Apparences de la radicalisation

Apparences de la radicalisation

Messagede les amis du négatif à l'oeuvre » 18 Juil 2009, 06:46

RADICALISATION DES APPARENCES !?

Vendredi 17 juillet 2009
Radicalisation de la mendicité sociale... Contre la radicalisation de la guerre sociale: Le spectacle agit...
MARRE! MARRE DE CHEZ MARRE!!!

...Les zinfox se saisissant de la spectacularisation des luttes soudainement "violentes" se bousculent pour nous dire qu'elle se sont "radicalisées".

Les conti, les caterp', les acieries,Les Nex fabris, etc...

En réalité de quoi s'agit-il?

D'une mendicité relayée par la valetaille syndicale: 30.000 euros pour solde de tout compte...sec.

De qui se moque t-on là? C'est à peine deux piges aux assedics pour des gens qui en ont chié des dizaines d'années durant...

Et quoi après hein? Ils vont faire quoi? Ouvrir un trocson, deux trocsons et dix épiceries dans leurs villages? Là où il n'y aura plus un rond pour s'offrir une chope, une clope, un chwingum? Mais une "lumpen prolétarisation" rarement égalée depuis la seconde guerre mondiale tandisque les boursicotteurs se remplissent insolement les fouilles...

"Radicalisation"(?) nous tonitruent les média espérant avec le patronat que tout le monde s'en contentera...s'en tiendra là, que chacun après "avoir fait la manche avec un peu d'agressivité" , une "manche" spectaculairement et faussement dénoncée comme "inadmissible, irresponsable" par les pouvoirs publics, les syndicats, que chacun disions-nous, chantera victoire...
Le matos retenu par les grévistes insurgés représente à lui seul en pognon au moins un siecle de leur salaire pour chacun d"entre-eux... C'est pas des "picaillons" ça!
30 000 Euros c'est pas une victoire: c'est une "passe"....

Ce n'est certes pas là marcher sur la tête des rois!!!

Charognes ça ne durera pas toujours!!!

BORDEL A CUL: CRAMEZ TOUT!!!
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede chaperon rouge » 18 Juil 2009, 23:52

Apparence de radicalité. Je propose le ban, les négatifs sont peut être ni de gauche ni de droite, mais utilisent vachement les arguments pauvres de la droite conservatrice pour défendre leurs idées lugubres et déstabilisantes pour la base sociale du mouvement anarchiste.
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede fu hsang » 19 Juil 2009, 00:36

tu petes un cable la chaperon rouge ... ha non c est une blague , ça y est j ai compris ^^

ha mais c est vrai qu aux quebecs les anars sont de gauche , la gauche est progressiste c est sur ...
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede les amis du négatif à l'oeuvre » 19 Juil 2009, 06:56

chaperon rouge a écrit:Apparence de radicalité. Je propose le ban, les négatifs sont peut être ni de gauche ni de droite, mais utilisent vachement les arguments pauvres de la droite conservatrice pour défendre leurs idées lugubres et déstabilisantes pour la base sociale du mouvement anarchiste.


Notre réponse:
Sur le bout du ban le petit chaperon rouge de "la gauche progressiste" (Le petit chaperon du NPA may be?)bêle éperdument (et ment beaucoup aussi!)... Il suffit à n'importe qui de visiter notre blog pour savoir de "quel côté nous serions...
Mais "le petit chaperon rouge" est d'une curiosité très limitée et il ne veut pas risquer de perdre son temps: il préfère d'emblée exercer ses "petites aspirations de procureur, de [b]Fouquiet-Tinville de seconde zone, et exiger ipso-facto le bannissement pour quiconque a en démérite principal de lui déplaire seulement.[/b]
Ouf! nous échappons tout de même à la guillotine!
Nous connaissons tous la fable et aussi son interprétation par le bon vieux Gotlieb.
Que ne jetons-nous donc le petit chaperon rouge dans le plumard du loup?
Une bonne petite partie de jambes en l'air lui dériderait peut-être les fesses!
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede L'autre facteur » 19 Juil 2009, 09:29

Heu, t'es plusieurs ou vous êtes seul ? Je comprend pas tes réponses qui commence par "Nous..." systèmatiquement. Si tu/vous ne faites pas des réunions entre deux posts, arrêtes, c'est super agaçant.
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede les amis du négatif à l'oeuvre » 19 Juil 2009, 11:51

L'autre facteur a écrit:Heu, t'es plusieurs ou vous êtes seul ? Je comprend pas tes réponses qui commence par "Nous..." systèmatiquement. Si tu/vous ne faites pas des réunions entre deux posts, arrêtes, c'est super agaçant.


Je comprends cela...c'est agaçant en effet... Disons que nous sommes plusieurs à être seuls.
l'emploi du "nous" correspond à des cas de figure déjà rencontrés, à des positions communes...Si tu voulais te donner la peine de la curiosité, tu pourrais en t'offrant une ballade sur nos pages trouver quelques éléments de réponses à ce propos.
Il y a deux blog + un site TAZ.... c'est proposé dans les liens et contacts ici, sur le Forum... tu peux aussi tenter ceci:
http://nosotros.incontrolados.over-blog.com
à partir de là il y a des liens vers "territoires apodictiques zymotechniques", vers "les bâtisseurs d'abîmes"...
Bien cordialement.
Steph.
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Messagede chaperon rouge » 19 Juil 2009, 22:48

Et bien, "vous" foutez quoi à part des messages internet et des meetings pour discuter quoi mettre dans vos messages internet?
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede bajotierra » 20 Juil 2009, 08:49

salut ,

Ce probléme de la radicalisation spectaculaire qui est soulevé ici est un vrai débat chez les principaux concernés .

le choix est effet entre une radicalité a court terme , trés bonne pour les journalistes, mais qui effectivement ne remet pas en question les principes dominants ou essayer d'entamer une réflexion autour d'autres possibles, de la solidarité et de l'autogestion , c'est ce que nous tentons ici .

les Molex et les Freescale au Capitole : ce sera sans les bonbonnes de gaz, «pour le moment».
«Ce n’est pas notre objectif de faire péter l’usine. le but est de garder l’outil de travail intact pour faire repartir la production» : au huitième jour de leur grève, les ouvriers de l’usine Molex de Villemur sur Tarn, rassemblés sur la place du Capitole et rejoints par ceux de Freescale n’en sont pas comme les salariés du site de JLG de Tonneins (Lot et Garonne) à sortir les bonbonnes de gaz pour se faire entendre.

«Pas désespérés à ce point... pour le moment », salariés et syndicalistes préconisent «le front commun des deux entreprises contre les patrons voyous».
14h30 Place du Capitole à Toulouse. L’avant-garde des ouvriers de Molex branche sa sono devant l’entrée de l’hôtel de ville. «On vient se faire entendre, indique Denis Parise, secrétaire du comité d’entreprise. Rien ne bouge. La direction continue de nous mentir. Nous n’avons toujours pas de réponse sur nos propositions pour le maintien de l’activité. C’est aussi le silence radio du coté du gouvernement».

15 h00. Le gros des troupes : une soixantaine d’ouvriers de Molex en blouse de travail débarque. Ils sont rejoints par une délégation d’ouvriers de l’usine «Freescale». «Les raisons de se soutenir ne manquent pas, disent ces derniers. Comme les gars de Molex, nous avons affaire à une direction américaine qui veut fermer la boite du jour au lendemain sans se soucier de sauver les emplois. Ce sont des patrons voyous».

«Il faut faire front commun, commente Didier Soulent délégué CFDT de Freescale. Pour éviter le désespoir qui peut pousser certains à menacer de faire sauter la boite».


«Les terroristes ce sont les patrons qui nous foutent à la rue sans possibilités de retrouver du boulot, intervient Mikaël, 39 ans opérateur chez Molex. Dans ces conditions, on peut comprendre ceux qui font des conneries pour se faire entendre. Espérons qu’on n’en arrivera pas là, nous aussi».

Les anarchistes de la CNT/AIT viennent remettre le produit d’une soirée de soutien aux Molex. Au passage, l’un d’entre eux critique «la stratégie de la bonbonne de gaz : c’est du spectacle, une marchandisation de la lutte pour négocier des indemnités».
15h30. Guy Pavan, délégué CGT intervient au micro. «La direction et le gouvernement nous baladent, dit-il. Mais il n’est pas question de menacer de faire sauter l’usine. Notre objectif est de maintenir la production, et donc de sauvegarder l’outil de travail».

Les paroles du leader syndical sont applaudies par ses collègues. Fin de la manifestation. «Pour l’instant, on tient, indique Guy Pavan. Mais si on est toujours là dans deux mois, je ne sais pas comment ça peut tourner».

J-M.E


http://www.libetoulouse.fr/2007/2009/07 ... -de-fairepéter-lusinele-butest-de-garder-loutil-de-travail-intact-pour-faire-repartir-l.html
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede L'autre facteur » 20 Juil 2009, 13:08

Vous êtes pas un peu trop mouillé avec la CGT :) :wink:

Allez, je m'abstiendrais de vous demander de stopper toute relation avec la CGT (seule position cohérente bien sur :wink: ).
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede les amis du négatif à l'oeuvre » 20 Juil 2009, 16:24

L'autre facteur a écrit:Vous êtes pas un peu trop mouillé avec la CGT :) :wink:

Allez, je m'abstiendrais de vous demander de stopper toute relation avec la CGT (seule position cohérente bien sur :wink: ).


Contrib' hilarée'
Ben tu sais...comme il se voit et comme ça boite...il se trouve encore des gens pour croire aux vertus comparées de l'entrisme...héhéhéhé....
Je ne voudrai pas non plus forcer le trait ou même le bouchon...d'aucuns diraient que nous attaquons par trop de dos sous la ceinture...Mais shit à la fin; faut pas déconner non plus...Tiens, rien que au syndicat du Livre, correcteurs, typo and so on...pas mal s'y sont risquéEs avec une rare opiniâtreté pour une poignée de dives, et encore: en bas de casse
Qu'il est doux le petit et choyeux chuintement chiendical quand il nous susurre de sauvegarder le travail et son outil...
Purée d'Adèle, mais c'est qu'il y a de l'avenir là!
Héhéhéhéhé.............
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede les amis du négatif à l'oeuvre » 20 Juil 2009, 16:31

chaperon rouge a écrit:Et bien, "vous" foutez quoi à part des messages internet et des meetings pour discuter quoi mettre dans vos messages internet?


Réponse( parce que : je suis de bonne humeur, c'est tout...)
Ben...on baise beaucoup...M'est avis que tu devrais tenter d'en faire autant...Tiens, mieux: davantage, tu nous épargnerais ainsi quelques amères honneries....
:fume: :fuck: :bourre: :zik: :gun:
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede bajotierra » 20 Juil 2009, 17:14

Vous êtes pas un peu trop mouillé avec la CGT
Allez, je m'abstiendrais de vous demander de stopper toute relation avec la CGT (seule position cohérente bien sur



Où as tu vu que nous somme "en relation "avec la CGT ?
Les interventions que ce soit a Molex , comme a freescale ou airbus , les tracts et le actions de soutien sont assumées par la CNT - AIT et ses sympathisants . Nous n'attendons surtout pas aprés la CGT pour savoir ce que nous avons a dire ou a faire

Comme quoi on peut intervenir dans des luttes sociales même dures en gardant clairement nos idées anarchistes
ici , pour molex vous avez un petit récapulatif de ce que nous avons écrit et l'idée de dire "on a les machines on les garde " est un idée qui fait son chemin parmi les salariés .

http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewt ... =25&t=4739
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede Polack » 20 Juil 2009, 19:27

ça me fait un peu le même effet ces histoires, la grogne sociale serait en train de se "radicaliser" alors que les types ils grognent pour des miettes sans remettre en cause fondamentalement le système capitaliste, l'aliénation par le travail marchandisé et salarié etc. Les médias les font presque passer pour des terroristes et en gros ils auraient atteints la limite politiquement acceptable et judiciairement pas trop dommageable...

D'un autre côté on ne peux que soutenir ce genre d'action (pas le traitement médiatique qui en est fait) et se féliciter que certain(e)s optent de plus en plus pour des méthodes en dehors des entiers battus, en tous cas moins légalistes. Je dirais même que si le fond (les revendications) ne se radicalise pas. La forme (les méthodes de lutte) elle, se radicalise. Je crois que l'on peut tout de même employer ce terme pour qualifier ce genre d'actions dans leur mise en œuvre, mais ne pas se leurrer sur le fond des revendications.
Polack
 

Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede L'autre facteur » 20 Juil 2009, 19:33

Ben... vous allez aux rassemblements qu'ils organisent, vous faites une collecte pour les Molex dont la lutte est conduite par la CGT :wink: . En plus j'suis sûr qu'ils y a des militants NPA chez les Molex :lol:

Perso, ça me va bien, je préfére qu'on développe les luttes plutôt que les guerres de boutique. C'était juste pour faire un clin d'oeil pour dire que la ligne "morale" est dès fois où on veut bien la mettre. Je suis sûr que certains y verront une inadmisible compromission :religion: .

Voir d'ailleirs la réaction des "amis du négatif" :)
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Re: APPARENCES DE LA RADICALISATION

Messagede L'autre facteur » 20 Juil 2009, 19:42

Pour répondre un peu à Polack, la lutte c'est un procéssus, tu commences rarement par la révolution sociale. Un article sur le sujet dans le dernier Infos et analyses libertaire.

Contre les licenciements, passons des séquestrations à l’autogestion !

Les luttes autour des grands groupes industriels qui licencient ont été largement médiatisées du fait des actions de séquestration de patrons ou de cadres. Elles occupent aujourd'hui une place centrale dans les conflits sociaux, car elles sont emblématiques de la crise du capitalisme. Ces licenciements incarnent parfaitement le développement du chômage de masse avec plus de 600.000 chômeurs supplémentaires prévus en France, pour un total de 20 millions en Europe et de 249 millions à l'échelle de la planète. Mais ces luttes montrent aussi les pratiques du capital qui continue ses restructurations pendant la crise, avec pour objectif une rentabilité toujours plus forte, montrant ainsi la violence des rapports exploités/exploitants. Pour tout cela, les ouvriers licenciés représentent aujourd'hui le symbole de la résistance et du combat au même titre que la grève générale en Guadeloupe il y a quelques mois. En l'absence d'une riposte sociale d'ensemble au niveau interprofessionnel, les luttes contre les licenciements deviennent le point de cristallisation des conflits.

Lutter contre les boites qui licencient
Caterpillar, Molex, Goodyear, Continental, Freescale… autant d’entreprises qui ne sont pas en péril financier, mais qui pourtant ont décidé la fermeture de tel ou tel site de production. C’est la logique interne du marché qui pousse à la fermeture. Cette logique, c’est un taux de profit maximum, supérieur à 10%, qui fait se déployer le capital à l’échelle planétaire. Mais au delà des seules boîtes qui font des bénéfices en licenciant, c'est la logique qui résulte d’une économie basée sur la création de profit pour quelques uns, en lieu et place de la satisfaction des besoins de la population, qui a comme résultat la multiplication des licenciements, notamment ceux moins visibles qui ont lieu dans les PME et PMI.

Aujourd’hui, ce sont des luttes « dos au mur » que mènent ces exploités et leurs possibilités sont définies par cette situation. Ainsi, la revendication d'une prime de départ substantielle n'est à juger qu'au regard de la réalité du rapport de force entre ouvriers et patrons. Celles et ceux persuadé-es que leur boulot va disparaître ou être restructuré en créant des conditions de travail insupportables comme à Caterpilar ou Goodyear, ont toute légitimité à se battre pour des conditions de départ qui leur permettent d’envisager un avenir autre que le RSA. Pour autant, nous ne devons pas perdre de vue que chaque fermeture ou restructuration est une victoire pour le capital, garantissant son taux de profits. Par conséquent, la revendication du refus des licenciements est tout autant légitime, chaque fois qu’elle est l’expression concrète des revendications des exploités. D'autant que le fait d'être licencié ne change pas le modèle global du salariat, tend à isoler celles et ceux qui ont lutté, détruit les outils collectifs qu’ils ont construits dans la lutte, et bloque ainsi la transmission des expériences de luttes. C'est ce qui s'est passé avec la sidérurgie française ou avec les mineurs anglais dans les années 80, faisant disparaître du salariat les réflexes les plus combatifs.

Il serait illusoire de porter le moindre espoir dans le mot d'ordre de la gauche et de l'extrême gauche de l'interdiction des licenciements. Outre son coté insuffisant qui légitime les charrettes de licenciements de pans entiers de l'économie et ne remet pas en cause la restructuration du capital, ce mot d'ordre est paralysant pour les exploités. Il fait croire que l'état est protecteur dans le conflit entre les salariés et les patrons, qu'il est neutre dans une société divisée en classes sociales. Il détourne les ouvriers licenciés du combat qu'ils doivent mener contre le patronat et son protecteur, l'état.

A l'inverse, les séquestrations de cadres, ont permis des avancées comme l’obtention d’indemnités plus importantes et cela notamment parce qu’elles ont accru le rapport de force. Sans les mythifier, elles renvoient au panel des nombreuses formes d’actions directes que les exploités peuvent utiliser face à leurs exploiteurs, dont certaines restent à utiliser voire à inventer. La séquestration des stocks et des outils de production en est une autre, et peut dans certains cas être un élément déterminant du rapport de force, comme pour les entreprises qui délocalisent qui attachent plus d’importances au fric que représentent leurs machines et leurs stocks qu’à la sécurité de leur encadrement. Ce sont ces moyens là qui peuvent provoquer des victoires.

Ouvrir des perspectives
Pour nous, anticapitalistes et anti-étatistes, l’intervention dans les luttes contre les licenciements doit se donner plusieurs objectifs. D’abord, ancrer cette bataille dans les entreprises en aiguisant la combativité des ouvriers, plutôt que confier cette bataille à des partis politiques qui s’autoproclament représentants des exploités. Ensuite, faire que la lutte soit investie par le plus grand nombre et quelle se dote des structures qui permettent à tous d’agir et de contrôler totalement leur lutte. Mais aussi mettre en avant les formes de luttes et les choix qui renforcent, au profit des salariés, le rapport de force pour permettre des victoires. Enfin, proposer des modes d’action qui permettent d’aller le plus loin possible dans la remise en cause des mécanismes de l’économie de marché afin de s’en émanciper.

Le premier enjeu est d'appliquer à ces luttes la même logique que pour toutes les autres ; à savoir l'extension. Pour gagner il faut un rapport de force conséquent et l'isolement est un facteur important des défaites comme les grèves dans l'éducation en 2003 ou à la SNCF en 2008 l'ont clairement montrée. Donc, approfondir la mobilisation là où elle existe, mais aussi viser en plus des sites de la même boîte, des sites dans la même industrie et le même secteur et l’exporter vers d’autres branches d’activités au niveau territorial, en commençant par les plus proches en terme de branche. C’est une étape importante à la fois pour obtenir satisfaction sur les revendications comme pour permettre la compréhension politique d’une globalité d’intérêts divergents avec ceux des classes dirigeantes, compréhension nécessaire pour envisager que les travailleurs prennent en charge la transformation sociale de la société.
Il ne s'agit que d'augmenter et systématiser ce qui existe déjà instinctivement chez les salariés en lutte. Les Continental de l’usine de Compiègne ont manifesté avec leurs camarades allemands, devant un site de l’est de la France, et avec les Goodyear. Ceux de Molex et de Freescale à Toulouse se sont rencontrés. Ce sont bien ces pratiques qui sont à encourager parce qu’elles permettent à chacun de se renforcer face au patronat, mais aussi parce qu’elles créent une conscience d’intérêts qui dépasse les murs de l’usine comme les frontières du pays. Ce n’est plus tel patron qui agit comme ça, mais le patronat dans sa globalité qui est identifié comme ennemi de classe.

L’autre enjeu est d’apporter des réponses qui mettent le pied à l’étrier d’une sortie du mode d’exploitation capitaliste. Pour cela, nous devons bien sûr populariser notre projet social, notamment autour de la socialisation des moyens de production et d’échange, de l’égalité économique et sociale avec une répartition égalitaire des richesses, de la gestion directe par les travailleurs d’une production socialement utile et écologiquement soutenable. Nous devons aussi populariser l’autogestion comme la pierre angulaire de notre alternative au capitalisme et à l’état. Mais nous devons également proposer l’autogestion des entreprises qui licencient comme point de départ dans les luttes d’aujourd’hui, tout autant que comme outil pour la transformation sociale. Car, si l’autogestion, en se généralisant peut être un vecteur de la transformation révolutionnaire, dés aujourd’hui, au même titre que les séquestrations, elle peut représenter une réponse concrète pour conserver l’emploi et augmenter le rapport de force. C’est donc, tout en étant conscient de ses limites, une proposition politique à mettre au débat et qui peut rencontrer les aspirations de celles et ceux qui luttent.

Il y a néanmoins des freins et des contradictions dans cette option. La plupart des entreprises en question sont dépendantes des commandes des donneurs d'ordre pour écouler leurs marchandises ce qui représente un frein important à la reprise de la production par les ouvriers. Cependant la mise en commun de plusieurs entreprises autogérées du même secteur peut là encore modifier plus favorablement le rapport de force pour la vente des marchandises. De plus, dans cette période de crise, on ne peut douter de la solidarité qu’inspirerait cette action et des possibilités importantes de mobilisation qu’elle pourrait ouvrir, créant une situation politique nouvelle. Par contre, le fait d’évoluer dans un contexte économique capitaliste ferait reposer sur ces entreprises autogérées des contraintes qui tendraient à réduire l’autogestion et à rogner la démocratie ouvrière chèrement conquise. Cela reste bien à l’autogestion généralisée qu’il faut parvenir, et la réponse immédiate aux licenciements ne doit pas rester une fin en soi, mais un palier dans la lutte, au risque de transformer la victoire en défaite à moyen terme.

Pour conclure
La reprise de la production en plus de pouvoir représenter une forme efficace pour obtenir satisfaction sur le maintien de l’emploi, permet plus que cela. Cette autogestion, même limitée, pose en creux la question du projet de société. A nous de l’élargir, de l’approfondir, car elle est le palier qui pousse à interroger le sens de la production, et de sa finalité. Et c’est bien notre projet communiste libertaire où nous reprenons tous pour l’intérêt de tous le choix de ce que nous produisons, comment nous le produisons pour qui nous le produisons qui peut être mis en proposition. Les anarchistes sont trop peu nombreux à eux seul pour mettre en oeuvre ces propositions, et lutter pour rompre avec le capitalisme. Mais la progression des tensions et leurs cristallisations autour des licenciements, créent des conditions favorables pour que les exploités utilisent nos méthodes et nos propositions, parce qu’aujourd’hui plus que jamais, elles correspondent à leurs réalités. Et il n’y a qu’un pas, pour que l’utilisation de ces propositions immédiates ouvre de vraies perspectives de rupture sociale.

le 9 juin 2009
Groupe Un Autre Futur de Montpellier
de la Coordination des Groupes Anarchistes
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