Onfray

Re: Onfray

Messagede poolpikan » 20 Déc 2008, 17:26

http://claudeguillon.internetdown.org/a ... rticle=243

Un article critique des décla d'Onfray dans siné hebdo au sujet de ceux de Tarnac qui rejoins assez ce que je pense de lui .


Michel -"faute de mieux"- Onfray :mrgreen: mais :lol:
Le problème n'est pas gauche-droite. Il est haut-bas.
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Re: Onfray

Messagede Useless Babyface » 27 Déc 2008, 02:33

La nouvelle rébellion de Michel Onfray : nucléaire, manipulations génétiques, et beaucoup de docilité pour les médias.

Michel Onfray est le nouveau héraut de la gauche de gauche. Si le créateur des universités populaires est surtout connu pour son athéisme, on sait moins qu’il est pro-nucléaire et pro-transgène. Fou de vitesse, hédoniste, matérialiste, Michel Onfray est l’exact contraire philosophe de la décroissance. Le pape de l’athéisme se veut un « rebelle », mais, vu de près, sa philosophie a un goût de productivisme connu.

La gauche antilibérale a accueilli « le philosophe le plus lu de France » sans se poser davantage de questions. Michel Onfray est devenu le maître à penser d’une certaine « gauche », y compris des amis de José Bové. Son Traité d’athéologie l’a fait connaître au-delà des ces cercles traditionnels anticléricaux. Pourtant, peu de ses adeptes savent que sa haine de la religion est couplée à un amour inconditionnel des progrès technoscientifiques. Son aura dans les milieux altermondialistes prouve surtout l’errance intellectuelle de la gauche de gauche.

Michel Onfray, doté de qualités intellectuelles certaines, a surtout le privilège d’être la coqueluche des grands médias : « Michel Onfray le rebelle » (Le Nouvel Observateur), « brasseur du jouir et de l’utopie » (L’Humanité), « philosophe atypique et attachant » (L’Express), « Michel Onfray hédoniste social » (Politis), « le penseur libertaire » (Télérama), « héritier en rébellion » (Le Monde), etc. Philosophe de l’« hédonisme libertaire », Libération apprécie qu’« il incarne (…) un engagement où l’action politique se fait à distance des partis. » La preuve? « Pronucléaire, pro-loi sur le voile, Michel Onfray pense tout seul, à l’écart des dogmes (1). »

Michel Onfray pratique un matérialisme étroit, pour ne pas dire borné : il boucle son « système » par la biologie (Féeries Anatomiques) après avoir étudié l’esthétique (La Sculpture de soi), la politique (Politique du rebelle) et la morale (L’Art du jouir). Il le déclare : « L’idéalisme est affaire de gogos, le matérialisme affaire de… philosophes! (2) »

Dans ces livres, il nous pose des questions : Pourquoi faudrait-il refuser de féconder artificiellement une grand-mère ou de cloner Sarkozy? Pourquoi refuser les bébés éprouvettes, l’eugénisme, les manipulations génétiques? Comment en finir définitivement avec le monothéisme ainsi qu’avec les comités d’éthique?

Par amour pour les manipulations génétiques et nucléaire, il utilise une rhétorique connue, prônant de psychiatriser les opposants : « Les peurs dues au transgénisme ressemblent à s’y méprendre à celles qui accompagnèrent la naissance de l’électricité ou du chemin de fer, voire de l’énergie nucléaire - qui rappelons-le, n’a jamais causé aucun mort : Hiroshima et Nagasaki, puis Tchernobyl procèdent du délire militaire américain, puis de l’impéritie industrielle et bureaucratique soviétique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel » (Féeries anatomiques, p. 176). Sa démonstration est celle d’un croyant, qui considérera les erreurs du système comme des « dysfonctionnements » secondaires, qui ne remettent pas en cause la logique profonde du système. Les cancéreux de France, contaminés d’Ukraine et irradiés de Polynésie apprécieront.

Ainsi, Michel Onfray ne nous dit rien de ce qui menace vraiment l’humanité (le réchauffement planétaire, l’épuisement des ressources, la perte du sens des limites, la crise de la symbolique, etc.). Il nous dit tout en revanche des vrais miracles que seraient les enjeux de la technoscience. L’idée que l’épanouissement des peuples et la logique de la science puissent diverger ne l’effleure pas, il le clame à la face de tous les mécréants : on n’arrête pas le progrès.

Michel Onfray se pose en défenseur de la science pure, il veut sauver la recherche de toute contamination. Il condamne sur le même plan la science vendue au marché et les comités d’éthique. Le scientisme ordinaire débouche sur le refus du politique et de la démocratie. La politique devrait s’effacer devant l’organisation scientifique de la cité et les citoyens devant les scientifiques. Tout adversaire devient un obscurantiste, un métaphysicien, un religieux en puissance. Or le nazisme comme le stalinisme ont prouvé que prétendre fonder une société sur la science débouche immanquablement sur une idéologie criminelle.

L’idée d’une prétendue neutralité de la science est en soi contestable. Le scientisme est aussi une trahison de la science qu’elle fait fonctionner comme une religion. Sa dérive conduit à écraser le sujet humain et a conduit à une logique d’indifférenciation barbare confondant humain et objet, humanité et animalité, vivants et morts, etc. Nous en vivons les premiers signes non seulement avec le culte des cyborgs si proche du « corps faustien » de Michel Onfray mais aussi avec le refus, tellement tendance, de la différenciation générationnelle et sexuelle.

Michel Onfray est conduit à voir dans Peter Singer (le gourou de la libération animale) un maître à penser en passant sous silence ses propos inacceptables sur la zoophilie. Il prend à rebrousse-poil tous les grands combats de ces dernières décennies. Feu sur les militants anti-nucléaire Feu sur les faucheurs d’OGM obscurantistes qui mènent la danse contre la transgénèse Le plus grand péché de Michel Onfray est politique et non pas scientifique.

Sa philosophie commet le même dommage que la notion le développement durable. Non seulement elle ne tiendra pas ses promesses (car nous prendrons le ciel sur la tête avant que ses Professeurs foldingues ne soient au pouvoir) mais elle endort l’esprit critique. Bonnes gens : dormez tranquilles, ayez confiance dans la science et les scientifiques

L’homme Michel Onfray campe pourtant la figure de l’éternel révolté : cette posture est celle de l’adolescence, c’est-à-dire d’une société qui n’en a pas fini avec le culte de toute-puissance et l’idée d’un monde sans limites. C’est cette idéologie qui conduit à ériger la consommation en mode d’épanouissement personnel et collectif.

On ne s’offusquera pas de cette captation de l’hédonisme, qui contribue à faire de ses adversaires des pisse-froid et des durs à jouir. On se demande plutôt si cet hédoniste affiché ne sert pas avant tout de vaseline pour forcer le passage à son culte de la puissance et de l’efficacité. Son « manifeste hédoniste » publié en 2006 s’appelle La Puissance d’exister. Notre philosophe aurait-il oublié que l’humanité n’est grande que dans le respect de ses faiblesses (ses membres faibles et la part faible de chacun d’entre nous)? Accepter que l’on s’en prenne à l’a-normal, c’est admettre par avance que l’humanité toute entière passe à la moulinette du critère de l’efficacité.

Sacré « champion de la gauche de la gauche », Michel Onfray prône un capitalisme libertaire : « Je suis un antilibéral absolu. En revanche, moi, je ne suis pas anticapitaliste car le capitalisme c’est la possibilité de créer des richesses avec des gens qui possèdent, qui investissent… alors je ne vois pas d’alternative à ça » émission « Pas de quartier » sur Radio libertaire, 3-2-2004).

Sa référence à l’Etat est plus qu’ambiguë : le modèle dont s’inspire Onfray est davantage celui des communautés que la société politique. Sa posture postrépublicaine se décline comme toujours sous un jargon hédoniste : « créer des occasions individuelles ou communautaires d’ataraxie réelle et de sérénité effectives »… Certes, il se défend de tout communautarisme mais avouons qu’il ne convainc pas.

Michel Onfray confie à L’Humanité : « Il y a dans cet éloge que je fais de la grande individualité un aspect « despotisme éclairé » qui n’est pas antagonique avec le fait d’être de gauche. »

Son socialisme est celui contre lequel se battaient Marx et Bakounine : socialisme féodal, pour ne pas dire aristocratique. Son éloge de l’élite ne s’étend pas aux fonctionnaires : justifiant sa démission de l’Education nationale, le philosophe dénonce « l’enseignant infecté par son statut et gère les affaires courantes (…). Il attend l’avancement, le changement d’échelon, avec la même impatience et le même intérêt avide des vacances (3) » (interview CNT-Lille, site Nouveau Millénaire, défis libertaires, 14-11-2002). C’est sûrement cela que Libération appelle « penser en dehors des dogmes ».

Notre pape de la technoscience aime ce monde de la démesure. Il en veut même davantage : « Cette aurore (…) éclaire de ses premiers feux une époque radicalement nouvelle (…). Naître, vivre, souffrir, vieillir, mourir ne s’éprouvent plus selon l’ordre naturel pluriséculaire mais selon l’ordre culturel à venir. L’Occident passe à la vitesse supérieure (4)… »

La question se pose : son amour de la technoscience serait-il le cache-sexe d’une passion immodérée pour l’Occident? On pourrait le craindre à constater avec quelle hargne il s’en prend à l’islam et au Coran, « un livre datant des premières années de 630, hypothétiquement dicté à un gardeur de chameaux illettré, [qui] décide dans le détail du quotidien de milliards d’hommes à l’heure de la vitesse supersonique, de la conquête spatiale, de l’informatisation généralisée de la planète (5) ».

Le voilà donc arpentant les thèses sur le « choc des civilisations », même si c’est pour les renvoyer dos à dos au nom de son « athéologie » scientiste. Et que trouve-t-il de si délicieux dans ce bel Occident : les droits de l’homme, la démocratie? Le lecteur restera sur sa faim.

Michel Onfray, iconoclaste autoproclamé, est pourtant en nombreuse compagnie. Au sein de internationale de l’hédonisme scientiste se trouve Hervé Fischer, auteur d’un livre significatif, Nous sommes des Dieux (Grasset, 2005), dans lequel il fait l’éloge du zapping télévisuel, fondateur, selon lui, d’une nouvelle structure mentale plus libre. Hervé Fischer déclare à la revue Voir du 11 mai 2006 : « Nous ne sommes pas encore des Dieux, mais comme Dieu n’existe pas, il va bien falloir que nous assumions sa place. » Dans quel délai, telle est la question. Michel Onfray ne confiait-il pas à l’Express du 21 mars 2005 : « Je trouve que tout va toujours trop lentement » ?

(Mars 2007)

(1) - Libération, 5-12-2006, voir aussi Le Plan B, 9-2-2007.
(2) - L’Humanité, 1-4-2006.
(3) - http://libertaire.free.fr/MOnfray01.html
(4) - Féeries anatomiques[/ai], Grasset, p. 175.
(5) - [i]Traité d'athéologie
, Grasset, 2005.

C'est humouristique.

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http://lmsi.net/article.php3?id_article=447
http://lmsi.net/spip.php?article467
http://lmsi.net/spip.php?article466
http://lmsi.net/spip.php?article468

http://republicoin.blogspot.com/2007/03 ... nfray.html

http://infokiosques.net/imprimersans2.p ... rticle=348

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet ... s-eternels
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/0 ... ESSE/11019

http://atheles.org/aden/lapetitebibliot ... index.html

http://www.caute.lautre.net/IMG/jpg/Onfray-2.jpg

http://onsefechier-anatic6.blogspot.com ... rdige.html

http://bruno.colombari.free.fr/spip.php?article273

http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1550

http://iismm.ehess.fr/document.php?id=102

http://www.1001nuits.org/index.php?titl ... hel_Onfray

"ONFRAY ENFOIRE!" : marc.edouard.nabe.free.fr/Sauver_Sine.pdf

http://contre-michelonfray.over-blog.com/

http://nicomaque.blogspot.com/2005/10/n ... nfray.html
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Re: Onfray

Messagede joe dalton » 27 Déc 2008, 13:43

il est bien complet ton texte ! c'est toi qui l'a ecrit ?
si oui, je suis pour le mettre dans le petit noir!
je suis le seule ?
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Re: Onfray

Messagede Useless Babyface » 27 Déc 2008, 15:41

Niet niet! Cet article n'est pas de moi. Il est issu du "hors série" La Décroissance/Casseurs de pub de l'été 2008, article trouvé sur des forums.

Useless Babyface a écrit:

C'est humouristique.


http://www.ladecroissance.net/?chemin=dossier2008 (Onfray est mentionné en bas :wink: )

Parmis les liens que j'ai recopié en dessous de l'article, certains dirigent vers d'autres articles "plus sérieux" et d'autres "moins sérieux".
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Re: Onfray

Messagede Pïérô » 28 Déc 2008, 00:42

Useless Babyface a écrit:Parmis les liens que j'ai recopié en dessous de l'article, certains dirigent vers d'autres articles "plus sérieux" et d'autres "moins sérieux".

Je ne sais pas s'il faut les cataloguer de cette manière. Car on peut trouver des articles plutôt "sérieux" dans un site de cul-bénis qui défendent la religion et la foi, et dans un autre d'un philosophe qui se réclame du capitalisme libéral et dont un des liens renvoie vers le site anarcho-capitaliste. Si je critique Onfray, je n'aime pas pour autant me joindre à ces gens là.
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Onfray

Messagede Useless Babyface » 28 Déc 2008, 02:38

La vision de la laïcité et de l'athéité d'Onfray n'est pas universalisable comme il le prétend, d'un moins pas d'un PIFA PAF POUF! Garcy Morien. D'ailleurs son fameux Traité d'athéologie est parfois d'une stupidité argumentaire que si il fallait le condamner pour blasphème racistoide je serais le premier à le faire, à l'envoyer allumer son auto-dafé avec sa VroomVroom-philosophie cuite un 30 secondes chrono. Je crois qu'Onfray à l'instar des Val-Fourest et autres bien-pensants universalistes oublient bien des faits historiques (les colonisations n'ont-elles pas "aculturé" des pays "sous développés"?) pour débiter des conneries genre : Le coran a été dicté à un analphabète. Je me pouffe, certtes, je suis d'accord dans le fond, mais pour un intellectuel je trouve ça diffamatoire, sujet à grandes polémiques.

Cela dit, je ne partage pas totalement l'avis des articles cités (je suis athée mais non-prosélite), ce n'est qu'un recueil qui peut servir à prendre du recul sur ce philosophe et surtout sur son rapport aux médias.

Allez michou, pleure pas, je t'aime tu sais :haha:
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Re: Onfray

Messagede alcibiade » 17 Fév 2009, 16:02

Salut, que de haines pour un allié relatif !! Y aurait il des jalousies chez certains :confus:
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Re: Onfray

Messagede kuhing » 17 Fév 2009, 17:22

alcibiade a écrit:Salut, que de haines pour un allié relatif !! Y aurait il des jalousies chez certains :confus:


Non vraiment aucune jalousie pour ma part en tous cas.
Un gars qui déclare " je suis favorable au capitalisme parce qu’il serait stupide de ne pas l’être puisque le capitalisme est créateur de richesses. » n'est pas mon allié même relatif.
Il ne suffit pas de se proclamer "libertaire" pour l'être et libertaire ou anarchiste ce n'est pas fait pour être "tendance".
Onfray est tout au plus un libertin mais pas un libertaire.
Je ne le considère pas comme faisant partie de mon camps.
kuhing
 

Re: Onfray

Messagede conan » 17 Fév 2009, 18:29

J'aime bien lire Onfray, c'est agréable mais ça ne remet pas beaucoup en cause. Mais il s'écoute beaucoup et invente peu (je trouve). De plus, son traité d'athéologie merdouille un peu niveau références (notamment sur le Coran, il s'est pas mal trompé dans les sourates). Il oscille en fait entre société du spectacle et critique de cette même société. C'est un funambule -pas toujours très adroit.
Au final, lire Onfray n'apporte pas énormément je trouve ; c'est davantage un divertissement poétique, mais sans la légèreté (son goût des vocables savants est parfois indigeste). Bon d'accord, c'est du gargarisme. :lol:
Je respecte malgré tout le personnage, qui se plaît à échapper à tout étiquetage, et pour ses moments de brio !
Et puis (mais là c'est un respect très lié à ma profession), il a su démissionner de l'Education Nationale, lui. :mrgreen:
Si vous voulez vous remettre réellement en cause en tant qu'anars, je vous invite à lire celui que je qualifierais bien d'anti-Onfray (et anti-beaucoup de monde, en fait) : François Lonchampt (co-écrit avec Tizon), avec "Votre révolution n'est pas la mienne". Ce bouquin, de 1999, reste fichtrement d'actualité, et ce fut pour moi une bonne grosse claque salutaire, discutable sur bien des points, mais m'ayant permis de réfléchir. Enfin je parle pour moi. C'est au confluent du marxisme, du situationnisme et de l'individualisme...
C'est en ligne, en plus : http://ecritscorsaires.free.fr/article.php3.3.html
conan
 

Re: Onfray

Messagede Lsd » 17 Fév 2009, 18:37

merci pour le lien :wink:

Onfray, jamais lu, et je connais peu le personnage sauf les choses publiques, mais il m'inspire pas plus que ça.
Lsd
 

Re: Onfray

Messagede kuhing » 17 Fév 2009, 19:18

conan a écrit: Bon d'accord, c'est du gargarisme.


ça l'est, une sorte de "bo-boïsme"
et, surtout quelqu'un qui explique que le capitalisme est créateur de richesses n'a, pour moi en tous cas, pas compris grand chose au film.
Le seul créateur de vraie richesse c'est le travail et la pensée humaine qu'ils soient par ailleurs "productifs" ou non .
Le capitalisme est quant à lui globalement destructeur de cette richesse.
kuhing
 

Re: Onfray

Messagede Spartakus » 17 Fév 2009, 22:38

Aaaaah Qu'est ce qu'Onfray sans l'anar façon France Cul bien de chez nous...

2 critiques de l'homme qui philosophe à coup de promo :
- (à propos de son article dans Siné Hebdo pour condamner le sabotage des catainers) : http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=243
- (par l'OCL cette fois, à propos de ces déclarations pro-capitalisme) : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article485

Puis sinon je vous renvoie au n° spécial des Casseurs de Pub consacrer aux "écotartuffes", où Onfray se fait attaquer à cause de ses déclarations pro-OGM, pro-nucléaire, etc...

Après, en ce qui concerne plus spécifiquement sa "contre-histoire de la philo", j'ai malheureusement jamais mis la main dessus , mais je suis assez curieux.
Spartakus
 

Re: Onfray

Messagede Denis » 09 Avr 2012, 22:33

Les compagnons de route

6 avril 2012 par florealanar

J’ai le vague souvenir d’une blague qui mettait en scène un aveugle arrêté au bord d’un trottoir, que deux passants, placés à sa droite et à sa gauche, prenaient chacun par un bras et entraînaient dans le passage clouté. Se débattant, l’aveugle se dégageait de l’emprise desdits passants et leur assénait alors des coups violents à l’aide de sa canne blanche. Car, en fait, il ne voulait absolument pas traverser la rue.
Cette histoire me fait penser aux quelques militants anarchistes qui ont entrepris de défendre bec et ongles Michel Onfray, quoi que ce dernier puisse écrire ou affirmer, souhaitant à tout prix en faire un compagnon de route du mouvement libertaire, alors que ce dernier ne le souhaite manifestement pas.

Lorsqu’on évoque ces fameux compagnons de route au sein du mouvement libertaire, on songe invariablement aux deux grands de la chanson, Georges Brassens et Léo Ferré, qui permirent durant de longues années, grâce aux galas de soutien dont ils furent les piliers, de faire vivre Le Monde libertaire. Plus tard, Bernard Lavilliers lui aussi, sur une moindre durée, viendra offrir son aide aux moyens d’expression de la Fédération anarchiste, et Léo Ferré permettra même à Radio-Libertaire de s’offrir un studio digne de ce nom.
Dans leurs apparitions publiques, ces auteurs compositeurs interprètes ont pu de temps à autre se laisser aller à proférer des bêtises – encore qu’il serait bon d’en apporter des preuves irréfutables, en ce qui concerne Brassens notamment. Mais ni les délires misogynes d’un Ferré, par exemple, ni la mythomanie musclée d’un Lavilliers ne portaient sur la théorie et la stratégie libertaires, ou sur une invitation répétée, adressée aux organisations militantes, de réviser leurs positions pour mieux s’ouvrir à une modernité politique. Aucun d’eux ne se voulait « théoricien », et leur propos n’était même que très rarement « politique », au sens militant du terme. Et s’il leur arrivait d’évoquer l’organisation anarchiste et ses moyens d’expression – ce fut le cas pour Lavilliers –, c’était avec sympathie, bienveillance, sans arrogance dans l’expression de certaines réticences.
On pourrait dire la même chose de ceux qui furent, dans le monde de l’écrit ou des arts, assez proches, voire très proches pour certains, de la Fédération anarchiste. A commencer, d’ailleurs, par Albert Camus lui-même, objet du dernier livre de Michel Onfray. Mais aussi de Michel Ragon, de Georges Navel, de Jean Rollin, d’Henri Gougaud, de Jean-Pierre Chabrol, etc. Si tous n’étaient sans doute pas en tout point d’accord avec les anarchistes qu’ils côtoyaient, c’est en vain qu’on chercherait là encore, dans leur expression publique, la moindre vacherie gratuite, le dénigrement vis-à-vis de l’organisation et de sa presse, la petite perfidie sur tel ou tel militant disparu, ou cette absence d’humilité propre aux esprits qui se croient supérieurs.

Il est hélas impossible d’en dire autant de Michel Onfray. Contrairement aux réels compagnons de route cités ici – et il y en eut bien d’autres –, ce curieux et peu sympathique post-anarchiste a toujours fait preuve, envers le mouvement libertaire, d’une attitude qu’a fort bien résumée Claude Guillon (1) : « Le problème avec Michel Onfray, ça n’est pas qu’il est sot ou malhonnête. [Sur ce deuxième point, la lecture du dernier livre d’Onfray consacré à Camus a fini par me convaincre du contraire.] Le problème, c’est qu’il est convaincu qu’il peut produire une critique légitime de l’activisme politique depuis l’extérieur. Autrement dit : il se poste sur le trottoir, regarde passer la manif, et ricane sur le mode : Eh ben les p’tits gars, c’est pas comme ça que vous allez changer le monde ! » (…) « Onfray est une espèce de Philippe Val sans passé. (…) Onfray ne manque pas une occasion de moquer les anarchistes et en général tous les gens assez bêtes pour défiler ou brandir un drapeau, mais ça n’est pas en tant qu’ex revenu de tout, mais en tant que libertaire autoproclamé. Lui qui n’a jamais milité, jamais distribué un tract, jamais monté un comité de soutien, jamais soutenu une grève ou vendu un journal à la criée, explique au bon peuple ce qu’il faut penser de tout ça et comment on mène une lutte ! » Il convient d’ajouter que cette manie de donner ainsi des leçons en permanence lui fait asséner le plus souvent son propos avec une morgue, une arrogance insupportable qui l’éloigne, là encore, des amis du mouvement libertaire, qui tous savaient se situer dans un compagnonnage chaleureux et dépourvu d’une supériorité intellectuelle supposée.

Il est évident que Michel Onfray a parfaitement le droit de considérer que les organisations anarchistes existantes ne présentent aucun intérêt, et de mener sa barque de son côté. Se présentant néanmoins comme un libertaire, même post-moderne, il nous permettra d’avoir un avis, et de le faire connaître, quant à sa production écrite et ses propos. C’est la moindre des choses pour un homme qui s’adresse à un public, ce terme étant à considérer y compris, et peut-être même surtout, dans son acception liée au monde du spectacle, le philosophe normand ne dédaignant point, loin de là, participer au cirque médiatique ambiant. Et si ces avis ont eu tendance, au fil du temps, à devenir de plus en plus virulents, c’est que de son côté Michel Onfray n’a cessé de fustiger les anarchistes militants, ne se contentant pas de ridiculiser leur action et leur fidélité à certains principes, mais optant de plus en plus fréquemment pour le mensonge, la dépréciation et la bassesse.

Car on aurait pu simplement s’amuser, sans s’y attarder, de ses théories farfelues, tels le « capitalisme libertaire » et l’Etat protecteur des faibles. Ou considérer que son livre sur Albert Camus n’était qu’un ouvrage médiocre et raté supplémentaire, sans en faire un fromage. Mais Michel Onfray ne se contente pas d’écrire ou de dire des « bêtises ». Il a décidé de se montrer fort désagréable, et pour cela de ne reculer ni devant le mensonge ni le recours aux coups les plus bas. Et, voyez-vous, chez les anarchistes, tendre la joue gauche n’a jamais été une attitude très prisée. D’autant que s’ajoute le plus souvent à ces misérables perfidies l’indignité des lieux à partir desquels il les profère. Car c’est ici un autre aspect de la personnalité de Michel Onfray qui le distingue négativement des véritables compagnons de route du mouvement libertaire. Si la plupart avaient pour point commun le refus de parvenir, qui ne s’applique pas seulement aux domaines de la réussite économique et sociale, mais aussi à celui de la reconnaissance d’une caste médiatique toute-puissante, Onfray a décidé, lui, de se plier aux règles du paraître que celle-ci impose. Et cela ne le gêne visiblement pas de balancer une saloperie sur Le Monde libertaire dans l’une de ces émissions télévisées où règnent la vulgarité, la grosse rigolade obligatoire et le permanent quarteron de chroniqueurs désolants avec lesquels il copine sans vergogne. S’il est vrai que les échanges entre militants anarchistes n’ont pas toujours été d’une extrême tendresse, au moins leurs auteurs avaient-ils la décence de ne pas promener leurs désaccords et leur aigreur sur les plateaux télé.

Rien, vraiment, chez Michel Onfray, ne le situe, dans l’histoire du mouvement libertaire, parmi ces compagnons de route qui, sans bien sûr tout partager, lui témoignèrent leur amitié et leur soutien. Il est donc assez cocasse de voir un certain nombre de militants anarchistes s’agiter et revêtir la soutane des avocats pour défendre leur philosophe préféré, tout chagrins de constater que chacune des critiques qui lui sont adressées, même lorsqu’il profère des conneries aussi énormes que son ego, l’éloigne du mouvement libertaire organisé. Pour une fois qu’on avait un intellectuel sous la main, se réclamant de notre pensée et qui passe à la télé, voilà que de méchants commentaires risquent de le voir s’écarter à jamais de notre sphère. Voilà, semble-t-il, à quoi se résume le raisonnement de ses défenseurs. Et les voilà prêts, pour le garder à leur côté, à accepter de lui ce qu’ils ne toléreraient évidemment pas d’un militant ordinaire dans leur propre organisation. Au point que certains vont même jusqu’à reconnaître que l’argumentation avancée contre Michel Onfray est pertinente, mais que mieux vaudrait la taire et surtout pas l’écrire. Et là, c’est bien sûr le monde (libertaire) à l’envers. Car les adorateurs d’Onfray, épargnant une idole qui leur crache pourtant dessus, s’en prennent alors, et parfois violemment, aux rédacteurs réfutant ses écrits et propos, comme ce fut le cas pour Lou Marin, pourtant auteur d’une très bonne recension du livre L’Ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus dans les colonnes du Monde libertaire.
Le second argument avancé en faveur de Michel Onfray réside dans le fait que ce dernier, notamment à travers l’existence de son Université populaire de Caen, permet de faire connaître la pensée anarchiste à un public que n’atteint pas habituellement la propagande classique des organisations libertaires. C’est très possible et, si le fait est avéré, reconnaissons alors honnêtement que Michel Onfray, dans ce cas précis, fait œuvre utile (2). Mais en quoi cela devrait-il nous interdire d’avoir un point de vue sur son œuvre et ses nombreuses déclarations publiques ? Le désir de s’attacher les faveurs d’un intellectuel de renom doit-il à ce point conduire à passer l’éponge sur toutes ses âneries et tous ses mauvais coups ?

Si vous vous rendez à la librairie Publico, siège de la Fédération anarchiste, vous y verrez une quantité impressionnante de livres consacrés à la pensée libertaire, à ses théoriciens, à ses principaux militants historiques, aux périodes passées dans lesquelles ils jouèrent un rôle non négligeable. Aucun des auteurs de ces livres n’apparaît à la télévision, territoire interdit. Inconnus du grand public, ils n’en sont pas moins, pour la plupart, des compagnons de route autrement plus sérieux et fréquentables que le chouchou des radios-télés, seul libertaire admis et toléré par le Médiatisme. Cela devrait peut-être interpeller les amis de Michel Onfray. Il pourrait se demander si l’anarchisme particulier du Maître, soluble dans l’isoloir et dans un « capitalisme moralisé », copinant au besoin, et successivement, avec un Bové, un Besancenot, puis la radicalité encravatée d’un Montebourg et la démagogie néo-stalinienne d’un Mélenchon, n’y est pas un peu pour quelque chose.

Il est difficilement compréhensible, en dehors de la crainte purement commerciale de perdre un préfacier connu qui assure une meilleure vente de livres, que certains militants s’acharnent à vouloir épargner ainsi celui qui les méprise tant. Car il est des promiscuités dégradantes. Comme l’aveugle qui ne souhaitait pas traverser la rue, laissons donc Michel Onfray suivre son chemin, sans perdre sa dignité à implorer son pardon pour crime de lèse-majesté, et que le mouvement libertaire suive le sien. Il est plus que souhaitable, actuellement, qu’ils se passent l’un de l’autre.

_______________

(1) « Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire », sur le blog de Claude Guillon, article.php3?id_article=243

(2) Souhaitons, par parenthèse, que ses auditeurs, conservant leur sens critique, aillent perfectionner ailleurs que dans les seuls ouvrages d’Onfray leur connaissance de l’anarchisme.

(3) Si vous êtes du côté Onfray, qualifiez leurs auteurs de « gardiens du temple », ça vous a un côté intégriste qui impressionne et cela vous donnera un vernis résolument moderne et ouvert du meilleur effet.


http://florealanar.wordpress.com/2012/0 ... -de-route/
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Re: Onfray

Messagede Nico37 » 03 Aoû 2012, 00:19

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Re: Onfray

Messagede atheus » 03 Aoû 2012, 00:34

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