puisque s'avérait photogénique ce qui bouge, ce qui mue, ce qui vient pour remplacer ce qui va avoir été, la photogénie, en qualité de règle fondamentale, vouait d'office le nouvel art au service des forces de transgression et de révolte." Jean Epstein, Le Cinéma du Diable (1947).

Les contributeurs de cet ouvrage, parmi lesquels de nombreux cinéastes et plasticiens, explorent le corpus méconnu des films issus des idéaux libertaires, depuis la lutte armée jusqu'aux pensées de la non-violence. Il décrit la diversité des pratiques inventées par les réalisateurs engagés ; les formes spécifiques nées de films revendiquant une action concrète, que celle-ci soit d'ordre révolutionnaire, pédagogique ou simplement émancipatrice ; les puissances de déplacement, de destruction et de proposition théorique dynamisées par l'esprit anarchiste. Il met en circulation des documents rares ou inédits concernant l'histoire des cinémas libertaires et la parole de certaines de ses figures parmi les plus créatrices, enthousiasmantes, libératrices.

Édition Première édition
Éditeur Presses Universitaires du Septentrion

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Re: Cinémas libertaires

Messagede Pïérô » 27 Déc 2015, 12:43

Festival du film militant et libertaire à Chambéry

16-17 Janvier 2015

à la Maison de Quartier de Chantemerle
213 chemin de Saint Ombre à Chambéry

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Pour la seconde année, nous vous proposons un week-end autour de plusieurs films documentaires et d'une fiction. Luttes, action directe, autogestion, expérimentation, alternative en actes, voilà des mots qui prennent corps dans les documentaires que l'on vous réserve et peut-être dans les échanges qui suivront chaque projection.

Les enfants sont les bienvenus. Un espace leur est réservé avec des projections de films d'animation + Atelier philo avec Yannis Youlountas le samedi à 17H.

Repas le samedi soir avec la Marmite : cantine autogérée végétarienne et prix libre !!! Venez filez un coup de main dès 10h :-)
Tout le WE : crèpes, librairie libertaire…

Détails programme : https://fa73.lautre.net/?page=Article&idArt=109
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Re: Cinémas libertaires

Messagede Pïérô » 06 Fév 2016, 12:18

Paris, samedi 6 février 2016

Cinémas libertaires :
Au service des forces de transgression et de révolte


à 16h30, Publico, librairie du Monde libertaire, 145 rue Amelot, Paris 11e

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A l'occasion de la parution du livre Cinémas libertaires : Au service des forces de transgression et de révolte, ouvrage collectif sous la direction de Nicole Brenez et Isabelle Marinone (Presse universitaire du Septentrion) nous vous invitons à une rencontre-débat avec Isabelle Marinone.

Les contributeurs, parmi lesquels de nombreux cinéastes et plasticiens, explorent le corpus méconnu des films issus des idéaux libertaires, depuis la lutte armée jusqu'aux pensées de la non-violence. Cet ouvrage décrit la diversité des pratiques inventées par les réalisateurs engagés ; les formes spécifiques nées de films revendiquant une action concrète, que celle-ci soit d'ordre révolutionnaire, pédagogique ou simplement émancipatrice ; les puissances de déplacement, de destruction et de proposition théorique dynamisées par l'esprit anarchiste. Il met en circulation des documents rares ou inédits concernant l'histoire des cinémas libertaires et la parole de certaines de ses figures parmi les plus créatrices, enthousiasmantes, libératrices.
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Re: Cinémas libertaires

Messagede bipbip » 04 Mar 2016, 14:14

Cinéma anarchiste : pistes de réflexion sur la production de la CNT pendant la Révolution espagnole

L’Histoire culturelle de l’anarchisme demeure encore trop souvent une inconnue ! En effet, on a, somme toute, assez peu écrit sur la vie culturelle des anarchistes, sur l’esthétique libertaire au regard des publications sur l’Histoire de l’anarchisme, sur l’idéologie envisagée stricto sensu. Pour cette raison, je souhaite aborder ici un aspect original et significatif de l’Histoire de l’anarchisme espagnol, la production cinématographique de la Confédération Nationale du Travail, l’organisation anarcho-syndicaliste, qui réalisa de nombreux films, et pas seulement des documentaires mais aussi des fictions, entre 1936 et 1938, dans le cadre des Collectivisations.

Au moment du soulèvement des généraux félons contre la République espagnole, les deux foyers de la production cinématographique étaient Madrid et Barcelone. C’est par conséquent essentiellement dans ces deux villes, les plus importantes d’Espagne mais aussi celles qui resteront le plus longtemps dans le camp anti-franquiste, que se concentra l’activité cinématographique du camp républicain. Chaque parti, chaque organisation syndicale possédait son propre appareil de propagande et de production cinématographique. Et les anarcho-syndicalistes de la CNT ne seront pas en reste puisque plus de quatre-vingt films seront réalisés pour les seules années 1936 et 1937, notamment à Barcelone où la collectivisation de l’économie est en marche. Le secteur du cinéma passe donc ainsi de l’économie de marché à une socialisation des moyens de production contrôlés par la centrale anarcho-syndicaliste, laquelle, dans la foulée, met sur pied un Bureau d’Information et de Propagande. Pour les anarchistes, le cinéma est un excellent instrument de propagande, “il doit incarner l’esprit de la Révolution” déclare alors le réalisateur anarchiste Mateo Santos, auteur d’un des tous premiers documentaires de propagande Reportaje del movimiento revolucionario. Le cinéma se trouve investi d’une mission idéologique et doit être l’un des agents les plus actifs de la Révolution prolétarienne.

Les deux premières années de la Révolution témoignent ainsi d’une véritable frénésie filmique, cela correspond à la période de l’hégémonie anarcho-syndicaliste en Catalogne. On envoie des opérateurs un peu partout mais surtout sur le front, on filme beaucoup pour les besoins des reportages de guerre notamment mais aussi pour les Actualités que projettent les cinémas avant le film principal. De fait, pendant la guerre, les salles de spectacles ( cinémas, théâtres, cirques...)ne désemplissent pas.

Le secteur cinématographique, et dans une plus large mesure les spectacles publics, s’inscrit alors pleinement dans le processus des collectivisations : à Barcelone, le SUEP (syndicat unique des spectacles publics), créé par la CNT dès 1930, organise la production. Dès sa création le SUEP joue un rôle important dans le secteur des spectacles puisque quasiment l’ensemble de la profession y adhère : Celui-ci regroupe acteurs, machinistes, ouvreurs, opérateurs de cinéma, décorateurs...En comparaison, le nombre de professionnels qui adhère à l’UGT (le syndicat socialiste, très proche du PSOE) est faible.

À Madrid, la CNT avait réquisitionné six théâtres et seize cinémas en juillet 1936 mais elle était loin de tout contrôler comme dans la capitale catalane où celle-ci jouait véritablement un rôle moteur.

Cependant, entre le début de la guerre et janvier 1937, est créé à Madrid le SUICEP, syndicat anarchiste qui gérait les salles de spectacles, et parallèlement se constitue une petite équipe de tournage et de production sous l’égide d’Armand Guerra, qui réalisera deux films documentaires de la série Estampas guerreras . On lira avec profit son témoignage sur cette période dans son livre A travers la mitraille, il y fait notamment le récit des tournages sur le front.

La création récente du SUICEP, à la différence du SUEP de Barcelone qui bénéficiait d’une assez longue préparation, les difficiles conditions de production (on se bat à Madrid, la guerre est aux portes de la ville, les bombes ne cessent de tomber...), ainsi qu’un rapport de forces moins hégémonique pour la CNT madrilène qui dut conclure un accord avec l’UGT, la centrale syndicale socialiste, tous ces facteurs peuvent expliquer pourquoi la production cénétiste fut numériquement moins importante à Madrid qu’à Barcelone. Retenons au passage le nom d’Antonio Polo qui fut chargé de réorganiser la production de la CNT madrilène et dont l’activité militante semble avoir été efficace, en dépit de sa méconnaissance quasi totale du monde du cinéma, comme il le reconnut lui-même plus tard. A Madrid, le poids de la CNT se trouve sérieusement affaibli dès février 1937. Cependant, celle-ci réalisera en 1938 une comédie libertaire, Nuestro culpable, qui témoigne d’une certaine vitalité et qui constitue un témoignage cocasse dans le panorama cinématographique anarchiste plus coutumier des documentaires de propagande et des reportages sur le front que des comédies. Le film se voulait précisément une alternative aux films de propagande dont le public était saturé. Les critiques de certains militants ne manquèrent pas, comme en témoigne la presse anarchiste de l’époque. Ils ne virent dans ce film qu’une comédie frivole peu conforme à l’esprit révolutionnaire et au climat de guerre. Il s’agit d’un film d’une qualité moyenne mais qui, néanmoins, présente l’intérêt de reprendre des thèmes chers à l’anarchisme espagnol : satire du mode de vie capitaliste, petitesse de la mentalité bourgeoise, éloge de l’amour libre, critique du rôle pernicieux de l’argent...certains aspects du film ne sont pas sans rappeler le film français de René Clair au ton si libertaire : A nous la liberté ! (1931).

À Barcelone, les cinémas avaient repris leurs activités dès le 9 août 1936. Ils seront collectivisés jusqu’à la fin de 1937, quand la CNT s’effacera de plus en plus devant l’influence croissante et pernicieuse des staliniens du PSUC (section catalane du Parti communiste espagnol) d’une part et de l’UGT d’autre part. Le temps jouera contre la CNT, on le sait, d’une Espagne rouge et noire, on passera bientôt à une Espagne rouge couleur terre de Moscou ou rouge sang ! Néanmoins, pendant la période qui va de juillet 1936 à fin 1937, la cité catalane fut le témoin de l’exceptionnelle vitalité cinématographique des anarcho-syndicalistes.

Dans la cinématographie libertaire, les documentaires occupent la plus grande place. Quelques fictions sont parvenues jusqu’à nous, et témoignent ainsi de la particularité de ce cinéma car il s’agit de films dégagés des contingences imposées par l’a Actualité immédiate et qui constituent de ce fait des documents de premier ordre pour qui s’intéresse à l’Histoire de la culture anarchiste. Au moins cinq films de fiction ont été réalisés par le SUEP (qui deviendra par la suite SIE Films de Barcelone) en 1937 et 1938 : Aurora de esperanza, Barrios bajos, Liberación, Nosotros somos así, Paquete, el fotógrafo número uno et No quiero... no quiero.

Tous ces films ne sont pas de qualité égale. Les deux premiers furent accueillis froidement par les anarchistes eux-mêmes, c’est sans doute injuste, dans Aurora de esperanza et Barrios bajos on est proche du réalisme poétique français mais on perçoit aussi certains signes annonciateurs du néoréalisme italien. Antonio Sau réalisa Aurora de esperanza, son premier long métrage, qui a la particularité d’être le premier film de fiction réalisé par des anarchistes dans le cadre d’une société en partie autogérée. Armand Guerra avait réalisé une fiction avant la guerre, Carne de fieras, mais le film resta inachevé et ne sortit jamais en salles. Pedro Puche réalisa Barrios bajos en s’inspirant de la pièce de théâtre éponyme de Luis Elías. Force est de reconnaître que le film relève plus du feuilleton mélo que d’un véritable cinéma social. Il était manifestement difficile de concilier idéologie et esthétique !

Précisément, l’esthétique anarchiste n’en resta pas à ces tentatives de cinéma social. Avec Nosotros somos así , la CNT et le réalisateur Valentín R. González donnaient dans la comédie musicale et enfantine puisque le film tourne autour de la prise de conscience révolutionnaire d’un rejeton de la bourgeoisie. On est en présence d’un véritable objet cinématographique non identifié qui témoigne d’une certaine “folie” créatrice. Quoi qu’il en soit, voilà un moyen métrage tout à fait original davantage dans sa forme reconnaissons- le, que sur le fond. Le même Valentín R. González réalisa en 1937 un court métrage de propagande, La silla vacía (La chaise vide) sur le Consejo de Aragón et les conditions de vie sur les fronts de Caspe et de Belchite. Puis, sans transition aucune, le film quitte le domaine des images documentaires et nous présente l’histoire d’un jeune homme oisif qui, à la vue des blessés revenant du front, se porte volontaire pour entrer dans les milices anarchistes et qui finalement meurt lors d’un combat contre les nationalistes. Destin édifiant mais les belles histoires ne font pas toujours de bons films ! Le mérite de ce court métrage réside davantage dans la remise en question de la structure du documentaire classique, en rejetant le montage chronologique et traditionnel des images. En 1936, le film Bajo el signo libertario ( Sous le signe libertaire), ouvrait déjà la voie au documentaire- fiction. Les caméras du SUEP filmaient les collectivisations dans le village aragonais de Pina de Ebro, certaines scènes étant jouées par des acteurs professionnels.

De tels films faisaient preuve d’une réflexion sur l’outil cinématographique et sur son utilisation plus ou moins idoine (je l’affirme avec un recul de plus de soixante ans, c’est indéniablement plus facile) à des fins de propagande. Ce genre hybride du documentaire-fiction m’apparaît comme un trait singulier de la production d’alors, que l’on ne retrouve pas si affirmé dans le cinéma des autres organisations politiques du camp républicain.

Par contre, d’autres films ne sont pas exempts de défauts, bavards, on ne peut plus didactiques ou carrément maladroits pour les plus idéologiques.

Parfois l’émotion peut être très sincère comme dans le film sur l’enterrement de Durruti à Barcelone, où l’on voit une foule immense qui accompagne le cercueil du célèbre leader des milices populaires.

Voir et étudier la production cinématographique de la CNT pendant la Guerre Civile est un bon moyen d’approcher la culture anarcho-syndicaliste espagnole à un moment charnière de son Histoire, quand une autre société devenait possible et lorsque se dessinait sur les écrans un Autre Futur. Dans le domaine du cinéma en particulier, l’autogestion fut une expérience humaine riche et originale. La pertinence de ces documents filmiques pour la compréhension de la Guerre Civile et de l’anarchisme espagnol est indiscutable.

Orientations bibliographiques et audiovisuelles :

En français, on peut lire avec profit l’étude synthétique de Marcel Ohms, La guerre d’Espagne au cinéma, mythes et réalités, 1986. Plusieurs pages sont consacrées aux documentaires anarchistes, notamment dans Mythe et portrait de Durruti.

Signalons surtout la commercialisation récente de quatre cassettes vidéos qui permettent ainsi un accès direct aux films : Les fictions de la CNT, Les Films du village (Nosotros somos Así, Aurora de esperanza, Barrios bajos, Nuestro culpable).

En espagnol, les ouvrages ayant trait au cinéma anarchiste sont logiquement un peu plus nombreux. Je citerai le plus complet d’entre-eux : El cine en la España republicana durante la Guerra civil, de Ramón Sala Noguer, 1993. Plus ancien mais toujours intéressant : Román Gubern, La guerra de España en la pantalla, 1986.

Stéphane Pelletier

(publié dans les Temps Maudits,n ° 10, juin 2001)

http://www.fondation-besnard.org/spip.php?article363
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Re: Cinémas libertaires

Messagede bipbip » 05 Mar 2016, 14:33

Les cinémas libertaires

Les cinémas libertaires transgressent l’ordre existant avec ses normes et ses contraintes. Historique, expérimental et même érotique, il s’exprime dans une joyeuse diversité.

Le cinéma ne se réduit pas à une industrie de divertissement. Il existe aussi une tradition libertaire au sein du cinéma. Des films proposent un regard anarchiste sur le monde. Ils développent une critique des autorités, des institutions, de la répression. Ils proposent une critique de l’ordre existant et recherchent une perspective émancipatrice.

Le cinéma libertaire s’inscrit dans le sillage des avant-gardes artistiques, desdadaïstes, des surréalistes ou des situationnistes. C’est un cinéma minoritaire et marginal mais qui exprime le point de vue de ceux qui sont dépossédés des appareils institutionnels. Un livre collectif explore la diversité des Cinémas libertaires.

... http://www.anti-k.org/2016/02/26/les-ci ... bertaires/
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Festival du film militant et libertaire, Chambéry 3-4 déc

Messagede Pïérô » 02 Déc 2016, 20:19

Festival du film militant et libertaire à Chambéry

3 et 4 décembre 2016

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Pour la troisième année, nous vous proposons un week-end autour de plusieurs films documentaires et fictions. Luttes, féminisme, autogestion, expérience concrète, antifascisme voilà des mots qui prennent corps dans les documentaires que l'on vous réserve et peut-être dans les échanges qui suivront chaque projection.

Les enfants sont les bienvenus. Un espace leur est réservé avec des projections de films d'animation !

Repas le samedi soir avec la Marmite : cantine autogérée végétarienne et prix libre !!! Venez filez un coup de main dès 10h :-)
Tout le WE : crèpes, librairie libertaire…

A l'occasion des 80 ans de la révolution sociale et libertaire en Espagne, l'exposition "Les affiches des combattant-e-s de la liberté" est installée à la Maison de quartier de Chantemerle et visible durant tout le festival.


Au PROGRAMME :

SAMEDI 3 Décembre :

14H00 : ACCUEIL / CAFÉ

- 15H00 : VIVRE L'UTOPIE
Révolution libertaire espagnol de 1936, une trentaine d’anciens militants anarchistes témoignent de la résistance au fascisme et de l’application concrète de l’anarchisme par plusieurs millions de personnes en Catalogne et en Aragon.
2007, Réalisé par Juan Gamero, F. Rios, Mariona Roca, Mitzi Kotnik, Durée : 1h34

- 18H00 : LA GUERRE DES FILLES
De Paris à Kobané, en Syrie, du Kurdistan de Turquie au Sinjar en Irak, une immersion dans le mouvement des femmes kurdes luttant contre Daech, héritières d'une longue tradition de résistance. Leur slogan ? "Femmes ! Vie ! Liberté !"
2016, Réalisé par Mylène Sauloy , Durée : 55min

20H00 - Repas avec La Marmite pour finir la journée


DIMANCHE 4 décembre :

- 14H00 : LES DÉPOSSÉDÉS en présence du réalisateur "Antoine Costa"
Le capitalisme a véritablement crée des richesses.
Il a su en trouver là où l’on n’en voyait pas.
Ou plutôt, il a créé de la valeur là où l’on ne voyait que des richesses.
En monétisant la nature, en donnant une valeur à chaque chose, un prix à la biodiversité, il achève dans un même mouvement de la saccager en la protégeant.
2015, Réalisé par Antoine Costa, Durée : 48min
Site officiel du Film

- 16H30 : LOUISE MICHEL
Quelque part en Picardie, le patron d'une entreprise de cintres vide son usine dans la nuit pour la délocaliser. Le lendemain, les ouvrières se réunissent et mettent le peu d'argent de leurs indemnités dans un projet commun : faire buter le patron par un professionnel.
2008 , Réalisé par Gustave Kervern et Benoît Delépine, Durée : 1H34

Rendez vous à la Maison de Quartier de Chantemerle
213 chemin de Saint Ombre à Chambery

http://fa73.lautre.net/?page=Article&idArt=205
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Re: Cinémas libertaires

Messagede Pïérô » 03 Fév 2017, 17:03

Montréal
Appel à soumission pour le festival de films anarchistes 2017

Le Festival du film anarchiste sera de retour pour sa troisième édition dans le cadre du mois de l’Anarchie en mai 2017! Le Collectif de Projections insurgées coordonne le FFA avec l’objectif de promouvoir les médias radicaux indépendants et les espaces où les discussions et les idées subversives peuvent fleurirent. Cette année, nous organiserons le FFA au cours de la 2ème fin de semaine de mai, avec plusieurs soirées de projections thématiques. Nous lançons l’appel à soumissions de films dès maintenant !

Cette année, nous voulons particulièrement encourager les membres de communautés radicales, les personnes autochtones, racisées, femmes/queer/trans*, à réaliser des films sur des sujets qui vous préoccupent pour le festival de film anarchiste. Pas besoin d’être assermenté par l’industrie pour pouvoir créer des films radicaux ! (Si vous choisissez de réaliser un film pour le FFA et que vous rencontrez des défis techniques en court de route, vous pouvez nous écrire pour nous demander conseil).


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Conditions de soumission
-Les films peuvent être en français, en anglais ou en espagnol ou sous-titrés dans une de ces langues
-Remplir le formulaire de soumission :
-Nous allons prioriser les films en libre diffusion
-Les films soumis n’ont pas besoin d’avoir été réalisés ou produits par les personnes qui font la soumission!

Qu’est-ce qu’un film anarchiste ? Qu’est-ce que je peux soumettre comme film ?

À vous de décider! Nous accepterons les films de fiction et de non-fiction, long ou court métrage, amateur ou professionnel qui contribuent à fomenter des idées subversives et émancipatrices, que ce soit dans le contenu ou dans la forme. Nous n’accepterons aucun film faisant la promotion d’idées ou d’actions sexistes, racistes, capacitistes, homophobes/transphobes ou glorifiant les systèmes capitalistes, impérialistes, coloniaux…

Suggestions de thèmes (ce ne sont que des idées, ne vous restreignez pas à ça…)
-Films DIY
-Féminismes
-Anti-racisme et anti-fascisme
-Anti-colonialisme/impérialisme et luttes pour le territoire
-Anti-Civ et écologisme(s)
-Mouvements queer/trans et sexualité(s)
-Mouvements sociaux et moyens d’actions
-Communautés radicales, anarchismes et anti-autoritarismes
-Solidarité avec les luttes d’ici ou d’ailleurs
-ETC

Pour soumettre un film :
• Une copie numérisée ou papier du formulaire de soumission
• Un lien visionnable et/ou téléchargeable du film, incluant les codes d’accès, dans la meilleure qualité possible;
• ET/OU deux copies en format DVD à l’adresse indiquée dans le formulaire de soumission. Assurez-vous d’y indiquer les noms du(des) réalisateur(s)trice(s) et du film directement sur les DVD.

CONTACT : Pour nous envoyer une copie DVD du film ou le formulaire format papier utilisez cette adresse et indiquez ”POUR PROJECTION INSURGÉES” sur l’enveloppe.
GRIP-Concordia
c/o Université Concordia
1455 de Maisonneuve O.
Montréal, Québec H3G 1M8

**Nous ne répondrons pas aux emails avant avril, étant donné que nous sommes une petite équipe de militant.e.s non payé.e.s**

Le collectif Projections Insurgées à été créé à soi-disant «Montréal» au printemps 2014 par Médi@s Libres, SubMedia.tv et Ni Québec, ni Canada. Nos évènements sont enracinés dans des principes anticapitalistes, anticolonialistes, antipatriarcaux et non-autoritaires. Écrivez-nous au projectionsinsurgees@riseup.net et vous pouvez également nous suivre sur Facebook https://www.facebook.co/insurgentprojections.

Site web : https://projectionsinsurgees.wordpress.com/

Écrivez-nous si vous voulez aider à l’organisation du FFA 2016 !

FORMULAIRE
formulaire-festival-de-films-anarchistes-20171
https://projectionsinsurgees.files.word ... -20171.pdf
form-anarchist-film-festival-2017-1
https://projectionsinsurgees.files.word ... 2017-1.pdf

https://projectionsinsurgees.wordpress. ... estival-d/
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