Noir desir, Cantat

Re: Noir desir

Messagede Vilaine bureaucrate » 26 Nov 2008, 15:15

Bon j'y suis allée, je revise et me fais assez chier..

et bouhhh.. Kuhing....

"les ménages": beurkk........................

"la passion amoureuse - crime passionnel- névrotique" : aucun rapport!

et pourquoi chercher des excuses?
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede Lila » 03 Déc 2017, 18:32

Un membre de Noir Désir révèle l'omerta autour du comportement violent de Cantat

Y a-t-il eu une omerta autour du comportement violent de Bertrand Cantat ? C'est ce que révèle jeudi le magazine Le Point dans une enquête fouillée sur le chanteur, condamné en 2004 à huit ans de prison pour le meurtre de la comédienne Marie Trintignant, et qui vient de sortir un nouvel album.

Sa femme Kristina nie avoir reçu des coups. Après la mort de Marie Trintignant, un procès s'est ouvert à Vilnius, en Lituanie, là où la comédienne était morte, sous les coups de Bertrand Cantat. Les anciennes petites amies du chanteur et sa femme Kristina Rady, dont Cantat s'était séparé en 2002, sont alors interrogées. Mais à l'époque, Kristina Rady nie avoir subi des coups. Elle est un soutien indéfectible à Cantat et se remet même en couple avec lui à sa sortie de prison en 2007, le chanteur ayant bénéficié d'une remise de peine pour conduite exemplaire.

"Nous étions tous sous son emprise". Mais selon un membre du groupe Noir Désir, Kristina Rady a menti au moment du procès de Bertrand Cantat. Pire, elle lui aurait demandé ainsi qu'aux autres membres du groupe de cacher ce qu'ils savaient. "Elle ne voulait pas que ses enfants sachent que leur père était un homme violent. Je savais qu’il avait frappé la femme avec qui il était avant Kristina. Je savais qu’il avait tenté d’étrangler sa petite amie, en 1989. Je savais qu’il avait frappé Kristina. Mais ce jour-là, nous avons tous décidé de mentir. Nous étions tous sous son emprise. Et nous pensons qu’il se soignerait", explique-t-il dans les colonnes du Point assurant avoir essayé de parler au chanteur et l'avoir supplié d'aller voir un psy. Ce dernier lui aurait alors répondu : "Je n'ai pas un problème avec les femmes, ce sont les femmes qui ont un problème avec moi".

Le musicien ajoute que les membres du groupe Noir Désir n'étaient pas les seuls à savoir que Bertrand Cantat était violent. "Beaucoup de gens dans le milieu bordelais savaient que Kristina avait été battue avant l’affaire Vilnius, mais ils se sont tus". Des propos confirmés par un journaliste bordelais.

"C'est un pervers narcissique". Le magazine précise par ailleurs que Kristina Rady a également été agressée par le chanteur après sa sortie de prison. Ne supportant pas qu'elle le quitte pour un autre homme, il l'aurait harcelée, puis menacée. Une voisine raconte également avoir caché les enfants de Kristina Rady : "Clairement, elle les laissait chez nous pour les protéger. Je n'ai aucun doute là-dessus. Elle avait peur que son mari ne vienne la chercher violemment. Kristina semblait être à la fois sous emprise, amoureuse, tiraillée, perdue", témoigne-t-elle.

Le Point retranscrit aussi le contenu du message vocal laissé par Kristina Rady sur le répondeur de ses parents, en 2009. Elle décrit des violences physiques et psychologiques et raconte qu'à plusieurs reprises "elle a échappé au pire"."J'espère qu'on va pouvoir s'en sortir et que vous pourrez encore entendre ma voix, et sinon, alors vous aurez au moins une preuve que…" ajoute-t-elle. Le 10 janvier 2010, Kristina se suicide. "C'est un vrai pervers narcissique. Il est très charismatique", ajoute le membre de Noir Désir au Point. "Quand il entre dans une pièce, il absorbe toute l'énergie. Après, il vous tient."

la suite : http://www.europe1.fr/societe/un-membre ... 507650.amp
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Messagede Lila » 18 Mar 2018, 23:39

Bertrand Cantat en concert à Clermont-Ferrand : Osez le Féminisme se mobilise

En annulant sa tournée des festivals d’été, Bertrand Cantat pensait mettre fin à la polémique liée à son retour sur scène, mais la pression subsiste. Deux concerts sont programmés à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand les 17 et 18 mars. L’association Osez le Féminisme se mobilise.

à lire : https://france3-regions.francetvinfo.fr ... 39555.html


Olivier Marchal interpelle sèchement Bertand Cantat sur Instagram: "Ferme ta gueule et fais-toi oublier

Olivier Marchal ne mâche pas ses mots. Quelques heures seulement après l'annonce du retrait de Bertrand Cantat de tous les festivals d'été dans lesquels il devait se produire, le réalisateur de "36 Quai des Orfèvres" prend à partie l'ex-chanteur de Noir Désir dans un post Instagram bouillonnant.

à lire : https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/1 ... _23384415/
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede bipbip » 23 Mar 2018, 01:49

Bertrand Cantat en concert à Lyon le 21 mars : pourquoi nous demandons l’annulation ici et ailleurs

Une trentaine de manifestant.es rassemblé.es devant le concert ont été écarté.es par les vigiles

photos https://rebellyon.info/Bertrand-Cantat- ... e-21-18854
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede Lila » 25 Mar 2018, 20:23

Le petit bout de la lucarne

Encore Cantat


Dans l’absolu, je ne changerai pas une virgule du texte que j’avais écrit au sujet de Bertrand Cantat, il y a 10 ans. Par contre, j’ai bien noté depuis que, comme souvent, la prison n’a pas réellement conduit le condamné à une remise en question, une contrition ou surtout, un changement de paradigme quant à sa relation au monde. Le gars a continué à cogner les femmes et à se penser comme victime.

Ce qui pose en premier la question de l’adéquation de la peine : je ne vois pas à quoi sert l’incarcération si elle n’est pas assortie d’une démarche visant à rééduquer l’homme violent. Il y a eu, sur France Culture, une excellente série documentaire sur la thérapie conjointe des hommes violents et de leurs victimes, un reportage énorme où l’on comprend qu’il faut déjà du boulot pour que les bourreaux de femmes et d’enfants laissent tomber le déni et commencent à assumer leurs actes, non pas quelque chose de magique qui tombe du ciel au moment où se referment les portes du pénitencier.

Ensuite, on a bien le souci évident de la récidive de la part d’hommes qui se pensent comme des victimes et pas du tout comme des coupables. Dans le cas de Cantat, il y a une grosse présomption du fait que, sans lui, son autre femme serait encore vivante. Et il est de plus en plus clair que pour lui, imposer sa volonté à une femme n’est pas réellement un problème, aujourd’hui encore. De ce point de vue, son personnage d’artiste torturé tendance maudit, il peut se le carrer au cul.

Pas besoin de censure : le boycotte suffit largement

Enfin, le dernier problème soulevé par le retour de la revanche du Cantat est celui de la censure.
Je suis encore et toujours contre. Je trouve toujours détestable cette idée hautement absurde que certains seraient plus habilités que d’autres pour décider à leur place ce qui est bon et ce qui est mauvais — remarquons que je suis probablement athée pour des raisons assez similaires. Parce que cette idée finit toujours mal, parce qu’on est sorti de la cour de récré, parce que je déteste créer des martyrs.
Par contre, il me semble assez sain de mettre les gens face à leurs choix. Il n’existe aucun motif sérieux d’empêcher ce type de continuer à sangloter dans un micro. Et on peut également décider que de se penser légitime à régner sur les femmes par les gnons est quelque chose de pas très grave qui doit s’incliner devant le talent. Mais rien ne nous oblige à écouter Cantat, à aller à ses concerts ou à le sponsoriser en achetant sa musique.

Tout comme nous pouvons considérer finalement que la violence contre les femmes est un fait social de fond, quelque chose qui sous-tend toute notre organisation sociale et qui pourrit profondément notre civilisation. Pas un juste un buzz médiatique, pas juste la question de savoir s’il faut tirer sur le merle pleureur. Quelque que chose qui nous concerne tous, profondément, et qu’il va falloir extirper péniblement du corps social en y mettant le paquet.


Il y a des liens dans le texte https://blog.monolecte.fr/2018/03/15/encore-cantat/
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede Lila » 01 Avr 2018, 21:02

Concert de Bertrand Cantat à Toulouse : les associations féministes vont manifester

Les associations féministes envisagent de manifester les 22 et 23 mai en marge du concert de Bertrand Cantat au Bikini, à Ramonville-Saint-Agne, en banlieue de Toulouse.

L'association Osez le féminisme, avec d'autres organisations de défense des droits des femmes, annonce ce mardi matin à La Dépêche du Midi un rassemblement devant la salle de concert où doit se produire deux soirs de suite l'ancien chanteur de Noir Désir, condamné en 2004 pour le meurtre de sa compagne, Marie Trintignant, pendant l'été 2003.

"Nous allons nous rassembler avec des visuels et des slogans pour faire passer un message", explique Alyssa Ahrabare, présidente d'Osez le féminisme 31. "Nous voulons interpeller le public de Cantat de manière pacifique pour le sensibiliser au féminicide mais aussi dénoncer une justice patriarcale et mettre les programmateurs de salles de concerts et de festivals devant leurs responsabilités. C'est à la fois une question de décence, de morale et de justice. Il faut rester prudent avec ce personnage et il est anormal qu'il puisse revenir dans l'espace public."

à lire : https://www.ladepeche.fr/article/2018/0 ... ester.html
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede bipbip » 05 Avr 2018, 16:18

PATRIARCantAT vs Sorcières Grenobloises

Retour sur deux belles soirées électriques

Image

Les 13 et 14 mars dernier, nous avons appelé à des rassemblements devant les concerts de Bertrand Cantat à la Belle Electrique (Grenoble) pour dénoncer sa présence indécente sur scène et la banalisation des violences faites aux femmes.

Le premier soir, nous étions une bonne centaine de personnes de tous horizons réunies sur l’esplanade devant la salle pendant plus de trois heures.

Beaucoup étaient venues avec des pancartes aux slogans explicites et tou-te-s avec détermination.

Depuis 17h30, nous buvions du thé et mangions des gâteaux confectionnés pour l’occasion, distribuions notre tract de 4 pages au public qui arrivait au compte-gouttes, commencions à scander des slogans au rythme de la batucada…

A 18h30, Bertrand Cantat est sorti de la salle et s’est dirigé vers nous, vite rejoint par les vigiles de la salle.

Que raconter de ce moment : La façon dont il a attrapé la tête d’une manifestante pour l’embrasser ? Comment il nous a toisé avec mépris, sans dire un mot, refusant de prendre le tract qu’on lui tendait ? La bousculade qui s’en est suivie ?

Il nous semble inutile de revenir plus en détail là-dessus. Pour nous, il est plus important d’expliquer comment son acte était clairement calculé, de la provocation, une démonstration de force, une façon de montrer qu’il avait le droit d’être partout tout le temps et même d’embrasser contre leur consentement des femmes qu’il dégoûte.

Pour nous il a délibérément cherché la confrontation, et non le dialogue comme il le prétend. Créant une occasion de renverser les rôles encore une fois et de se montrer en victime.

Peut-être a-t-il d’ailleurs été déçu de notre réaction, finalement pas si violente que ça, contrairement à ce qu’il déclare sur les réseaux sociaux dans un message qu’il balance quelques minutes après son action. On peut d’ailleurs se demander si la véritable motivation de sa sortie n’était pas de créer l’occasion d’envoyer un tel message...

« Des insultes » ? Oui, il s’est fait traiter d’ « assassin », ce qui semble plutôt adéquat à sa personne. Peut-être peut-on se lancer dans un débat juridique où on pourrait arguer qu’il n’a pas tué avec préméditation et ne serait donc qu’un « meurtrier », ça ne change pas grand-chose...

« Une pluie de coups » ? Oui, quelqu’une l’a tapé une fois sur la tête avec une pancarte en carton. Comme a commenté un internaute sur la page facebook de Bertrand Cantat « si Marie Trintignant avait reçu une pluie de coups comme ça, elle ne serait pas morte ». C’est vrai que Bertrand Cantat est très bien placé pour donner des leçons sur ce qu’est la violence et son usage. On l’en remercie, mais non merci !

Et nous serions « sourds et aveuglés par la haine » ? Sourd.e.s et aveugles à quoi ? Il ne nous a rien dit et il était difficile de ne pas voir son sourire narquois. Et non, aucun sentiment aussi envahissant que la haine n’existe en nous envers Cantat. Juste de la colère contre lui et les violences faites aux femmes en général, et l’énergie donnée par la solidarité dans un combat légitime.

« Le retour au moyen-âge » ? Et bien nous sommes fières d’être des sorcières ! Comme elles, nous voulons être des femmes libres et rejetons le cadre patriarcal que l’on tente de nous imposer. Bertrand Cantat avait annoncé la veille l’annulation de ses concerts de l’été, il devait sentir le besoin de reprendre les choses en main, de tourner les événements en sa faveur. Il a voulu faire le coq mais nous y voyons surtout le chant du cygne d’une carrière qu’il sait être sur sa fin.

Avons-nous bien fait de répondre à la provocation, et ainsi tomber dans ce qui ressemble beaucoup à un piège tendu par Cantat ? Nous pensons que nous ne pouvions que réagir et c’est aussi une partie intégrante de notre message : Face aux violences faites aux femmes, on ne laissera plus rien passer !

Nous souhaitions revenir sur cet épisode car il a fait le « buzz », et comme souvent, de nombreux média ont utilisé les propos du chanteur comme une description objective des faits qu’ils pouvaient relayer sans aucune remise en question.

Mais ce que nous retenons de ce rassemblement c’est la belle énergie, la détermination, les échanges avec les spectateur-ices parfois tranquilles, parfois plus mouvementés (surtout quand un membre du public est allé frapper un camarade), toujours sans concession (une femme a décidé de ne finalement pas aller au concert par désaveu du chanteur), les slogans qui faisaient mouche, dont certains créés sur le moment. C’était fort.

Nous n’avions appelé qu’à ce premier rassemblement, n’étant pas sûres d’avoir l’énergie d’en porter un deuxième et assez incertaines de comment les choses allaient se passer.

Pendant la soirée, de nombreuses personnes enthousiastes ont dit qu’elles souhaitaient revenir le lendemain alors nous avons lancé un deuxième appel pour le deuxième concert.

Rebelote le mercredi soir donc ! Un rassemblement à partir de 19h avec un peu moins de monde mais toujours de l’énergie et … énormément de médias.

Encore quelques arguments à démonter

Depuis que nous, et d’autres, avons commencé à interpeller sur l’indécence de la présence de Bertrand Cantat sur scène, nous avons pu voir les opinions changer, les discours évoluer, dépasser les premiers arguments qui nous étaient opposés, répétés en boucle par certain.e.s et relayés par les média.

Nous revenions sur plusieurs d’entre eux dans notre texte d’appel au rassemblement, et nous souhaitons ici parler de deux autres, utilisés par Cantat lui-même, certain.e.s de ses fans et des journalistes.

Séparer « l’artiste » de « l’homme » ?

Comment extrait-on l’ « artiste » de l’ « homme » ? Pour nous c’est assez mystérieux. Cette ablation requiert-elle une intervention chirurgicale ?

Et après comment ça se passe ? L’identité « artiste » a-t-elle son propre compte en banque ? Du coup aller voir « Bertrand Cantat l’artiste », n’aurait aucune conséquence sur les finances de « Bertrand Cantat l’homme », sur le pouvoir qu’il tire de sa notoriété ?

Les mains de l’artiste qui signent des autographes, jouent de la guitare, tiennent le micro, ne sont-elles pas les même que celles qui ont frappé Marie Trintignant (et combien d’autres ?) ? Ça demande quand même une belle gymnastique mentale pour pouvoir envisager les choses comme ça, et clairement, la souplesse nous manque.

Cela ressemble plutôt à des excuses pour pouvoir continuer à s’accrocher à une image d’Épinal qui cache un culte de la personnalité mal digéré et une nostalgie pour des fantasmes adolescents qui ne résistent pas à l’épreuve de la réalité.

Et oui cet artiste est un salaud et quand l’artiste monte sur scène et qu’il est applaudi, c’est bien un salaud qui est acclamé et cautionné.

« Liberté d’expression » et « censure » ?

Il nous semble important de revenir sur le sens exact de ces termes et ainsi de montrer comme leur utilisation est galvaudée.

La liberté d’expression, est définie dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’ « Homme » :

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

C’est clairement dit, cette liberté concerne le droit d’exprimer des opinions. Ce qui est problématique avec Cantat ce ne sont pas ses opinions, ni le fait qu’il les exprime. Nous ne cherchons pas à faire taire une voix dans un « débat d’idées ».

La censure est également un concept lié à l’expression d’opinions. C’est un procédé qui vient d’en haut, de personnes ou d’organismes de pouvoir, souvent pour effacer les opinions qui mettent en danger l’ordre établi.

Un avocat célèbre va même jusqu’à parler de « maccarthysme » au sujet de Cantat.

Pendant cette époque sombre de l’histoire états-unienne c’était bien l’État qui convoquait des personnes dont le seul crime était d’être communiste, ou simplement soupçonnées de l’être, puis les renvoyait de leur emploi, les mettait sur liste noire, rendant leur vie professionnelle (voire leur vie tout court) impossible, les poussant à l’exil, voire les emprisonnait.

L’État qui utilise sa force de répression, contre la liberté d’expression et d’opinion, de la persécution politique, oui c’était bien ça le « maccarthysme ».

Ça ne ressemble en rien à ce qui arrive à Bertrand Cantat en ce moment.

Dans son cas, nos voix qui s’élèvent sont des voix de la société civile, les voix d’un contre-pouvoir. Des voix qui expriment un ras-le-bol et portent un combat basé sur l’éthique, la dignité, et le désir de mettre fin aux injustices sociales dont les violences faites aux femmes font partie.

Ce sont les voix des femmes qui disent non à la banalisation de ces violences que nombre d’entre nous et de nos proches subissent ou ont subi, et de leurs alliés.

Des voix que notre société, sourde à la souffrance, toute occupée à flatter son image, peine à entendre. Et s’évertue à faire taire. Dans les conversations, dans les médias, dans les commissariats, les tribunaux, les ministères, les conférences et les colloques, dans toutes les couches sociales, au boulot, à la maison, au café, dans la rue... chut... Des voix qui souvent n’osent pas, qui chuchotent, qui insinuent, à demi mot. Des mots qui restent dans la gorge, coincés par la honte, la peur, l’incompréhension et l’indifférence ambiantes. Mais des voix fortes dans la sororité, intarissables et qui n’en finissent pas de se libérer.

Qui s’étonne qu’on crie, qu’on hurle ?!

Et maintenant ?

La nouvelle tentative de retour au devant de la scène de Bertrand Cantat est un échec. Nous n’avons nul doute que cette tournée restera sa dernière. Il est en train de tomber de son piédestal, accélérons sa chute.

Nous avons eu énormément de retours de personnes partout en France, et même ailleurs, qui nous disent que ces rassemblements les ont inspirées et qu’elles veulent s’organiser pour faire de même dans leur ville.

Comme nous le chantions à Cantat devant la salle de son concert :

« Partout où t’iras, des féministes s’ront là.

Et elles diront NON au PATRIARCantAT ! »

Çà a l’air bien parti.

Nous espérons que par ce mouvement de contestation, le mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes et le féminisme en général vont continuer à se renforcer car après Bertrand Cantat la lutte ne sera pas terminée.

Tant que ce système patriarcal sera là et permettra, cautionnera et même encouragera les violences contre les femmes, les lesbiennes et les trans, nous serons là, toujours plus nombreuses et plus déterminées.

Pour que la peur change de camp !

Notre colère ne tue pas, elle libère.


https://grenoble.indymedia.org/2018-04- ... -Sorcieres
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede bipbip » 08 Mai 2018, 20:11

Annulation des concerts de Cantat à l’Olympia : victoire féministe contre la célébration d’un agresseur

L’Olympia vient d’annuler les concerts de Bertrand Cantat qui devaient se tenir les 29 et 30 mai prochains, par “crainte de troubles”. L’objectif d’Osez Le Féminisme ! est donc rempli : les fameuses lettres rouges de l’Olympia ne célèbreront pas Cantat. Pour autant, il reste beaucoup à faire pour que la société réagisse enfin et lutte vraiment contre les violences masculines.

Osez Le Féminisme ! est mobilisée partout en France depuis le début de l’année et s’est exprimée à plusieurs reprises pour expliquer pourquoi il est inacceptable qu’un homme qui a agressé et tué une femme soit ainsi célébré. Nous dénoncons la tolérance sociale des féminicides et des violences commises contre les femmes, ainsi que l’impunité des agresseurs. Les mortes, toutes les femmes victimes, restent quant à elles oubliées ou méprisées. Notre mobilisation s’appuie sur un constat : notre société ne peut plus à la fois dénoncer d’un côté le crime et la violence d’un homme, et de l’autre célébrer ses talents. Cette hypocrisie patriarcale, qui sert les seuls intérêts des dominants, n’a plus lieu d’être. Osez Le Féminisme ! se réjouit de la décision de l’Olympia, une première victoire pour le respect des droits des femmes.

Cependant, la crainte de troubles mise en avant par l’Olympia est étonnante. Remettons les choses à l’endroit : un rassemblement était prévu le 29 mai devant la salle de concert. Osez Le Féminisme ! appelait à cette grande action pour interpeller le public et l’opinion. Les féministes s’organisent pacifiquement, contre ceux qui exercent des violences sexistes. Seuls les tenants du patriarcat sont dérangés par ce militantisme. La responsabilité de la violence et des “troubles” dans la société doit peser sur ceux qui agressent et qui tuent, pas sur celles et ceux qui dénoncent l’ignominie !

Il aurait ainsi été préférable que l’Olympia justifie son choix par une position courageuse de soutien aux femmes et de lutte contre les violences masculines. Osez le Féminisme ! ne cherche pas à causer de troubles à l’ordre public, mais uniquement à l’ordre sexiste.

L’annulation de ces concerts montre surtout à quel point l’union collective féministe est le seul moteur du changement sociétal. C’est par ces prises de conscience et ces actions que nous faisons bouger les choses. Après l’affaire Weinstein, #MeToo, #BalanceTonPorc, et cette mobilisation contre la célébration de Cantat, plus que jamais, la parole des femmes doit être entendue et soutenue.


http://osezlefeminisme.fr/cp-annulation ... agresseur/
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 16:00

NON au concert de Bertrand Cantat au Bikini !

Appel à rassemblement le 22 mai à partir de 18h au Bikini
-en mixité choisie sans mec cis-hétéro-
Les 22 et 23 mai 2018, Bertrand Cantat sera en concert au Bikini à Toulouse. Il nous est impensable de ne pas réagir face à ce choix de programmation. De plus, l’histoire de ce chanteur nous semble emblématique et donc une bonne occasion de revenir sur la notion de justice, et sur la manière dont notre société se comporte face aux violences faites aux femmes.

Pour ceux et celles qui pensent que le meurtre de Marie Trintignant n’était qu’un accident, une erreur de parcours

Revenons sur les faits, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, Bertrand Cantat assène 19 coups violents à sa compagne Marie Trintignant. Malgré l’hémorragie et le coma qui s’ensuivent, il la laisse sans secours pendant plusieurs heures. Elle décède le 1er août à l’hôpital.

Il ne s’agit pas là d’un « pétage de plombs », d’un événement isolé. Au contraire, cet acte s’inscrit dans les mécanismes de la violence conjugale, aujourd’hui bien connus.

L’idée du « pétage de plombs » dans les cas de crime conjugaux (ou « féminicides » [1]) est d’ailleurs largement relayée dans les médias qui décrivent ces « fait divers » [2] comme des « crimes passionnels », n’explicitant que très rarement le contexte de violence conjugale dans lesquels ils s’inscrivent [3].

Cela commence par une emprise psychologique [4] (contrôle, isolement, destruction de la confiance en soi de la victime) et peut aller jusqu’aux coups, parfois mortels. Ces mécanismes permettent aux auteurs d’obtenir le contrôle sur leur partenaire et quand ils ont le sentiment que ce contrôle leur échappe, ils intensifient les violences.

Ces mécanismes ne se construisent pas « à deux », vision des choses où les membres du couple seraient à égalité responsables. D’ailleurs, les violences apparaissent souvent dans plusieurs relations de leur auteur.

Nous savons aujourd’hui que Bertrand Cantat a un long passé de violence envers ses compagnes et les femmes de son entourage. Au delà du meurtre de Marie Trintignant, il s’agit bien d’un schéma qui se répète. Peu à peu des informations sortent malgré l’omerta qui règne autour du chanteur.

Tout d’abord le message poignant laissé par Krisztina Rady (femme du chanteur avec qui il se réinstalle lors de sa liberté conditionnelle en 2007) sur le répondeur de ses parents, qui dénonce les violences qu’elle subit et ce, 6 mois avant de se suicider [5] met en lumière les fonctionnements violents du chanteur qu’elle fait remonter jusqu’aux années 80.

Ainsi que la main courante pour harcèlement déposée récemment par une autre femme [6].

Pour ceux et celles qui pensent qu’il a purgé sa peine...

Condamné à 8 ans de prison (il est relâché au bout de 3 ans et demi), Bertrand Cantat a en effet, « purgé sa peine » aux yeux de la justice. Il nous semble néanmoins nécessaire de revenir sur le système judiciaire qui a prononcé cette peine.

Le travail de nombreuses militantes féministes a permis une évolution du traitement judiciaire des violences faites aux femmes. Mais vus les faibles pourcentages de dépôts de plainte, de condamnations et les peines, souvent minimes en comparaison à d’autres crimes ou délits [7], sans parler des récidives, nous avons du mal à y voir une réponse adaptée et suffisante.

De plus, notre système judiciaire n’existe pas en dehors des inégalités de classe, race et sexe qui structurent la société, au contraire il les reproduit.

Comment oublier en effet, le traitement de Jacqueline Sauvage, qui pour avoir tué son conjoint violent, a écopé de 10 ans de prison en première instance puis en appel ?

Comment prétendre aujourd’hui ne pas connaître le sort réservé aux personnes qui viennent porter plainte pour violences sexuelles ou conjugales ? [8]

De plus, on le sait, les prisons sont surtout remplies de personnes des classes les plus pauvres (et aussi souvent cibles de racisme) pour des crimes et délits en lien avec leur situation économique et le peu d’opportunités qui leur sont offertes par cette société.

Et contrairement à Bertrand Cantat, tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un avocat de renom qui mettra l’affaire dans ses priorités et ainsi d’écoper d’une peine très faible, puis à être transféré au bout de 6 mois en France et bénéficier des remises de peine.

Nous ne voulons pas dire qu’il aurait dû faire plus de prison, nous souhaitons juste souligner « l’injustice de la justice ». Pour nous, la prison n’est pas une solution adaptée. C’est une punition décidée par l’État qui n’offre pas de vraies réparations aux victimes, ne responsabilise pas les auteurs de violences et ne change rien à leur comportement.

Bien sûr, elle permet aux rares femmes qui arrivent au bout de ce parcours de la combattante de pouvoir reconstruire leur vie en sécurité pendant un temps, mais quand le condamné sort de prison, ni elles, ni les futures compagnes de celui-ci ne sont à l’abri.

Le cas de Bertrand Cantat démontre cela parfaitement.

Pour toutes ces raisons, nous voyons bien qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas attendre de l’État une prise en charge juste et efficace.

… Et peut donc reprendre le cours normal de son existence

La prison voudrait donc dire l’absolution ? Oubli et pardon, on fait comme si rien n’était arrivé ?

Et que se passe-t-il pour ceux qui s’en sortent parce qu’il y a prescription, parce que la procédure ne va pas au bout, ou pour toutes les autres raisons qui font que les auteurs de violence ne sont souvent pas condamnés [9] ?

Et que penser de ce père de famille condamné à 18 mois de prison avec sursis pour les viols qu’il a commis sur sa fille de ses 9 ans à ses 15 ans [10] ? Bah c’est bon la justice à tranché ! Peut-être il joue bien de la guitare et on pourrait l’inviter à se produire à la fête du quartier ? Ou à la fête de l’école tiens ! En duo avec Bertrand Cantat peut-être ? Sans doute pas...

On voit l’hypocrisie de ce pseudo-discours sur la réinsertion. Mais ses fans ne se cacheraient-iels pas derrière pour pouvoir continuer à l’aduler sans mauvaise conscience ? Étonnamment ce vrai problème est soulevé dans le cas du chanteur, mais beaucoup moins pour toutes les personnes qui sont incarcérées pour des faits bien moins graves et souvent liés aux injustices économico-sociales comme nous l’avons vu. Pourtant ces personnes-là, elles, vivent vraiment la stigmatisation qui est le corollaire de leur peine de prison et ont du mal à décrocher les boulots même les moins valorisés… Il semblerait que la prison salisse certain-e-s et en blanchisse d’autres...

Peut-être qu’on ne s’intéresse à cette question que quand « reprendre une une vie normale » consiste à être sous les feux des projecteurs avec l’argent et les fans qui vont avec ?

Mais alors, qu’est ce qu’on voudrait qu’il fasse ?

Ce que nous attendons de quelqu’un comme Bertrand Cantat est avant tout qu’il agisse avec responsabilité et décence, ce qui veut dire, par exemple, mettre la réparation et le bien-être des autres avant le sien et penser aux victimes (si elles sont encore vivantes), à leurs proches et à toutes les femmes qui ont subi des violences.

C’est pour cela que nous trouvons inacceptable que Bertrand Cantat ait repris une vie publique, qu’il sorte un album, qui plus est intitulé Amor Fati (« l’amour du destin » ou « accepter son destin »), monte sur scène pour se faire acclamer, apparaisse en couverture des Inrocks.

Au cours de l’interview complaisante publiée par le magazine, il explique comment ce qui lui est arrivé était dur et qu’il devait prendre des médicaments pour s’en remettre, qu’il avait même pensé au suicide, etc. [11]. Les larmes nous montent… Mais non, il ne s’agit pas de quelque chose « qui lui est arrivé », il en est responsable, il a agit et tué. Mais cette victimisation indécente d’un agresseur ne nous étonne pas, c’est un phénomène très courant dans ce genre de cas.

On ne lui demande pas d’aller habiter sur une île déserte (même si on en a très très envie), mais oui qu’il se mette en retrait. C’est un artiste de talent, très bien. Libre à lui de composer pour d’autres et de faire de la musique avec ses ami-e-s. Accorder plus de temps à des soins psychologiques pourraient aussi être une bonne idée, mais pour qu’ils soient générateur de changement, encore faut-il être conscient de ses problèmes et en prendre l’entière responsabilité.

2 poids 2 mesures : qui a le droit à la notoriété et au pardon ?

Des événements médiatiques récents nous montrent les inégalités de traitement quant à qui peut garder une place publique ou pas.

Le 9 février dernier, Orelsan est consacré par trois « victoires de la musique ». Comment oublier ses paroles et leur violence sexiste exacerbée, comme dans sa chanson au titre poétique Sale pute dont nous ne citerons ici que le très à propos « J’te collerai contre un radiateur en te chantant Tostaky » [12] ou encore celles de Saint Valentin « Mais ferme ta gueule ou tu vas te faire Marie-trintigner ». On voit au passage comment les références aux actes de Bertrand Cantat sont utilisées pour participer au climat de terrorisation des femmes.

Mais voilà, pas de problème pour le rappeur blanc, sa condamnation -sur plainte d’associations féministes- pour « provocation à la violence envers les femmes » a été cassée par la cour d’appel au nom de la « liberté d’expression », et on pourrait parier qu’elle n’aurait pas changé grand-chose de toutes façons parce qu’après avoir payé ses 1000 euros d’amende, il aurait lui aussi réglé sa dette… Et puis c’était y’a longtemps !

Mais la liberté d’expression, ce n’est pas pour tout le monde, et le bénéfice du temps qui passe non plus.

Le 3 février dernier, oh miracle !, une jeune femme voilée, Mennel, fait son entrée sur le plateau de l’émission de télé crochet de TF1 The Voice. On y a presque cru, enfin une personne faisant partie de ce qui est sans doute la population la plus discriminée et stigmatisée en France (aux croisées du sexisme et de l’islamophobie) a accès aux feux des projecteurs ! Mais notre joie fut de courte durée. Très vite, de vieux twitters de la candidate sont déterrés par la fachosphère, on ne sait pas comment, et comme toujours, sont relayés par les médias dominants.

Montés en épingle, ces messages sont lus comme des « apologies du terrorisme ». Là, pas besoin de jugement : malgré ses excuses, après une polémique d’un niveau pathétique remplie d’amalgames et d’islamophobie écœurante, Mennel se retire de l’émission.

Pendant ce temps, malgré la libération de la parole des femmes grâce à #Me too et #Balance ton porc, des hommes politiques accusés de violences sexistes diverses restent bien en place.

Encore quelques arguments à démonter

Depuis que nous, et d’autres, avons commencé à interpeller sur l’indécence de la présence de Bertrand Cantat sur scène, nous avons pu voir les opinions changer, les discours évoluer, dépasser les premiers arguments qui nous étaient opposés, répétés en boucle par certain.e.s et relayés par les média.

Nous revenions sur plusieurs d’entre eux dans notre texte d’appel au rassemblement, et nous souhaitons ici parler de deux autres, utilisés par Cantat lui-même, certain.e.s de ses fans et des journalistes.

Séparer « l’artiste » de « l’homme » ?

Comment extrait-on l’ « artiste » de l’ « homme » ? Pour nous c’est assez mystérieux. Cette ablation requiert-elle une intervention chirurgicale ?

Et après comment ça se passe ? L’identité « artiste » a-t-elle son propre compte en banque ? Du coup aller voir « Bertrand Cantat l’artiste », n’aurait aucune conséquence sur les finances de « Bertrand Cantat l’homme », sur le pouvoir qu’il tire de sa notoriété ?

Les mains de l’artiste qui signent des autographes, jouent de la guitare, tiennent le micro, ne sont-elles pas les même que celles qui ont frappé Marie Trintignant (et combien d’autres ?) ?

Ça demande quand même une belle gymnastique mentale pour pouvoir envisager les choses comme ça, et clairement, la souplesse nous manque.

Cela ressemble plutôt à des excuses pour pouvoir continuer à s’accrocher à une image d’Épinal qui cache un culte de la personnalité mal digéré et une nostalgie pour des fantasmes adolescents qui ne résistent pas à l’épreuve de la réalité.

Et oui cet artiste est un salaud et quand l’artiste monte sur scène et qu’il est applaudi, c’est bien un salaud qui est acclamé et cautionné.

« Liberté d’expression » et « censure » ?

Il nous semble important de revenir sur le sens exact de ces termes et ainsi de montrer comme leur utilisation est galvaudée.

La liberté d’expression, est définie dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’ « Homme » :

“Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.”

C’est clairement dit, cette liberté concerne le droit d’exprimer des opinions. Ce qui est problématique avec Cantat ce ne sont pas ses opinions, ni le fait qu’il les exprime. Nous ne cherchons pas à faire taire une voix dans un « débat d’idées ».

La censure est également un concept lié à l’expression d’opinions. C’est un procédé qui vient d’en haut, de personnes ou d’organismes de pouvoir, souvent pour effacer les opinions qui mettent en danger l’ordre établi.

Un avocat célèbre va même jusqu’à parler de « maccarthysme » au sujet de Cantat.

Pendant cette époque sombre de l’histoire états-unienne c’était bien l’État qui convoquait des personnes dont le seul crime était d’être communiste, ou simplement soupçonnées de l’être, puis les renvoyait de leur emploi, les mettait sur liste noire, rendant leur vie professionnelle (voire leur vie tout court) impossible, les poussant à l’exil, voire les emprisonnait.

L’État qui utilise sa force de répression, contre la liberté d’expression et d’opinion, de la persécution politique, oui c’était bien ça le « maccarthysme ».

Ça ne ressemble en rien à ce qui arrive à Bertrand Cantat en ce moment.

Dans son cas, nos voix qui s’élèvent sont des voix de la société civile, les voix d’un contre-pouvoir. Des voix qui expriment un ras-le-bol et portent un combat basé sur l’éthique, la dignité, et le désir de mettre fin aux injustices sociales dont les violences faites aux femmes font partie.

Ce sont les voix des femmes qui disent non à la banalisation de ces violences que nombre d’entre nous et de nos proches subissent ou ont subi, et de leurs alliés.

Des voix que notre société, sourde à la souffrance, toute occupée à flatter son image, peine à entendre. Et s’évertue à faire taire. Dans les conversations, dans les médias, dans les commissariats, les tribunaux, les ministères, les conférences et les colloques, dans toutes les couches sociales, au boulot, à la maison, au café, dans la rue... chut... Des voix qui souvent n’osent pas, qui chuchotent, qui insinuent, à demi mot. Des mots qui restent dans la gorge, coincés par la honte, la peur, l’incompréhension et l’indifférence ambiantes. Mais des voix fortes dans la sororité, intarissables et qui n’en finissent pas de se libérer.

Qui s’étonne qu’on crie, qu’on hurle ?!

Et maintenant ?


La nouvelle tentative de retour au devant de la scène de Bertrand Cantat est un échec. Nous n’avons nul doute que cette tournée restera sa dernière. Il est en train de tomber de son piédestal, accélérons sa chute.

Comme nous le chantions à Cantat devant la salle de son concert :

« Partout où t’iras, des féministes s’ront là.

Et elles diront NON au PATRIARCantAT ! »

Çà a l’air bien parti.

Nous espérons que par ce mouvement de contestation, le mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes et le féminisme en général vont continuer à se renforcer car après Bertrand Cantat la lutte ne sera pas terminée.

Tant que ce système patriarcal sera là et permettra, cautionnera et même encouragera les violences contre les femmes, les lesbiennes et les trans, nous serons là, toujours plus nombreuses et plus déterminées.

Pour que la peur change de camp !

Notre colère ne tue pas, elle libère.

Et les fans dans tout ça ?


Et oui, Bertrand Cantat a beaucoup de fans. Voix rock et engagée de toute une génération (dont nous !), avec Noir Désir, il chantait tout haut ce qu’on rêvait d’entendre et casser ainsi la pensée unique présente dans la plupart des médias. Le beau gosse de la gauche de la gauche est devenu un porte-parole, un symbole.

Et oui, ça aurait été tellement plus facile si c’était un vieux type moche de droite, les organisations de gauche auraient alors sans doute eu moins de mal à condamner son retour sur scène...

Vouloir oublier ses actes et le maintenir sur son piédestal, aller l’acclamer sur scène, acheter ses disques, nourrir sa notoriété, ne font que renforcer sa position d’intouchable. L’omerta autour de lui reste encore à détruire, et plus il aura du pouvoir, plus ce sera difficile pour ses victimes et les témoins de parler.

Personne ne veut être le/la méchant.e qui ternit l’image de l’idole rebelle et devra en payer le prix : décrédibilisation, attaques personnelles, procès (Cantat semble assez friand des procès pour diffamation envers celleux qui l’attaquent ; heureusement, il en perd).

Si vous avez vos billets, déchirez- les et rejoignez-nous !

Soyons nombreux-ses le 22 mai devant le Bikini pour manifester notre ras le bol et notre colère face aux violences faites aux femmes et leur banalisation !

Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/val%C3%A9rie-g ... e_petition

Des féministes en colère


Notes

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9minicide

[2] Quand on sait qu’une femme meurt sous les coup de son (ex)conjoint tous les 2,5 jours, est-ce vraiment du « fait divers » ? Ces crimes ne seraient-ils pas plutôt des « faits sociaux » partie intégrante de la société patriarcale ?

[3] Voir https//lesmotstuent.tumblr.com de Sophie Gourion et http://www.liberation.fr/apps/2017/06/2 ... s-societe/

[4] Lio dans Tout le monde en parle hhtps ://www.youtube.com/watch?v=2fWVQVsI-F4 14’32

[5] Marie Trintignant, L’amour à mort (titre malheureux) de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard (Archipel, 2013)
Pour entendre le message de Krisztina Rady https://www.youtube.com/watch?v=bmUzl1e_cW4.
Le travail d’Anne-Sophie Jahn[[Bernard Cantat, enquête sur une Omerta, le point 29 novembre 2017 et son livre Les septs péchés capitaux du rock. Sexe, violence, argent, Flammarion 2018

[6] http://www.lepoint.fr/societe/bertrand- ... 748_23.php

[7] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/art ... 55770.html

[8] https://payetapolice.tumblr.com

[9] https://www.bastamag.net/Mais-pourquoi- ... as-plainte

[10] https://www.lesrepliques.com/18-mois-de ... a1769.html

[11] https://www.gala.fr/l_actu/news_de_star ... pas_406322

[12] https://genius.com/Orelsan-sale-pute-lyrics


https://iaata.info/Appel-a-rassemblemen ... -2579.html
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede Lila » 03 Juin 2018, 20:28

Bertrand Cantat visé par une plainte concernant la mort de sa femme Krisztina Rady

Selon « Le Journal du dimanche », le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête préliminaire à la suite d’une plainte déposée par l’ancienne avocate Yael Mellul.

Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête préliminaire à la suite d’une plainte pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » déposée à la fin de mai par Yael Mellul, présidente de l’association féministe Femme et libre, fait savoir Le Journal du dimanche (JDD), dimanche 3 juin. Au début de janvier, Yael Mellul avait dénoncé au parquet le rôle qu’aurait, selon elle, joué le comportement violent du chanteur dans le suicide de Krisztina Rady, retrouvée pendue en janvier 2010 à son domicile de Bordeaux.

A la suite de ce signalement, Mme Mellul a été entendue le 23 mai par la police. « Durant quatre heures et demie, les enquêteurs m’ont interrogée sur les éléments dont j’avais connaissance. (…) On m’a notamment demandé au nom de quoi, si les ex-membres de Noir Désir avaient menti lors de l’ouverture de l’enquête, diraient-ils aujourd’hui la vérité ? J’ai expliqué que, dans un contexte de libération de la parole, le moment était aussi venu pour eux de libérer leur conscience. A l’issue de l’audition, les enquêteurs m’ont proposé de déposer plainte, ce que j’ai fait », a-t-elle déclaré au JDD.

la suite : https://www.lemonde.fr/police-justice/a ... 53578.html
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede Lila » 03 Juin 2018, 22:02

Concert de Bertrand Cantat au Zénith de Paris: les associations féministes se mobilisent

Le chanteur doit se produire sur la scène parisienne le 7 juin prochain. Un comité d'accueil l'attendra.

Le chanteur, reonnu coupable du meurtre de la comédienne Marie Trintignant, pour lequel il a purgé sa peine peut-il reprendre sa place dans la société et surtout sur le devant de la scène publique et médiatique? La question continue de diviser l'opinion. Pour les associations féministes, la réponse est clairement non. Suite à la mobilisation de ces derniers mois, les concerts prévus fin mai dans la mythique salle de l'Olympia ont été annulé, tout comme sa participation à divers festivals estivaux. Mais le Zénith de Paris a reprogrammé le chanteur pour un concert le 7 juin.

L'association Osez le féminisme entend bien être présente sur place, "pour continuer à dire notre colère contre cette tournée qui méprise toutes les femmes victimes de violences", peut-on lire dans le communiqué. "Celui là a payé nous dit-on. Certes, mais on confond ici morale et droit. Avoir purgé sa peine, ne veut pas dire pour autant qu'il soit supportable de voir un meurtrier se produire sur scène". L'association appelle à un rassemblement le 7 juin, à 19h devant le Zénith pour "dénoncer la célébration de cet agresseur et les violences masculines dans leur ensemble". Plusieurs associations se joignent au mouvement ( Collectif féministe contre le viol, Collectif national des droits des femmes, Les chiennes de garde notamment). Comme le rappelle l'association, chaque année, en France, comme Marie Trintignant, 130 femmes sont tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales.

la suite : https://www.femmeactuelle.fr/actu/news- ... nant-50650
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Re: Noir desir, Cantat

Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 21:18

Bertrand Cantat en concert à Lille : le droit à la réinsertion ne peut légitimer les violences faites aux femmes.

Communiqué de presse d’Osez le Féminisme 59 !

Bertrand Cantat a entamé début mars une tournée dans différentes villes de France. Demain, celui-ci se produira à l’Aéronef de Lille. Ce retour sur scène du chanteur qui a tué de ses mains l’actrice Marie Trintignant soulève depuis plusieurs mois de nombreuses polémiques. Au nom du « droit à la réinsertion », B. Cantat pourrait reprendre l’ensemble de ses activités liées à son statut d’artiste et en particulier les concerts. Osez le Féminisme 59 ! tient à rappeler solennellement qu’accepter que cet homme soit célébré en concert et « starisé » après avoir tué à coups de poing sa compagne, revient à minimiser la gravité de son geste et plus largement la gravité des violences dont sont principalement victimes les femmes. Lui rendre ainsi hommage protège d’autres agresseurs, nourrit une amnésie coupable et couvre de mépris les femmes et leurs droits.

Nous nous mobilisons donc pour que nos messages pour l’égalité et la fin des violences soient entendus. Car ce qu’a fait Bertrand Cantat ne constitue pas un acte isolé. Ce n’est pas un « accident ». Ce n’est pas une situation exceptionnelle. Ce sont, en effet, plus de 120 femmes qui meurent chaque année, tuées par leur compagnon ou ex-compagnon selon une mécanique similaire. Une femme tous les trois jours. Il y a eu Marie Trintignant, comme il y a eu l’année dernière Laurie, Jessica, Nicole, Fatima, Estelle, Sandra…

Une situation qui perdure car notre société minimise et excuse trop souvent ces féminicides. À travers ce communiqué de presse, l’association Osez le féminisme 59 ! ne cherche donc pas à attaquer personnellement Bertrand Cantat. Il ne s’agit pas non plus de remettre en cause le droit à la réinsertion dont il peut bénéficier, un droit qui constitue l’un des piliers de notre démocratie. Nous demandons, en revanche, que la lumière ne soit pas braquée sur les agresseurs mais sur les trop nombreux décès de femmes qu’ils provoquent. Cette mécanique peut être enrayée si notre société décide de ne plus la tolérer. Nous ne la tolérons plus : Bertrand Cantat a tué et cette réalité doit déranger !


http://osezlefeminisme.fr/cp-olf-59/
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